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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2402141

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2402141

jeudi 13 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2402141
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationCH 3 JU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon a rejeté la requête de M. A, qui contestait un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 7 604,36 euros et demandait une remise gracieuse de sa dette. Le juge a estimé que la bonne foi du requérant n'était pas établie, celui-ci n'ayant pas justifié l'origine de virements bancaires non déclarés, en application des articles L. 262-1 et suivants du code de l'action sociale et des familles. En conséquence, le refus de remise gracieuse opposé par le président du conseil départemental de Saône-et-Loire n'a pas été jugé entaché d'erreur d'appréciation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 juillet 2024, M. B A soumet au tribunal un litige qui l'oppose au département de Saône-et-Loire concernant un indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 7 604,36 euros.

Le requérant soutient que le président du conseil départemental de Saône-et-Loire a commis une erreur d'appréciation.

Le 29 juillet 2024, la caisse d'allocations familiales (CAF) de Saône-et-Loire a présenté ses observations.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2024, le département de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Le département de Saône-et-Loire soutient que le moyen invoqué par M. A n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Boissy, président, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de M. Boissy a été entendu.

Considérant ce qui suit :

Sur le cadre juridique :

1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 262-1, L. 262-13, L. 262-16, L. 262-25 et L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active, qui a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence, de lutter contre la pauvreté et de favoriser l'insertion sociale et professionnelle, est attribué par le président du conseil départemental ou, par délégation, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole, lesquelles en assurent également le service et le contrôle dans des conditions fixées par voie de convention.

2. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 1 décide de récupérer un paiement indu de revenu de solidarité active et que le bénéficiaire concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, le président du conseil départemental peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l'allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s'est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée.

3. Lorsqu'il statue un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une telle demande, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

Sur le litige soumis par M. A :

4. Le 22 août 2023, la CAF de Saône-et-Loire a décidé de récupérer auprès de M. A des paiements indus de " prestations familiales " comportant notamment un indu de RSA, d'un montant de 7 604,36 euros, au titre de la période allant du 1er avril 2021 au 31 décembre 2022. Le 5 septembre 2023, l'intéressé a sollicité le bénéfice d'une remise gracieuse de cette dette de RSA. Le 22 mai 2024, le président du conseil départemental de Saône-et-Loire a refusé de lui accorder la remise sollicitée. M. A doit être regardé comme demandant au juge de lui accorder une remise totale de sa dette de RSA au regard de son office défini au point 3.

5. Il résulte de l'instruction que l'indu de RSA trouve son origine dans l'absence de déclaration par l'intéressé des sommes, allant de 100 à 5 800 euros, qui lui ont été versées par des tiers sur son compte bancaire à compter de janvier 2021. Si le requérant fait valoir que ces virements correspondent à de l'argent transféré par ses proches en vue d'être redistribué à leurs familles résidant en Algérie, il se borne à transmettre une attestation non probante rédigée par l'un des bénéficiaires supposés et faisant état d'un virement sur le compte de M. A afin d'être remis en main propre en Algérie. Le requérant ne produit par ailleurs aucun élément, tel que la preuve de retraits bancaires similaires aux sommes transférées et correspondant à ses séjours en Algérie, permettant de venir au soutien de ses déclarations. La bonne foi du requérant n'est donc pas établie. Dans ces conditions, le président du conseil départemental de Saône-et-Loire n'a pas commis d'erreur d'appréciation en refusant d'accorder à M. A une remise gracieuse de sa dette de RSA.

6. Il appartient seulement au requérant, s'il s'y croit fondé, de demander au président du conseil départemental de Saône-et-Loire de mettre en œuvre des modalités de remboursement de sa dette supportables au regard de sa capacité contributive.

7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au département de Saône-et-Loire.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales de Saône-et-Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2025.

Le magistrat désigné,

L. BoissyLa greffière,

A. Roussilhe

La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier

No 24021410

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