LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2401691

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2401691

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2401691
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantUGGC AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a ordonné une expertise médicale à la demande de M. F. Cette mesure vise à déterminer les conditions de prise en charge de sa mère, décédée après une infection nosocomiale contractée lors d'hospitalisations au centre hospitalier de Sens et à l'hôpital Cochin. Le tribunal a mis hors de cause l'hôpital Cochin, dépourvu de personnalité morale, et a désigné l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris comme partie à l'expertise. La mission de l'expert inclut l'examen du dossier médical et l'analyse des soins prodigués.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 mai 2024, M. C F, représenté par Me Nolot, demande au juge des référés d'ordonner une expertise, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, en vue de déterminer les conditions de la prise en charge de sa défunte mère, Mme E A veuve F, par le centre hospitalier de Sens et par l'hôpital Cochin en janvier et février 2024 pour le traitement d'une anémie.

M. F soutient que :

- le 12 janvier 2024, Mme F a été hospitalisée afin de subir plusieurs examens en raison d'une anémie ;

- Mme F a été infectée par un staphylocoque doré à la suite de la pose d'un cathéter à l'avant-bras gauche, infection traitée par antibiothérapie pendant quatorze jours ;

- le 16 février 2024, Mme F a ensuite été transférée à l'hôpital Cochin pour une suspicion d'endophtalmie et y a subi une transfusion sanguine ;

- Mme F a développé, au décours de cette transfusion, un tableau d'hypotension artérielle et de tachycardie nécessitant son interruption et le transfert en médecine intensive de réanimation ;

- les examens réalisés ont permis de diagnostiquer une endocardite infectieuse à staphylocoque doré qui a été traitée par antibiothérapie à partir du 17 février 2024 ;

- le 19 février 2024, Mme F a été prise en charge par le service de médecine interne dans lequel elle est décédée le 21 mars 2024 ;

- malgré ses demandes réitérées, le dossier médical de sa mère ne lui a pas été communiqué, à l'exception du compte-rendu d'hospitalisation ;

- dans ces conditions, une expertise judiciaire est nécessaire afin de déterminer les conditions de la prise en charge de sa défunte mère par le centre hospitalier de Sens et l'hôpital Cochin.

Par un mémoire, enregistré le 17 juin 2024, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Welsch :

1°) ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée, sous les protestations et réserves d'usage quant au bien-fondé de sa mise en cause ;

2°) demande à ce que la mission dévolue à l'expert soit complétée.

Par un mémoire, enregistré le 18 juin 2024, l'hôpital Cochin et l'Assistance publique hôpitaux de Paris (AP-HP) :

1°) demandent au tribunal de prendre acte de l'intervention volontaire de l'AP-HP et de mettre hors de cause l'hôpital Cochin ;

2°) demandent à ce que la mission dévolue à l'expert soit complétée.

L'hôpital Cochin et l'AP-HP soutiennent que seul le second dispose de la personnalité morale lui permettant de participer à l'expertise.

Par un mémoire, enregistré le 20 juin 2024, le centre hospitalier de Sens, représenté par Me Limonta :

1°) ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée, sous les plus expresses protestations et réserves d'usage quant à son éventuelle responsabilité ;

2°) demande à ce que la mission dévolue à l'expert soit complétée.

Par un mémoire, enregistré le 4 juillet 2024, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Côte-d'Or ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée et demande au juge des référés de réserver ses droits dans l'attente du rapport d'expertise.

Vu :

- les pièces de procédure établissant que la requête a été notifiée aux personnes mises en cause ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Boissy, vice-président, en application de l'article

L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'expertise :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".

2. Les faits relatés par M. F sont de nature à justifier la mesure d'instruction demandée. En conséquence, il y a lieu d'ordonner une expertise contradictoire aux fins et conditions définies dans le dispositif de la présente ordonnance, sans référence à une quelconque nomenclature et notamment à la nomenclature Dintilhac.

Sur l'intervention volontaire et la demande de mise hors de cause :

3. Il résulte de l'instruction que l'hôpital Cochin, établissement dépendant de l'AP-HP, appelé en la cause par M. F, ne dispose pas de la personnalité morale lui permettant de participer à l'expertise. Par suite, il y a lieu de mettre hors de cause l'hôpital Cochin et de dire que les opérations d'expertise se dérouleront en présence de l'AP-HP.

