mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2401563 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BUCHBINDER-LAMY-KARSENTI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 mai 2024, M. A B, représenté par Me Karsenti, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au maire de Joigny de publier sur le site de la commune un communiqué rappelant la présomption d'innocence de la personne mise en cause lors de la séance du conseil municipal du 20 décembre 2023, et à titre subsidiaire de publier sur le site de la commune un communiqué rappelant qu'il demeure présumé innocent dès lors qu'il n'a pas été définitivement condamné, dans un délai de 72 heures suivant la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
2°) de mettre solidairement à la charge de la commune de Joigny et de son maire la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que le procès-verbal de retranscription du conseil municipal du 20 décembre 2023, publié sur le site de la commune de Joigny depuis le 20 février 2024 et librement accessible et consultable, fait mention de propos tenus par le maire, le présentant de façon suffisamment identifiable, qui invoquent implicitement sa condamnation et portent atteinte à la présomption d'innocence dont il doit bénéficier ;
- la publication d'un communiqué sur le site de la commune, de nature à faire cesser l'atteinte à la présomption d'innocence, est utile ;
- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juin 2024, la commune de Joigny et son maire concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros, à verser à la commune de Joigny, soit mise à la charge du requérant.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que le requérant n'est ni identifié ni identifiable dans le procès-verbal en litige de la séance du conseil municipal, qu'il n'invoque aucun élément concret établissant les préjudices qu'il aurait pu subir alors que le procès-verbal est en ligne depuis le 20 février 2024 ;
- la mesure sollicitée n'est pas utile car le communiqué sollicité ne ferait qu'ajouter la mention d'une procédure judiciaire en cours en conférant un intérêt accru à cette affaire ;
- elle ne répond pas au caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3 du code de justice administrative ;
- les conditions posées par l'article 9-1 du code civil ne sont pas réunies dès lors qu'un premier jugement a été rendu, le maire s'étant borné à évoquer ce fait.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Nicolet, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, M. Nicolet a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Bluteau pour le compte de la commune de Joigny, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans le mémoire en défense.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au maire de Joigny de publier sur le site de la commune un communiqué rappelant la présomption d'innocence de la personne mise en cause lors de la séance du conseil municipal du 20 décembre 2023, et à titre subsidiaire de publier sur le site de la commune un communiqué rappelant qu'il demeure présumé innocent dès lors qu'il n'a pas été définitivement condamné.
2. Aux termes de L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et
L. 521-2 de ce code.
4. En premier lieu, la présomption d'innocence implique qu'en matière répressive la culpabilité d'une personne faisant l'objet de poursuites ne puisse être présentée publiquement comme acquise avant que ne soit intervenue une condamnation devenue irrévocable. Le respect de cette exigence s'impose, non seulement devant les instances chargées de l'instruction puis du jugement de l'affaire, mais également vis-à-vis d'autres autorités publiques.
5. En second lieu, les effets des mesures qui sont sollicitées par le requérant pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, faisant ainsi obstacle à l'intervention du juge du référé saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 de ce code.
6. En troisième lieu, dans le passage litigieux du procès-verbal de retranscription du conseil municipal du 20 décembre 2023, publié sur le site de la commune de Joigny depuis le 20 février 2024, dès lors que le maire de Joigny, interpellé par un membre du conseil municipal sur un architecte qui se manifeste " assez virulemment envers la mairie sur les réseaux sociaux ", s'est borné à indiquer qu'il s'agit d'un concitoyen qui s'est attaqué physiquement au domicile d'un adjoint, en ajoutant que cet architecte a été condamné pour ces faits, la commune de Joigny est fondée à soutenir que, par cette seule mention, le requérant n'est ni identifié ni particulièrement identifiable au regard de sa double qualité d'architecte honoraire et de résident de la commune, alors qu'il ne justifie ni même n'allègue que la mise en ligne le 20 février 2024, sur le site de la commune, de ce procès-verbal de retranscription du conseil municipal du 20 décembre 2023 aurait conféré à sa condamnation en première instance une publicité réellement significative. Par suite, la condition d'urgence prescrite par l'article L. 521-3 du code de justice administrative n'est, en l'espèce et en tout état de cause, pas remplie.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions relatives aux frais de l'instance. Et, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du requérant, à verser à la commune de Joigny, la somme de 3 000 euros au titre des frais de l'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune de Joigny la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la commune de Joigny.
Fait à Dijon, le 2 juillet 2024.
Le juge des référés,
Ph. Nicolet
La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026