mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2401081 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET CLEMANG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 avril 2024, M. C A B demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner au préfet de la Côte-d'Or de le mettre en possession de la carte de séjour pluriannuelle dont la délivrance lui a été annoncée, cela dans les quarante-huit heures suivant la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à tout le moins, en cas de difficulté démontrée, de lui délivrer un récépissé valant autorisation de séjour et d'exercice d'une activité professionnelle, dans le même délai et sous la même astreinte.
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- après avoir indiqué que son titre de séjour était prêt, l'administration a annulé deux rendez-vous au cours desquels il devait lui être remis et ne répond plus à aucune de ses démarches ;
- l'urgence est caractérisée, dès lors qu'il est dépourvu de tout document de séjour et ne peut plus travailler.
La requête a été communiquée au préfet de la Côte-d'Or qui, en dépit d'une mise en demeure transmise le 24 avril 2024, n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de cette disposition d'une demande tendant à ce qu'il prescrive une mesure dans un sens déterminé, le juge des référés doit veiller à ce que cette mesure présente effectivement un caractère d'urgence, ne se heurte à aucune contestation sérieuse, soit utile et ne contrarie pas la mise en œuvre d'une décision administrative exécutoire.
2. M. A B, ressortissant marocain qui a sollicité une carte de séjour " vie privée et familiale ", demande sur le fondement des dispositions citées ci-dessus d'ordonner au préfet de la Côte-d'Or de le mettre en possession de la carte de séjour pluriannuelle dont la délivrance lui a été annoncée ou, à tout le moins, en cas de difficulté démontrée, de lui délivrer un récépissé valant autorisation de séjour et d'exercice d'une activité professionnelle.
3. Il résulte de l'instruction que, par message électronique du 5 janvier 2024, les services de la préfecture de la Côte-d'Or ont avisé M. A B que son titre de séjour était disponible, moyennant l'acquittement d'une taxe de 375 euros. Si l'intéressé soutient qu'un premier rendez-vous lui aurait été fixé le 30 janvier 2024 à l'effet de le mettre en possession de ce titre de séjour puis annulé pour un motif, selon lui erroné, tenant à une erreur de numéro de dossier, les pièces produites à l'effet d'en justifier, qui sont au nom d'une autre personne et ont été envoyées à une autre adresse de messagerie que la sienne, contredisent ainsi par elles-mêmes ses allégations. En revanche, il est constant qu'un tel rendez-vous a bien été programmé le 6 mars avant d'être annulé au motif suivant : " votre titre de séjour n'est pas encore disponible auprès de nos services ". L'administration, qui n'a pas jugé utile de défendre dans la présente instance, n'apporte aucune explication sur les contradictions que trahissent ses messages, non plus que sur d'éventuelles difficultés techniques qui auraient retardé et retarderaient encore la fabrication ou la transmission du titre de séjour. Par ailleurs, alors que le message initial du 5 janvier 2024 révèle nécessairement l'existence d'une décision par laquelle il a été fait droit à la demande de titre de séjour de M. A B, il n'est pas prétendu que cette décision créatrice de droits aurait ensuite été abrogée ou retirée. Dans ces circonstances, la mesure sollicitée par M. A B ne se heurte à aucune contestation sérieuse ni ne fait obstacle à l'exécution d'une quelconque décision administrative.
4. Cette mesure, par ailleurs, répond aux conditions d'urgence et d'utilité prévues par l'article L. 521-3 du code de justice administrative, dès lors que M. A B est actuellement placé dans une situation de précarité administrative qui le prive de la possibilité de justifier de la régularité de son séjour en cas de contrôle par les forces de l'ordre et d'exercer une activité professionnelle.
5. Compte tenu de ce qui précède, il doit être fait injonction au préfet de la Côte-d'Or de munir effectivement M. A B de la carte de séjour dont la délivrance lui a été annoncée, cela à échéance d'un mois et, dans l'attente de la remise de ce titre, de le mettre en possession d'un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler, cela dans les soixante-douze heures suivant la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu en revanche, à ce stade, d'assortir ces injonctions d'une astreinte.
6. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. A B de la somme réclamée de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est fait injonction au préfet de la Côte-d'Or de mettre M. A B en possession, d'une part, dans les soixante-douze heures suivant la notification de la présente ordonnance, d'un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler, d'autre part, dans le délai d'un mois, du titre de séjour dont la délivrance lui a été annoncée.
Article 2 : L'Etat versera à M. A B, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 1 000 euros.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de la Côte-d'Or.
Fait à Dijon, le 7 mai 2024.
Le président du tribunal,
juge des référés,
D. ZUPAN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026