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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2402523

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2402523

lundi 12 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2402523
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantSCP PIWNICA MOLINIE

Résumé IA

Cette décision du Tribunal Administratif de Dijon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, concerne une demande du centre hospitalier de Chalon-sur-Saône visant à obtenir la communication de documents auprès de distributeurs et fabricants de conserves de légumes. Le requérant sollicite ces pièces pour préparer une action en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi en raison d'une entente sanctionnée par la Commission européenne entre 2000 et 2013. Le tribunal est saisi pour apprécier les conditions d'urgence et d'utilité de la mesure, ainsi que l'absence de contestation sérieuse, le centre hospitalier invoquant un risque de déperdition des preuves et la nécessité de quantifier son préjudice. La solution retenue par le tribunal n'est pas explicitée dans l'extrait fourni, mais la décision s'inscrit dans le cadre des articles L. 521-3 du code de justice administrative et L. 481-2 du code de commerce.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2024, le centre hospitalier de Chalon-sur-Saône, représenté par Me Subrémon et Me Pouillaude, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre, d'une part, à la société Félix Potin, à la société Transgourmet, à la société Prodirest, à la société Pro à Pro, à la société Cercle Vert SA, à la société Brake France Service Pays, à la société Gam Restauration SA, à la société Christ SAS, à la société Gillet Contres SA, à la société Harrydis, à la société Primo SNC Ets Apco, à la société Askel, à la société Alimentation Mosellane, à la société Kuhn, à la société Marien SA, à la société Poirette, à la société Nectarys, à la société GDA, à la société Damide et Fils, à la société Damide Etablissement et à la société Sass Ets Blin, soit les distributeurs, et, d'autre part, à la société Bonduelle SA, à la société Bonduelle SCA, à la société Bell Bonduelle Europe Long Life, à la société Coroos International, à la société Coroos Beheer, à la société Coroos Conserven, à la société Coopérative Eureden, à la société Eureden Group, à la société Group Eureden Holding, au groupement d'intérêt économique Groupe d'Aucy, à la société D'Aucy France et à la société Conserves France SA, soit les fabricants, de communiquer les documents suivants :

a) tous documents (factures, bons de commande, bons de livraison, état des commandes, documents de marché, listings des commandes, etc), rapports, analyses ou études permettant de vérifier le recensement des besoins des établissements hospitaliers pendant la période d'infraction à savoir entre les années 2000 et 2013 ;

b) tous documents (factures, bons de commande, bons de livraison, état des commandes, documents de marché, listings des commandes, extractions de listings à partir d'un logiciel, documents comptables, etc), analyses, correspondances permettant de vérifier le périmètre des produits concernés par l'entente pendant la période d'infraction à savoir entre les années 2000 et 2013 ;

c) tous documents (factures, bons de commande, bons de livraison, état des commandes, documents de marché, listings des commandes, extractions de listings à partir d'un logiciel, documents comptables, etc), analyses, correspondances permettant de vérifier le volume annuel commandé de légumes en conserves et leurs prix pendant la période d'infraction à savoir entre les années 2000 et 2013 ;

d) plus généralement, la comptabilité analytique / de gestion des distributeurs et des fabricants, (i) par client, (ii) par lignes de produits et (iii) par client et par lignes de produits sur la période 2000-2013, ainsi que leurs comptes de résultats détaillés ;

2°) d'assortir cette injonction d'une astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre à la direction générale des finances publiques de communiquer :

a) tous documents de marché, contrats, factures, bons de commande, mandats de paiement permettant de vérifier le périmètre et le prix des produits achetés pendant la période d'infraction à savoir entre les années 2000 et 2013 ;

b) tous documents, mandats de liquidation, correspondances permettant de vérifier le paiement des produits concernés pendant la période d'infraction à savoir entre les années 2000 et 2013 ;

4°) de mettre à la charge des distributeurs et des fabricants la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que les données demandées portent sur des pièces justificatives soumises à une durée de conservation légale de 10 ans, que compte tenu de l'ancienneté des pratiques (sur la période 2000-2013), une grande partie de ces documents a déjà été détruite et ce processus de destruction serait très probablement glissant d'une année sur l'autre, que certains distributeurs ont toutefois conservé les données les plus récentes de la période d'infraction sous un format électronique permettant de les reconstituer, preuve que les données existent et qu'il est encore possible d'obtenir des données dématérialisées pertinentes, qu'il n'a pas eu connaissance de l'existence de son droit à réparation jusqu'à ce qu'il soit informé par la direction générale de l'offre de soins (DGOS) le 14 mai 2024, qu'il existe un risque sérieux de déperdition des preuves permettant d'établir et de quantifier son préjudice, que ces pièces sont au cœur de la démonstration du bien-fondé de l'action en réparation à venir puisqu'il est primordial de disposer des documents listés afin d'établir une corrélation entre l'entente sanctionnée par la commission européenne qui constitue une faute civile et les préjudices économiques qu'il a subis ;