ORDONNE :

Article 1er : L'hôpital Cochin est mis hors de cause.

Article 2 : Il est ordonné une expertise contradictoire en présence de M. F, de la CPAM de la Côte-d'Or, du centre hospitalier de Sens, de l'AP-HP et de l'ONIAM.

Article 3 : M. D B, infectiologue demeurant à l'Hôpital Gustave Roussy, 114 Rue Edouard Vaillant, à Villejuif (94805), est désigné comme expert avec pour mission de :

1°) se faire communiquer, avant convocation des parties, tout document susceptible de l'éclairer dans le déroulement de sa mission et notamment le décompte de débours détaillé établi par la caisse primaire d'assurance maladie, tous documents relatifs à l'état de santé de Mme F et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins et aux diagnostics pratiqués sur elle lors de ses prises en charge par le centre hospitalier de Sens et l'AP-HP ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de Mme F ;

2°) décrire l'état de santé de Mme F et les soins et prescriptions antérieurs à son admission au centre hospitalier de Sens et à l'AP-HP, les conditions dans lesquelles elle a été prise en charge et soignée dans ces établissements ; décrire l'état pathologique de la requérante ayant conduit aux soins, aux interventions et aux traitements pratiqués ;

3°) donner son avis sur le point de savoir si les diagnostics établis et les traitements, interventions et soins prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science et s'ils étaient adaptés à l'état de Mme F et aux symptômes qu'elle présentait ; donner notamment son avis sur la pertinence des diagnostics des équipes médicales du centre hospitalier de Sens et de l'AP-HP et sur l'utilité des gestes médicaux pratiqués ;

4°) de manière générale, réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si des fautes médicales, des fautes de soins ou des fautes dans l'organisation des services ont été commises lors des hospitalisations de Mme F ; si les diligences nécessaires pour l'établissement d'un diagnostic exact ont été mises en œuvre ; rechercher si les interventions et actes médicaux pratiqués ont été exécutés conformément aux règles de l'art ; déterminer les raisons du décès de Mme F ainsi que le caractère habituel ou prévisible d'une telle conséquence ;

5°) Dans l'hypothèse d'un retard de diagnostic, préciser si celui-ci était difficile à établir ; déterminer, le cas échéant, si le retard de diagnostic a été à l'origine de la perte de chance réelle et sérieuse de survie de Mme F ;

6°) préciser la fréquence de survenue d'un tel décès en général, et la fréquence attendue chez Mme F en particulier, au regard des éventuelles pathologies intercurrentes et des traitements qui y sont associés, de ses antécédents médicaux ou chirurgicaux ainsi que du pronostic global de sa maladie et des traitements nécessités par celle-ci ;

7°) donner son avis sur le point de savoir si le décès survenu a un rapport avec l'état initial de Mme F ou l'évolution prévisible de cet état ; le cas échéant, déterminer la part du préjudice présentant un lien de causalité direct, certain et exclusif avec un manquement reproché aux établissements, en excluant la part des séquelles à mettre en relation avec la pathologie initiale, son évolution ou toute autre cause extérieure ;

8°) donner son avis sur le point de savoir si le ou les manquements éventuellement constatés ont fait perdre à Mme F une chance sérieuse de survie aux lésions dont elle était atteinte lors de sa première visite au centre hospitalier de Sens ; donner son avis sur l'ampleur (pourcentage) de la chance de survie perdue par Mme F en raison de ces manquements ;

9°) dire si le dossier médical et les informations recueillies permettent de savoir si Mme F a été informée de la nature des traitements qu'elle allait subir et des conséquences normalement prévisibles de ces traitements et si elle a été mise à même de formuler un consentement éclairé ; dans la négative, préciser si Mme F a subi une perte de chance de se soustraire au risque en refusant ces traitements si elle en avait connu tous les dangers (pourcentage) ;

10°) dans l'hypothèse d'une infection nosocomiale :

* préciser la date à laquelle ont été constatés les premiers signes d'infection, a été porté le diagnostic, a été mise en œuvre la thérapeutique et si elle aurait pu raisonnablement être évitée ;

* dire quels ont été les moyens permettant le diagnostic, les éléments cliniques, paracliniques et biologiques retenus ; préciser les types de germes identifiés ;

