vendredi 16 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2402713 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | CABINET CLEMANG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 août 2024 et un mémoire enregistré le 12 août 2024, M. B A, représenté par Me Clémang demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la Côte-d'Or de le convoquer dans le délai de huit jours afin de lui remettre la carte de séjour pluriannuelle à laquelle il a droit depuis le 30 septembre 2022, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au préfet de la Côte-d'Or d'une part, de le convoquer dans le délai de huit jours afin de lui remettre une autorisation de prolongation d'instruction d'une durée de six mois, d'autre part d'interroger l'Office français de protection des réfugiés et apatrides sur la transmission de l'attestation d'état civil ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, eu égard au délai anormalement long pour obtenir sa carte de séjour, à laquelle il a droit depuis qu'il a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire, et dès lors qu'il lui très difficile de trouver un travail et de se loger compte tenu de la précarité de sa situation ;
- le préfet aurait au moins dû lui remettre une attestation valable six mois, et non trois mois ;
- le préfet ne prouve pas qu'il a relancé l'OFPRA, à qui il appartient de transmettre son attestation d'état civil ;
- la demande ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative, puisqu'il d'ores et déjà obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 août 2024, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la demande fait obstacle à l'exécution d'une décision administrative, dès lors qu'il ne peut pas délivrer le titre de séjour demandé, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ne lui ayant pas transmis l'attestation d'état civil nécessaire à l'instruction du dossier de M. A ;
- les conditions d'urgence et d'utilité de la mesure ne sont pas remplies, dès lors que M. A bénéficie d'attestations de prolongation d'instruction qui lui permettent de travailler, et qu'il lui appartient de saisir le juge judiciaire afin d'obtenir de l'OFPRA la transmission de l'attestation d'état civil.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant congolais né le 1er janvier 2001, a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 30 septembre 2022. Il a déposé le 20 octobre 2022 une demande de titre de séjour, pour laquelle il a obtenu plusieurs attestations de prolongation d'instruction dont la dernière est valable jusqu'au 2 septembre 2024. Il demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de le convoquer en vue de la remise de la carte de séjour à laquelle il a droit en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
3. Au cas d'espèce, au regard de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre M. A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative
4. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
5. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
Sur l'urgence :
6. Si M. A bénéficie d'une attestation de prolongation d'instruction en cours de validité, qui lui permet de travailler, il n'en demeure pas moins que le délai excessif pris par l'administration pour traiter sa demande le place dans une situation précaire. Il justifie ainsi d'une situation d'urgence.
Sur les conclusions principales :
7. Aux termes de l'article L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire se voit délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention "bénéficiaire de la protection subsidiaire" d'une durée maximale de quatre ans. / Cette carte est délivrée dès la première admission au séjour de l'étranger ". Aux termes de son article L. 121-9 : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides est habilité à délivrer aux réfugiés et bénéficiaires de la protection subsidiaire ou du statut d'apatride, après enquête s'il y a lieu, les pièces nécessaires pour leur permettre soit d'exécuter les divers actes de la vie civile, soit de faire appliquer les dispositions de la législation interne ou des accords internationaux qui intéressent leur protection, notamment les pièces tenant lieu d'actes d'état civil. / Le directeur général de l'office authentifie les actes et documents qui lui sont soumis. Les actes et documents qu'il établit ont la valeur d'actes authentiques. / Ces diverses pièces suppléent à l'absence d'actes et de documents délivrés dans le pays d'origine. Les pièces délivrées par l'office ne sont pas soumises à l'enregistrement ni au droit de timbre ". L'annexe 10 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, point 38 fixe, parmi les pièces à fournir à l'appui d'une demande de délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " ou d'une carte de réfugié : " 1. Pièces à fournir dans tous les cas : / - justificatifs d'état civil : attestation d'état civil (transmise par l'OFPRA à la préfecture en vue de la fabrication du titre) ; / () ".
8. Il résulte de ces dispositions que le préfet de la Côte-d'Or ne peut délivrer la carte de séjour pluriannuelle prévue à l'article L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à M. A dès lors que l'attestation d'état civil prévue à l'annexe précitée ne lui a pas été transmise par l'OFRA.
9. Quand bien même le retard pris pour la délivrance de la carte de séjour pluriannuelle demandée par M. A est imputable à l'administration, et pour regrettable que soit cette situation, il ne peut dès lors être fait droit à ses conclusions principales.
Sur les conclusions subsidiaires :
10. Aux termes, de l'article R. 431-15-4 du même : " Pour l'application de l'article L. 424-10, dès que le bénéfice de la protection subsidiaire lui est reconnue, l'étranger est informé des modalités lui permettant d'accéder au téléservice mentionné à l'article R. 431-2 afin qu'il souscrive une demande de délivrance de la carte de séjour pluriannuelle mentionnée à l'article L. 424-9. / Dès la souscription de cette demande, une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande mentionnée au deuxième alinéa de l'article R. 431-15-1, d'une durée de six mois renouvelable, est mise à sa disposition par le préfet au moyen de ce téléservice. Cette attestation porte la mention "a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire". / Ce document lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise et lui confère le droit d'exercer la profession de son choix dans les conditions prévues à l'article L. 414-10. "
11. D'une part, il résulte des pièces du dossier qu'en cours d'instance, le préfet de la Côte-d'Or s'est conformé aux dispositions précitées lors d'une mise à jour du dossier de M. A, intervenue le 8 août 2024, en prolongeant l'instruction de sa demande pour une durée de six mois, ce qui lui permettra de générer, via le téléservice adéquat, une attestation valable du 8 août 2024 au 7 février 2025. Dès lors, les conclusions tendant à ce qu'il soit ordonné au préfet de convoquer M. A afin de lui remettre une autorisation de prolongation d'instruction d'une durée de six mois ne revêtent plus un caractère d'utilité à la date de la présente ordonnance.
12. D'autre part, à défaut de pouvoir ordonner au préfet de la Côte-d'Or de convoquer M. A en vue de lui délivrer la carte de séjour pluriannuelle prévue à l'article L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il convient en revanche de lui ordonner, en sa qualité d'autorité compétente pour délivrer cette carte de séjour, d'entreprendre les démarches nécessaires auprès de l'OFPRA aux fins d'obtenir la transmission sans délai de l'attestation d'état civil de M. A. L'utilité d'une telle mesure, qui ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurte à aucune contestation sérieuse, ne saurait être écartée en raison de la possibilité offerte au requérant de saisir le juge compétent en matière d'état-civil, une telle possibilité ne dispensant pas les services de la préfecture et l'OFPRA d'échanger entre elles toutes les informations ou les données nécessaires pour traiter la demande de l'intéressé.
13. Il y a lieu d'ordonner au préfet d'entreprendre ces démarches dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les frais liés au litige
14. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Côte-d'Or d'entreprendre les démarches nécessaires auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides aux fins de transmission de l'attestation d'état civil de M. A, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Côte-d'Or, au directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Dijon, le 16 août 2024.
La juge des référés,
M.-E C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2402713
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026