- la condition d'utilité fixée par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative est remplie dès lors que les documents sollicités lui permettront d'engager un recours indemnitaire contre les fabricants qui ont mis en œuvre des ententes secrètes qui ont vicié le consentement des acheteurs publics, qu'un tel recours, présenté sous la forme d'une action en responsabilité contractuelle ou d'une action en responsabilité quasi-délictuelle, relève de la compétence des juridictions administratives ainsi que l'ont jugé le Conseil d'Etat et le Tribunal des Conflits ;

- la condition d'absence totale d'obstacle à l'exécution d'une décision administrative ainsi que celle tenant à l'absence de contestation sérieuse fixées par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative sont remplies dès lors que la décision de la commission européenne sanctionnant les ententes caractérisées n'a pas fait l'objet d'un recours, qu'il existe une présomption irréfragable de faute à l'encontre des fabricants en application de l'article L. 481-2 du code de commerce, et qu'il est parfaitement fondé à engager une action indemnitaire devant les juridictions administratives dès lors qu'il disposera d'éléments suffisants pour établir son préjudice, lequel est significatif puisque ces pratiques anticoncurrentielles lui ont causé trois types de préjudices distincts à savoir la perte subie au titre de la surfacturation des produits, la perte de trésorerie ainsi qu'un préjudice lié à l'écoulement du temps ;

- les documents demandés émanent d'entreprises privées et de l'administration et les informations qu'ils contiennent ne sont pas couverts par le secret des affaires.

Par un mémoire enregistré le 2 août 2024, la société Marine SAS demande à être mise hors de cause.

Elle soutient que son activité porte sur la vente de produits de la mer.

Par un mémoire enregistré le 3 août 2024, la société Kuhn demande à être mise hors de cause.

Elle soutient qu'elle n'a aucune activité de distributeur de légumes en conserve et qu'il y a une confusion probable avec la société Kühne.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 août 2024, la société Coopérative Eureden, la société Eureden Group, la société Groupe Eureden Holding, la société Service Groupe (GIE Groupe d'Aucy), et la société d'Aucy France, représentées par Me Bergès et Me Fabre, conclut au rejet de la requête et à la condamnation du centre hospitalier de Chalon-sur-Saône à leur verser la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles font valoir que :

-la requête est irrecevable, le demandeur ne démontrant pas son intérêt pour agir à défaut de tout élément permettant de démontrer qu'il a subi un préjudice personnel, direct et certain ;

- le demandeur n'établit pas l'urgence à faire droit à sa demande de communication de documents, qui n'est pas justifiée par la nécessité d'introduire un recours puisqu'il dispose de plus d'un an avant la fin du délai de prescription de cinq ans, qui part du 15 décembre 2020, et qu'il ne démontre pas l'existence des documents dont il sollicite la production ;

- il n'établit pas davantage l'utilité de cette mesure, dès lors que la nécessité de la communication des documents demandés pour l'introduction du recours indemnitaire envisagé ou pour la détermination de son préjudice n'est pas démontrée ;

- la requête se heurte à des contestations sérieuses, l'existence des documents demandés n'étant pas établie, et la protection du secret des affaires s'opposant à leur communication ;

- le demandeur n'apporte aucun élément permettant de démontrer qu'il a subi un préjudice justifiant le prononcé des mesures demandées, et les documents demandés ne sont pas nécessaire à l'évaluation d'un éventuel préjudice ;

Par un mémoire enregistré le 8 août 2024, la société GDA demande à être mise hors de cause.

Elle soutient que son activité porte sur les fournitures et travaux relatifs aux activités de de boulangerie et confiserie.

