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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2401102

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2401102

mercredi 21 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2401102
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon a rejeté la requête de M. B contestant un indu de revenu de solidarité active (RSA) réclamé par le département de la Nièvre. La juridiction a jugé la requête manifestement irrecevable car M. B n'avait pas exercé le recours administratif préalable obligatoire auprès du président du conseil départemental avant de saisir le juge, comme l'exigent les articles L. 262-47 et R. 262-87 à R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles. En transmettant directement son recours au tribunal, il n'a pas respecté cette condition de recevabilité. L'ordonnance a été rendue sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 5 avril, 13 mai et 1er août 2024, M. A B soumet au tribunal un litige qui l'oppose au département de la Nièvre concernant des paiements indus de revenu de solidarité active (RSA).

M. B soutient que l'administration a commis une erreur d'appréciation dans l'analyse de sa situation pour ce qui concerne la durée de ses séjours en France et à l'étranger et que c'est dès lors à tort que l'indu de RSA en litige lui a été réclamé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2024, le département de la Nièvre conclut au rejet de la requête.

Le département soutient que la requête de M. B n'est pas recevable dès lors qu'il n'a pas exercé le recours administratif obligatoire contestant le bien-fondé de l'indu de RSA en litige avant de saisir le juge.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. En vertu des dispositions combinées des articles L. 262-1, L. 262-13, L. 262-16, L. 262-25 et L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active, qui a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence, de lutter contre la pauvreté et de favoriser l'insertion sociale et professionnelle, est attribué par le président du conseil départemental ou, par délégation, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole, lesquelles en assurent également le service et le contrôle dans des conditions fixées par voie de convention.

3. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 2 décide de récupérer un paiement indu de revenu de solidarité active, remettant ainsi en cause des paiements déjà effectués, la personne qui en conteste le bien-fondé doit, avant de saisir le juge et en application des dispositions combinées des articles L. 262-47 et R. 262-87 à R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles, former un recours administratif préalable auprès du président du conseil départemental et la décision que ce dernier prend après avoir consulté, le cas échéant, la commission de recours amiable, se substitue à la décision initiale et est seule susceptible d'être contestée devant le juge administratif. Statuant sur un recours dirigé contre une telle décision, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient également, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

4. Dans le cas où le recours administratif mentionné au point 3 a été adressé à l'administration préalablement au dépôt de la demande contentieuse et que cette dernière demande a été présentée de façon prématurée, avant que l'autorité administrative ait statué sur le recours administratif, le juge administratif ne peut pas la rejeter comme irrecevable si, à la date à laquelle il statue, est intervenue une décision, expresse ou implicite, se prononçant sur le recours administratif. Il appartient alors au juge administratif, statuant après que l'autorité compétente a définitivement arrêté sa position, de regarder les conclusions dirigées formellement contre la décision initiale comme tendant à l'annulation de la décision, née de l'exercice du recours administratif préalable, qui s'y est substituée. En revanche, lorsque ce recours administratif a été directement transmis au tribunal ou n'a été adressé à l'administration qu'après le dépôt de la demande contentieuse, cette dernière demande est irrecevable même si, en cours d'instance, l'autorité administrative a statué, implicitement ou expressément, sur ce recours administratif.

5. A la suite d'une opération de contrôle réalisée au cours des années 2023 et 2024, la caisse d'allocations familiales de la Nièvre a notamment réclamé à M. B, le 5 février 2024, une somme de 10 774,68 euros correspondant à des paiements indus de RSA au titre de la période allant de novembre 2021 à juillet 2023. Or il résulte de l'instruction, et en particulier des mentions figurant sur le formulaire " demande de recours " et sur les documents postaux transmis par le requérant le 1er août 2024 ou figurant au dossier, que M. B a directement transmis au tribunal administratif de Dijon, le 5 avril 2024, le recours administratif préalable obligatoire mentionné au point 3. Par conséquent, M. B n'a pas exercé le recours préalable contre la décision lui réclamant un indu de RSA dans les conditions exposées au point 4 et n'est dès lors manifestement pas recevable à demander au juge d'exercer son office défini au point 3.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B est manifestement irrecevable et peut ainsi être rejetée sur le fondement des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au département de la Nièvre.

Une copie de cette ordonnance sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales de la Nièvre.

Fait à Dijon le 21 août 2024.

Le président de la 3ème chambre,

L. Boissy

La République mande et ordonne au préfet de la Nièvre, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

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