* dire quel acte médical ou paramédical a été rapporté comme étant à l'origine des infections et dire par qui ils ont été pratiqués ;

* préciser l'origine des infections et le cas échéant les distinguer ;

* préciser si la conduite diagnostique et thérapeutique de ces infections ont été conformes aux règles de l'art et aux données acquises de la science médicale à l'époque où ces soins ont été dispensés ; en cas de réponse négative à cette dernière question, dire quelles auraient été les conséquences prévisibles de ces infections en l'absence de défaut de prise en charge ;

* procéder à une distinction entre la conséquence directe de chaque infection et l'état pathologique intercurrent ou un éventuel état antérieur ;

* se faire communiquer par le centre hospitalier de Sens et l'AP-HP les protocoles et comptes rendus du CLIN, les protocoles d'hygiène et d'asepsie applicables, les enquêtes épidémiologiques effectuées au moment de faits litigieux ;

* vérifier si les protocoles applicables ont bien été respectés en l'espèce : dire si la vérification a pu être faite et si les règles de traçabilité ont, à cet effet, été respectées ;

* vérifier si un manquement quel qu'il soit, notamment un manquement caractérisé aux obligations posées par la réglementation en vigueur en matière de lutte contre les infections nosocomiales, peut être relevé à l'encontre des établissements de soins concernés ou de l'un des professionnels de santé concerné ; en décrire l'incidence ;

11°) déterminer les débours et frais médicaux en relation directe et exclusive avec les éventuels manquements reproché au centre hospitalier de Sens et à l'AP-HP en les distinguant expressément de ceux imputables à l'état initial ;

12°) dire si l'état de Mme F a entraîné, avant son décès, une incapacité temporaire résultant de troubles physiologiques ou psychologiques et en préciser les dates de début et de fin, ainsi que le ou les taux ;

13°) donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices annexes (souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d'agrément spécifique, préjudice psychologique) et le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment aux antécédents médicaux de Mme F.

Article 4 : L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, s'entourer de tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et à éclairer le tribunal administratif.

Il pourra obtenir de toute partie et de tout tiers à l'instance, sans délai, sans que le secret médical lui soit opposable et sans être soumis, ni aux formalités prévues par l'article L. 1111-7 du code de la santé publique, ni à aucune autre formalité, la consultation ou la communication de tous documents qu'il estimera nécessaires à l'accomplissement de sa mission.

En cas de carence des parties, il en informera le président du tribunal qui, après avoir provoqué les observations écrites de la partie récalcitrante, pourra ordonner la production des documents, s'il y a lieu sous astreinte, autoriser l'expert à passer outre ou l'autoriser à déposer son rapport en l'état, le tribunal tirant les conséquences du défaut de communication des documents à l'expert.

Article 5 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 6 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 7 : L'expert avertira les parties des jours et heures auxquels il sera procédé à l'expertise conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.

Article 8 : Si les parties parviennent à un accord privant la mission d'expertise de son objet, le rapport de l'expert se bornera, après avoir indiqué les diligences qu'il a effectuées, à rendre compte de cet accord, en joignant tout document utile attestant de sa réalité et en précisant s'il a réglé le montant et l'attribution de la charge des frais d'expertise. Faute pour les parties d'avoir entièrement réglé la question de la charge des frais d'expertise, il sera procédé à la taxation de ces frais dans les conditions prévues par l'article R. 621-11 et à l'attribution de leur charge par application de l'article R. 621-13.

Article 9 : L'expert adressera aux parties un pré-rapport permettant la production de tout dire avant de déposer son rapport définitif au greffe du tribunal.

Il déposera son rapport au greffe en deux exemplaires, dont un sous format numérique via l'application Transfertpro : https://send.transfertpro.com/ en sélectionnant comme destinataire le mail : expertises.ta-dijon@juradm.fr et l'autre sous format papier, dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance.

Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.

Article 10 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.

Article 11 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C F, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Côte-d'Or, au centre hospitalier de Sens, à l'Assistance publique - hôpitaux de Paris, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et à M. D B, expert.

Fait à Dijon le 10 octobre 2024.

Le juge des référés,

L. Boissy

La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2401691

Décisions similaires

TA78Plein contentieux

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076

03/08/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339

03/08/2026

TA59Plein contentieux

Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870

03/08/2026

TA59Plein contentieux

Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781

03/08/2026

← Retour aux décisions