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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2403820

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2403820

mardi 21 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2403820
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Dijon a rejeté la requête de M. et Mme B contestant la décision de la CAF de la Nièvre leur réclamant le remboursement d’un indu d’allocation de logement familial de 5 594 euros. Les requérants se bornaient à invoquer leur bonne foi, ce qui constitue un moyen inopérant pour contester le bien-fondé de l’indu. Le juge a rappelé que la bonne foi n’est pertinente que dans le cadre d’une demande de remise gracieuse, laquelle n’avait pas été formée. La requête a été rejetée sur le fondement de l’article R. 222-1 7° du code de justice administrative, les moyens soulevés étant manifestement insusceptibles de venir au soutien de la demande.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 novembre 2024, M. C et Mme A B demandent au tribunal d'annuler la décision du 19 septembre 2024 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Nièvre a rejeté leur recours préalable obligatoire dirigé contre la décision leur réclamant le paiement de versements indus d'allocation de logement familial d'un montant total de 5 594 euros.

M. et Mme B soutiennent que " la CAF indique qu'ils ne sont pas responsables des dettes mais leur demande de rembourser l'intégralité de la somme ", " qu'ils ont donné toutes les fiches de paye de Madame " et qu'ils " ne sont pas d'accord de rembourser une dette qui n'est pas de leur faute mais de celle d'un tiers ".

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En premier lieu, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours (), les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

Sur le cadre juridique relatif à l'allocation de logement familial :

2. En vertu des dispositions combinées des articles L. 812-1, L. 821-1, L. 823-9, L. 825-3, R. 825-2 et R. 825-3 du code de la construction et de l'habitation ainsi que des articles L. 553-2 et R. 142-1 du code de la sécurité sociale, les aides personnelles au logement, au nombre desquelles figure l'allocation de logement familiale, sont liquidées et payées, pour le compte du fonds national d'aide au logement, c'est-à-dire au nom de l'Etat, par les organismes chargés de gérer les prestations familiales.

3. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 2 décide de récupérer un paiement indu d'aides personnelles au logement, remettant ainsi en cause des paiements déjà effectués, la personne qui en conteste le bien-fondé doit, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable auprès de la commission de recours amiable de cet organisme et la décision prise par le directeur de cet organisme, après avis de cette commission, se substitue à la décision initiale et est seule susceptible d'être contestée devant le juge administratif. Statuant sur un recours dirigé contre une telle décision, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient également, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

4. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 2 décide de récupérer un paiement indu d'aides personnelles au logement et que le bénéficiaire concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, le directeur de cet organisme, après avoir recueilli l'avis de la commission de recours amiable, peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l'allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s'est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée. Statuant sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

Sur le litige soumis par M. et Mme B :

5. D'une part, M. et Mme B n'ont pas exercé le recours mentionné au point 4 en vue de solliciter une remise gracieuse de leur dette d'allocation de logement familiale (ALF) mais ont seulement contesté, conformément à ce qui a été dit au point 3, le bien-fondé de cet indu d'ALF. D'autre part, dans leurs écritures analysées, ci-dessus, dans les visas, les requérants doivent seulement être regardés comme faisant valoir qu'ils sont de bonne foi. Cet unique moyen invoqué est donc inopérant pour critiquer la légalité de la décision du 19 septembre 2024.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme B peut être rejetée sur le fondement des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C et Mme A B et à la caisse d'allocations familiales de la Nièvre.

Fait à Dijon le 21 janvier 2025.

Le président de la 3ème chambre,

L. Boissy

La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

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