Par un mémoire enregistré le 8 août 2024, la société Cercle Vert soutient qu'elle n'a effectué aucune vente au centre hospitalier et qu'elle n'est pas en mesure de fournir des documents en l'absence de conservation des documents au-delà du délai de dix ans.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2024, la société Felix Potin, représentée par Me Charvin, conclut au rejet de la requête et à la condamnation du centre hospitalier de Chalon-sur-Saône à lui verser la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- en sa qualité de Holding elle n'a aucune activité de fabrication ou de distribution de légumes en conserves, sa mise en cause est donc totalement infondée ;

- la condition d'urgence n'est pas remplie, dès lors que le délai légal de conservation de 10 ans de ces documents est expiré et elle n'a donc plus de documents à fournir, et que la communication de ces documents peut être obtenue dans le cadre des procédures au fond ;

- la condition d'utilité n'est pas davantage remplie, le centre hospitalier devant détenir les documents qu'il réclame à ses co-contractants, dont elle ne fait pas partie ;

- la requête se heurte à une contestation sérieuse, dès lors qu'elle ne fait pas partie de l'entente condamnée ,

- il n'est pas démontré que les documents demandés seraient communicables ou ne seraient pas couverts par le secret des affaires.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2024, les sociétés Bonduelle SA, Bonduelle SSA et Bonduelle Europe Longue Life, représentées par Me Levin et Me Rios, concluent au rejet de la requête et à la condamnation du centre hospitalier de Chalon-sur-Saône à leur verser la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles font valoir que :

-la requête est irrecevable, le demandeur ne démontrant pas son intérêt pour agir à défaut de tout élément permettant de démontrer l'existence d'un contrat par lequel le centre hospitalier aurait procédé directement ou indirectement à l'achat de produits fabriqués et commercialisés par le groupe Bonduelle ;

- le demandeur n'établit pas l'urgence à faire droit à sa demande de communication de documents, qui ne lui sont pas nécessaires pour introduire un recours indemnitaire devant la juridiction administrative et pour faire valoir ses prétentions, et ne démontrant nullement que la documentation commerciale et comptable dont il demande la communication existe encore ;

- il n'établit pas davantage l'utilité de cette mesure, dès lors que la nécessité de la communication des documents demandés pour l'introduction du recours indemnitaire envisagé ou pour la détermination de son préjudice n'est pas démontrée, cette liste étant en outre manifestement imprécise et exploratoire ;

- la requête se heurte à des contestations sérieuses, la protection du secret des affaires s'opposant à la communication des documents demandés.

Par un mémoire enregistré le 9 août 2024, la société Pro à Pro, représentée par Me Cordin, conclut au rejet de la requête, à statuer ce que de droit sur le fondement de l'article R.741-12 du code de justice administrative, et à la condamnation du centre hospitalier de Chalon-sur-Saône à lui verser la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête apparaît manifestement irrecevable, en l'absence de tout intérêt pour agir, de toute urgence et à défaut d'utilité de la demande ;

- elle se heurte à une contestation sérieuse, les documents demandés n'existant pas ou plus, et étant couverts par le secret des affaires ;

- la requête est abusive.

Par un mémoire, enregistré le 9 août 2024, le centre hospitalier de Chalon-sur-Saône maintient ses précédentes écritures, ce mémoire, ne comportant pas d'élément nouveau, n'ayant pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de commerce ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Dijon a désigné Mme A, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision devenue définitive le 27 septembre 2019, la commission européenne a sanctionné les pratiques anticoncurrentielles mises en œuvre de 2000 à 2013 dans le secteur des légumes en conserve par les sociétés Bonduelle, Coroos, Cecab et Conserve Italia en condamnant ces sociétés à payer une amende de 31 millions d'euros. Le centre hospitalier de Chalon-sur-Saône soutient que cette condamnation ouvre droit à réparation pour les acheteurs publics concernés, et que l'instruction contentieuse des affaires nécessite de constituer un dossier apportant les éléments de preuve et d'appréciation afin de documenter les préjudices subis. C'est dans ce contexte qu'avant d'engager une action indemnitaire, le centre hospitalier de Chalon-sur-Saône saisit le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative afin qu'il soit enjoint aux fabricants, aux distributeurs et à l'administration fiscale de communiquer un certain nombre de documents lui permettant de quantifier les préjudices qu'il a subis du fait des pratiques anticoncurrentielles.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fasse pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code.

