mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2403036 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 septembre 2024 et un mémoire complémentaire produit le 16 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Clemang, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner au préfet de la Côte-d'Or de le mettre effectivement en possession de la carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui a été annoncé, cela dans les huit jours suivant la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 900 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'annulation de plusieurs rendez-vous successifs censés le mettre en possession du titre de séjour dont le renouvellement a donné lieu, le 2 février 2023, à une attestation de décision favorable, n'a aucune explication rationnelle ; l'allégation d'une menace pour l'ordre public, dépourvue de toute précision et de tout élément de justification, trahit à la fois l'exigence de loyauté du débat juridictionnel et le principe de la présomption d'innocence ;
- l'urgence est caractérisée, dès lors que l'inertie de l'administration le place dans une situation précaire et l'empêche de faire aboutir ses démarches, notamment au titre de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 septembre, le préfet de la Côte d'Or conclut au rejet de la requête.
Il indique avoir été informé du fait que M. A était visé par une enquête relative à de graves troubles à l'ordre public et avoir en conséquence donné pour instruction à ses services de ne pas mettre en fabrication son titre de séjour de M. A, dans l'attente des suites judiciaires.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-347 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant syrien né en 1983 et bénéficiaire depuis 2016 de la protection subsidiaire, demande au juge des référés de faire injonction au préfet de la Côte-d'Or de le mettre effectivement en possession de la carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui a été annoncé.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, en application de l'article 20 de la loi du 11 juillet 1990 visée ci-dessus.
Sur l'injonction demandée :
3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de cette disposition d'une demande tendant à ce qu'il prescrive une mesure dans un sens déterminé, le juge des référés doit veiller à ce que cette mesure présente effectivement un caractère d'urgence, ne se heurte à aucune contestation sérieuse, soit utile et ne contrarie pas la mise en œuvre d'une décision administrative exécutoire.
4. M. A, qui a bénéficié de cartes de séjour depuis son admission au bénéfice de la protection subsidiaire en 2016, a sollicité le 31 janvier 2023 le renouvellement de la dernière d'entre elles, expirant le 20 avril 2023. L'administration lui a délivré, le 2 février 2023, une " attestation de décision favorable " indiquant qu'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " était " actuellement en cours de fabrication ". Ce titre n'a toutefois jamais été effectivement remis à M. A et le rendez-vous qui lui a été fixé à cet effet le 23 janvier 2024 a été annulé. Pour expliquer cette situation, le préfet de la Côte-d'Or indique dans son mémoire en défense avoir été informé du fait que M. A était mêlé à de graves de trouble à l'ordre public et faisait l'objet d'une enquête judiciaire, de sorte que " par mesure de précaution et dans l'attente d'éléments complémentaires sur les suites judiciaires et la matérialité des faits reprochés ", il avait donné pour instruction à ses services de ne pas mettre la carte de séjour en fabrication.
5. Il résulte ainsi de l'instruction que la situation dans laquelle se trouve actuellement M. A n'est pas due à un retard administratif ou un problème technique, mais bien à une décision du préfet de la Côte-d'Or. Quelle que soit la nature exacte de cette décision, dont la légalité, par ailleurs, ne peut être utilement discutée dans le cadre de la présente instance, la mesure sollicitée par M. A aurait nécessairement pour conséquence de faire obstacle à son exécution. La requête, en conséquence et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les conditions d'urgence et d'utilité, doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser à M. A lui-même ou à son avocate, par combinaison avec l'article 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991, la somme réclamée en remboursement des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Côte-d'Or.
Fait à Dijon, le 25 septembre 2024.
Le président du tribunal,
juge des référés,
David Zupan
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
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Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
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