mercredi 14 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2402619 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er août 2024, la société anonyme à capitaux publics SNCF Réseau, représentée par la société d'exercice libéral à responsabilité limitée Lexcase, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion sans délai de M. B A, ainsi que de tous autres occupants présents sur les lieux, du terrain situé 4 impasse Bailly-Maître à Meursault dans la Côte-d'Or, sur la parcelle cadastrée n° 0222 de la section CK, située à proximité immédiate de la ligne ferroviaire 830 000 et relevant du domaine public ferroviaire ;
2°) de l'autoriser à procéder, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et au besoin avec le concours de la force publique, à la libération du domaine public et à l'expulsion des personnes l'occupant sans titre ;
3°) de l'autoriser à évacuer et à mettre au rebut, aux frais des occupants, l'ensemble des matériels, objets et détritus laissés à l'abandon sur le site par ces occupants.
Elle soutient que :
- l'identification des occupants n'est pas imposée, à peine d'irrégularité de la procédure, lorsqu'il existe, comme en l'espèce, des difficultés pour les identifier ; lorsqu'un commissaire de justice s'est présenté sur les lieux, il a seulement pu identifier M. A, qui s'est présenté comme le " chef de famille " ;
- attributaire du terrain occupé, elle a constaté que ce terrain est occupé par neuf caravanes et sept véhicules légers, que le portail sécurisant l'accès au terrain occupé a été forcé et demeure désormais ouvert, que les occupants se sont installés sur une partie de la parcelle ferroviaire jouxtant les voies ferrées et qu'ils se sont raccordés aux réseaux d'eau et d'électricité par des branchements sauvages et précaires ;
- un procès-verbal de constat de commissaire de justice dressé le 20 juin 2024 établit une occupation sans droit ni titre et l'ensemble des circonstances précitées ;
- aucune décision administrative, à l'exécution de laquelle la mesure d'expulsion sollicitée pourrait faire obstacle, autorisant l'occupation du terrain en litige, n'existe ; les occupants ne bénéficient d'aucun droit ni titre à l'effet d'occuper cette parcelle du domaine public ferroviaire ;
- sa requête est insusceptible de se heurter à une contestation sérieuse ;
- l'urgence est caractérisée dès lors qu'il s'agit de l'expulsion d'occupants sans droit ni titre d'un terrain appartenant à son domaine public ; cette occupation irrégulière rend extrêmement difficile, voire impossible, l'accès de ses véhicules et de ses engins de service et d'intervention pour permettre des interventions sur le réseau ferroviaire ; le bon fonctionnement du service public est compromis ; il existe un risque d'accident pour les occupants vivant à proximité des voies et un risque pour la sécurité des circulations ferroviaires, eu égard à l'existence d'un portail prévu pour l'accès des engins entre le terrain et les voies ferrées ; les occupants ont opéré des branchements sauvages aux réseaux d'eau et d'électricité, qui présentent des risques d'électrocution par contact direct, y compris pour les agents de la SNCF et des risques d'incendie significatifs ; le terrain en litige n'est pas équipé pour accueillir des caravanes ou des camping-cars.
La requête a été communiquée le 2 août 2024 à M. A et aux occupants sans droit ni titre de la parcelle en litige, qui n'ont pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Hugez, en qualité de juge des référés, en vertu des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, par une décision du 1erseptembre 2023.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Lelong, greffière :
- le rapport de M. Hugez, juge des référés,
- les observations de Me Virassamy, représentant SNCF Réseau, qui s'en rapporte à l'instruction écrite.
Considérant ce qui suit :
1. En sa qualité de gestionnaire du réseau ferré national, la société anonyme à capitaux publics SNCF Réseau est attributaire d'une parcelle située en bordure des voies ferrées sur un terrain sis 4 impasse Bailly-Maître à Meursault dans la Côte-d'Or, le long de la ligne ferroviaire 830 000, dite " Paris-Lyon-Marseille " cadastrée n° 20222 de la section CK. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion immédiate de M. B A et de tous occupants sans droit ni titre de l'espace occupé sur cette parcelle.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Le juge des référés tient de ces dispositions la compétence pour expulser un occupant sans droit ni titre du domaine public. Il lui appartient néanmoins de veiller à ce que cette mesure présente effectivement un caractère d'urgence, ne se heurte à aucune contestation sérieuse, soit utile et ne contrarie pas la mise en œuvre d'une décision administrative exécutoire.
3. Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public. Eu égard aux exigences qui découlent tant de l'affectation normale du domaine public que des impératifs de protection et de bonne gestion de ce domaine, l'existence de relations contractuelles en autorisant l'occupation privative ne peut se déduire de sa seule occupation effective, même si celle-ci a été tolérée par l'autorité gestionnaire et a donné lieu au versement de redevances domaniales. En conséquence, une convention d'occupation du domaine public ne peut être tacite et doit revêtir un caractère écrit et signé par l'ensemble des parties.
4. En l'espèce, il est constant que le terrain en cause, lequel est occupé par différentes personnes, plusieurs caravanes et plusieurs véhicules légers, appartient au domaine public ferroviaire dont la société anonyme à capitaux publics SNCF Réseau est attributaire. Un procès-verbal de constat de commissaire de justice établi le 20 juin 2024 montre tant le caractère sans droit ni titre de l'occupation, que les branchements sauvages opérés sur les réseaux d'eau et d'électricité, les dégradations commises et le risque pour la sécurité des personnes. La mesure sollicitée est ainsi utile et urgente, et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à M. B ou Manuel A, ainsi qu'à tous occupants sans droit ni titre du terrain sis 4 impasse Bailly-Maître à Meursault dans la Côte-d'Or, le long de la ligne ferroviaire 830 000, dite " Paris-Lyon-Marseille " sur la parcelle cadastrée n° 0222 de la section CK, d'évacuer sans délai le terrain qu'ils occupent indûment et d'autoriser la société anonyme à capitaux publics SNCF Réseau, à défaut, à faire procéder à leur expulsion, si nécessaire avec le concours de la force publique. Il y a lieu, en outre, d'autoriser la société anonyme à capitaux publics SNCF Réseau à évacuer l'ensemble des matériels, objets et détritus laissés à l'abandon sur le site par les occupants.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à M. B ou Manuel A, ainsi qu'à tous occupants installés sans droit ni titre sur le terrain situé 4 impasse Bailly-Maître à Meursault dans la Côte-d'Or, le long de la ligne ferroviaire 830 000, dite " Paris-Lyon-Marseille " sur la parcelle cadastrée n° 0222 de la section CK, de libérer les lieux dès la notification de la présente ordonnance.
Article 2 : En cas d'inexécution de l'injonction prévue à l'article premier de la présente ordonnance, la société anonyme à capitaux variables SNCF Réseau sera autorisée à solliciter le concours de la force publique pour procéder à la libération du domaine public et à l'expulsion des personnes l'occupant sans droit ni titre et à évacuer et mettre au rebut l'ensemble des matériels, objets et détritus laissés à l'abandon sur le site par les occupants.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à SNCF Réseau, à M. B ou Manuel A, et à toute personne occupant sans droit ni titre la parcelle n° 0222 de la section CK, sise 4 impasse Bailly-Maître sur le territoire de la commune de Meursault dans la Côte-d'Or.
Copie en sera adressée au préfet de la Côte-d'Or et à la commune de Meursault.
Fait à Dijon, le 14 août 2024.
Le juge des référés,
I. Hugez
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026