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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2403319

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2403319

mercredi 18 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2403319
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantERNST & YOUNG SOCIETE D'AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 septembre 2024, la commune de Mâcon, représentée par Me Vivien, demande au juge des référés d'ordonner une expertise, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, en vue de déterminer les causes et origines des désordres affectant le bâtiment occupé par ses services techniques, dont l'extension et la réhabilitation ont été réalisées en exécution d'un marché public en 2015.

La commune de Mâcon soutient que :

- elle a procédé elle-même à la maîtrise d'œuvre et a confié la mission de contrôle technique à la société Bureau Véritas ;

- elle a confié les lots n°2 " charpente métallique - bardage " et n°3 " couverture bac acier - étanchéité " à la SAS Baux en 2014 ;

- la réception des travaux a été prononcée sans réserve le 11 avril 2016 avec effet au 31 juillet 2015 ;

- en 2023, de nombreuses infiltrations d'eau sont apparues, conduisant à une inondation partielle de plusieurs bureaux et couloirs et compromettant ainsi leur utilisation normale ;

- un rapport des services techniques du 2 août 2024 a révélé un défaut d'étanchéité de la membrane, un surpoids de l'isolant en plénum et des dalles des faux-plafonds, gorgés d'eau, sans toutefois identifier précisément l'origine des désordres ;

- dans ces conditions, l'organisation d'une expertise est nécessaire afin de déterminer les causes et origines des désordres survenus et les préjudices subis.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2024, la SA Axa France Iard, assureur de la SAS Baux, représentée par Me Creusvaux, ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée, sous toutes protestations et réserves quant à sa mise en cause.

Vu :

- les pièces de procédure établissant que la requête a été notifiée aux personnes mises en cause ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Boissy, vice-président, en application de l'article

L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".

2. Les faits relatés par la commune de Mâcon sont de nature à justifier la mesure d'instruction demandée. En conséquence, il y a lieu d'ordonner une expertise contradictoire aux fins et conditions définies dans le dispositif de la présente ordonnance.

ORDONNE :

Article 1er : Il est ordonné une expertise contradictoire en présence de la commune de Mâcon, de la SAS Baux et de la SA Axa France Iard.

Article 2 : M. A B, ingénieur IPF, demeurant 3 Bis Route de Charlieu, à Chauffailles (71170) est désigné comme expert avec pour mission de :

1°) se rendre sur les lieux, 9 Rue de la Madone, à Sancé (71000) et procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé des désordres d'étanchéité (inondation des bureaux et couloirs) affectant le bâtiment occupé par les services techniques de la commune de Mâcon, en indiquant leur date d'apparition ;

2°) décrire les désordres et malfaçons constatés et en indiquer la nature et l'importance en précisant s'ils étaient apparents ou non au moment de la date de réception, s'ils ont fait l'objet de réserves et dans l'affirmative si ces réserves ont été levées ; réunir les éléments d'information permettant au tribunal de dire s'ils sont de nature à compromettre la solidité de l'immeuble ou à le rendre impropre à sa destination ;

3°) se prononcer sur l'origine, les causes et les conséquences des désordres (non-conformité aux stipulations du marché, vice de construction ou de conception, défaut de surveillance des travaux, défaut d'exécution, manquement aux règles de l'art, défaut de qualité des matériaux mis en œuvre, utilisation dans des conditions non conformes à ce qui était contractuellement prévu, environnement extérieur de l'ouvrage ) et donner son avis sur le point de savoir à qui, parmi les intervenants mis en cause, ils peuvent être imputés et dans quelle proportion, en justifiant ses propositions ;

4°) indiquer la nature et le coût des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle, en assurant la solidité de l'ouvrage et un usage propre à sa destination, en précisant s'il en résulte une plus-value pour l'immeuble en cause ;

5°) d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis.

Article 3 : L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, s'entourer de tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et à éclairer le tribunal administratif.

Il pourra obtenir de toute partie et de tout tiers à l'instance, sans délai, la consultation ou la communication de tous documents qu'il estimera nécessaires à l'accomplissement de sa mission.

En cas de carence des parties, il en informera le président du tribunal qui, après avoir provoqué les observations écrites de la partie récalcitrante, pourra ordonner la production des documents, s'il y a lieu sous astreinte, autoriser l'expert à passer outre ou l'autoriser à déposer son rapport en l'état, le tribunal tirant les conséquences du défaut de communication des documents à l'expert.

Article 4 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 5 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 6 : L'expert avertira les parties des jours et heures auxquels il sera procédé à l'expertise conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.

Article 7 : Si les parties parviennent à un accord privant la mission d'expertise de son objet, le rapport de l'expert se bornera, après avoir indiqué les diligences qu'il a effectuées, à rendre compte de cet accord, en joignant tout document utile attestant de sa réalité et en précisant s'il a réglé le montant et l'attribution de la charge des frais d'expertise. Faute pour les parties d'avoir entièrement réglé la question de la charge des frais d'expertise, il sera procédé à la taxation de ces frais dans les conditions prévues par l'article R. 621-11 et à l'attribution de leur charge par application de l'article R. 621-13.

Article 8 : L'expert adressera aux parties un pré-rapport permettant la production de tout dire avant de déposer son rapport définitif au greffe du tribunal.

Il déposera son rapport au greffe en deux exemplaires, dont un sous format numérique via l'application Transfertpro : https://send.transfertpro.com/ en sélectionnant comme destinataire le mail : expertises.ta-dijon@juradm.fr et l'autre sous format papier, dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance.

Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.

Article 9 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.

Article 10 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Mâcon, à la SAS Baux, à la SA Axa France Iard et à M. A B, expert.

Fait à Dijon le 18 décembre 2024.

Le juge des référés,

L. Boissy

La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2403319

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