jeudi 8 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2401111 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 avril 2024, Mme A B soumet au tribunal un litige relatif au titre exécutoire émis le 1er février 2024 par le département de Saône-et-Loire en vue de recouvrer la somme de 14 757,10 euros relative à un indu de revenu de solidarité active (RSA) au titre de la période allant du 1er mars 2018 au 31 août 2020.
Mme B soutient que le tribunal correctionnel lui " reproche l'année 2018 et 2019 " et qu'elle n'a pas dépassé trois mois d'absence hors du territoire au titre de l'année 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours (), les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".
2. L'article R. 772-6 du code de justice administrative dispose que : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".
3. La caisse d'allocations familiales (CAF) de Saône-et-Loire a réclamé à Mme B un indu de RSA d'un montant de 14 757,10 euros au titre de la période allant du 1er mars 2018 au 31 août 2020. Un titre exécutoire et une saisie administrative à tiers détenteur ont ensuite été émis à l'encontre de la requérante, respectivement les 25 juin 2021 et 20 décembre 2021. Le 28 septembre 2021, Mme B a exercé un recours en contestant notamment le bien-fondé de l'indu de RSA mis à sa charge et en sollicitant le bénéfice d'une remise gracieuse de cette dette. Le 10 décembre 2021, le président du conseil départemental de Saône-et-Loire a rejeté le recours contestant l'indu de RSA et a implicitement rejeté la demande de remise gracieuse de cette dette. Le 10 janvier 2022, Mme B a, de nouveau, exercé un recours tendant notamment à contester le bien-fondé de cet indu de RSA et à obtenir une remise gracieuse de cette dette. Le président du conseil départemental de Saône-et-Loire a implicitement rejeté ce nouveau recours ainsi que cette nouvelle demande de remise gracieuse présentés par l'intéressée.
4. Par un jugement n° 2200050 du 7 mars 2023, qui est devenu définitif, le tribunal administratif de Dijon a considéré que le président du conseil départemental de Saône-et-Loire n'avait pas commis d'erreur d'appréciation en mettant un indu de RSA, d'un montant de 14 757,10 euros, à la charge de Mme B en estimant que cette dernière avait bien séjourné plus de trois mois hors du territoire français au titre des années 2018, 2019 et 2020 et que le calcul de cet indu prenait en compte les mois civils complets pour lesquels Mme B était présente sur le territoire en 2019 et 2020. Par ce même jugement, le tribunal a cependant annulé le titre exécutoire, d'un montant de 14 757,10 euros, émis à l'encontre de l'intéressée le 25 juin 2021, au motif qu'il était entaché de plusieurs vices de légalité externe. Le 1er février 2024, le département de Saône-et-Loire a alors décidé d'émettre un nouveau titre exécutoire, d'un montant de 14 757,10 euros, à l'encontre de l'intéressée. Mme B doit être regardée comme demandant l'annulation de ce titre exécutoire.
5. Les moyens invoqués par Mme B analysés, ci-dessus, dans les visas, ne sont pas assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
6. Le 3 juin 2024, le greffe du tribunal a alors invité Mme B à régulariser et à motiver sa requête, conformément à la procédure décrite à l'article R. 772-6 du code de justice administrative, en mettant à sa disposition le formulaire mentionné à l'article R.772-7. Si, en réponse à cette demande, Mme B a indiqué qu'elle n'avait pas dépassé trois mois d'absence hors du territoire, qu'elle n'était d'ailleurs pas informée de cette interdiction et qu'elle a constaté une " incohérence " dès lors que le tribunal correctionnel -qui s'est prononcé au demeurant sur des indus d'une nature différente- l'a " relaxée " et n'a pas intégré l'année 2020 au titre de la période en litige, de tels moyens sont toutefois inopérants ou ne sont pas assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B peut être rejetée en application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Une copie de cette ordonnance sera transmise, pour information, au département de Saône-et-Loire et à la caisse d'allocations familiales de Saône-et-Loire.
Fait à Dijon le 8 août 2024.
Le président de la 3ème chambre,
L. Boissy
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026