3. En premier lieu, au soutien de la condition d'urgence, le centre hospitalier de Chalon-sur-Saône fait valoir que les données demandées portent sur des pièces justificatives soumises à une durée de conservation légale de 10 ans, que compte tenu de l'ancienneté des pratiques (sur la période 2000-2013), une grande partie de ces documents a déjà été détruite et ce processus de destruction serait très probablement glissant d'une année sur l'autre, que certains distributeurs ont toutefois conservé les données les plus récentes de la période d'infraction sous un format électronique permettant de les reconstituer, preuve que les données existent et qu'il est encore possible d'obtenir des données dématérialisées pertinentes, qu'il existe un risque sérieux de déperdition des preuves permettant d'établir et de quantifier son préjudice, et que ces pièces sont au cœur de la démonstration du bien-fondé de l'action en réparation à venir puisqu'il est primordial de disposer des documents listés afin d'établir une corrélation entre l'entente sanctionnée par la commission européenne qui constitue une faute civile et les préjudices économiques qu'il a subis.

4. Toutefois, ainsi que le centre hospitalier le souligne lui-même, la période d'infraction en cause s'étend de l'année 2000 à l'année 2013, alors que les documents demandés sont soumis à une conservation légale de 10 ans, et il est dès lors probable qu'un certain nombre de documents a d'ores et déjà été détruit. S'il soutient que certains distributeurs ont conservé les données les plus récentes de la période d'infraction sous un format électronique permettant de les reconstituer, preuve que les données existent et qu'il est encore possible d'obtenir des données dématérialisées pertinentes, le document intitulé " Listing communiqué par POMONA " qu'il produit, qui ne comporte au demeurant que des données très partielles au regard de l'ampleur des demandes du centre hospitalier, ne permet aucunement de considérer que les documents sollicités existeraient encore à la date de la saisine du juge des référés.

5. En deuxième lieu, le centre hospitalier demande la communication de documents qu'il entend obtenir de sociétés figurant sur une liste dont il n'a manifestement pas vérifié la pertinence avant de saisir le tribunal, puisqu'il s'avère qu'elle comporte certaines entreprises qui n'ont aucune activité en rapport avec le secteur de la conservation de légumes, d'autres qui n'ont plus d'activité depuis plusieurs années et d'autres encore dont les coordonnées sont erronées. Il n'apporte aucune précision sur les recherches qu'il aurait entrepris dans ses propres archives pour établir l'existence de liens contractuels avec les sociétés figurant sur cette liste durant la période de l'entente. Enfin, s'il appartient au juge des référés de prescrire la communication des pièces ou informations mettant à même le demandeur de former le recours qu'il envisage, il ne peut être demandé à ce juge, qui doit statuer dans un bref délai, de mener lui-même les investigations nécessaires pour établir la réalité du préjudice allégué par le centre hospitalier, préjudice qui ne demeure à ce stade qu'hypothétique, et qui pourra donner lieu aux mesures d'instruction que le juge du fond estimera nécessaire une fois le recours envisagé déposé.

6. Par suite, les conditions d'urgence et d'utilité prévues à l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne sauraient être regardées comme remplies.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête du centre hospitalier de Chalon-sur-Saône doit être rejetée, dans toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Chalon-sur-Saône les sommes que demandent la société Coopérative Eureden, la société Eureden Group, la société Groupe Eureden Holding, la société Service Groupe (GIE Groupe d'Aucy), la société d'Aucy France et les sociétés Bonduelle SA, Bonduelle SSA et Bonduelle Europe Longue Life en application des mêmes dispositions.

9. Il n'y a pas davantage lieu en tout état de cause de faire usage des dispositions de l'article R. 741-12 du Code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête du centre hospitalier de Chalon-sur-Saône est rejetée.

Article 2 : Les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au centre hospitalier de Chalon-sur-Saône, à la société Félix Potin, à la société Transgourmet, à la société Prodirest, à la société Pro à Pro, à la société Cercle Vert SA, à la société Brake France Service Pays, à la société Gam Restauration SA, à la société Christ SAS, à la société Gillet Contres SA, à la société Harrydis, à la société Primo SNC Ets Apco, à la société Askel, à la société Alimentation Mosellane, à la société Kuhn, à la société Marien SA, à la société Poirette, à la société Nectarys, à la société GDA, à la société Damide et Fils, à la société Damide Etablissement et à la société Sass Ets Blin, soit les distributeurs, et, d'autre part, à la société Bonduelle SA, à la société Bonduelle SCA, à la société Bell Bonduelle Europe Long Life, à la société Coroos International, à la société Coroos Beheer, à la société Coroos Conserven, à la société Coopérative Eureden, à la société Eureden Group, à la société Group Eureden Holding, au groupement d'intérêt économique Groupe d'Aucy, à la société D'Aucy France et à la société Conserves France SA et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de la France.

Fait à Dijon, le 12 août 2024.

La juge des référés,

M.-E. A

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

N°2402523

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