lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2402284 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juillet 2024, Mme A B demande au juge des référés, expressément saisi au titre de la procédure du référé dit "mesures utiles" régie par l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de rectifier les notes de contrôle continu attribuées à sa fille C dans le cadre de la session 2024 du baccalauréat, qu'elle estime ne pas correspondre à la moyenne de celles effectivement obtenues au cours de l'année scolaire écoulée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D en qualité de juge des référés, en vertu des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais () ". L'article L. 521-3 du même code dispose : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Selon l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. () ". Aux termes, cependant, de l'article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. En premier lieu, il ressort de l'examen des pièces annexées à la requête que Mme C B est née le 15 mars 2006 et a donc atteint l'âge de la majorité. Ses parents, qui n'en sont plus les représentants légaux, n'ont dès lors pas qualité pour agir en son nom et pour son compte. La requête de Mme B, qui ne fait pas état d'une incapacité frappant sa fille, est donc irrecevable.
3. Au surplus, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 précité du code de justice administrative d'une demande tendant à ce qu'il prescrive une mesure dans un sens déterminé, le juge des référés doit veiller à ce que cette mesure présente effectivement un caractère d'urgence, ne se heurte à aucune contestation sérieuse, soit utile et ne contrarie pas la mise en œuvre d'une décision administrative exécutoire.
4. Or, d'une part, Mme B ne se prévaut d'aucune situation d'urgence. Celle-ci ne saurait par ailleurs résulter de la nature même de la décision en litige, ce d'autant qu'en admettant même qu'une erreur ait été commise dans la prise en compte du contrôle continu de Mme C B, elle n'en a pas moins obtenu le baccalauréat.
5. D'autre part et en tout état de cause, la mesure sollicitée vise à modifier la délibération du jury du baccalauréat. Elle aurait ainsi à la fois pour effet d'excéder l'office du juge des référés, que l'article L. 511-1 précité du code de justice administrative limite à l'adoption de mesures provisoires, et de faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, ce que prohibe l'article L. 521-3 du même code.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée selon la modalité prévue par l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Dijon, le 15 juillet 2024.
La juge des référés,
V. D
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière
2402284
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