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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2501115

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2501115

vendredi 18 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2501115
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantDEME BABA HAMADY

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par M. B, ressortissant tunisien, pour obtenir une injonction de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour. En cours d'instance, le préfet de Saône-et-Loire a finalement délivré le document sollicité, rendant les conclusions à fin d'injonction sans objet. Le juge a donc constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur cette demande et a rejeté le surplus des conclusions, notamment celles relatives aux frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 mars 2025, M. A B, représenté par Me Deme, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour " vie privée et familiale " ;

2°) de dire que l'ordonnance à venir sera exécutoire dès son prononcé en application de l'article R. 522-13 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de l'État le paiement de la somme de 1 500 euros TTC au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que l'inertie de l'administration l'empêche de travailler et donc de subvenir aux besoins de son foyer, qui compte trois enfants en bas âge ;

- la mesure sollicitée est utile pour les mêmes raisons ;

- elle ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 avril 2025, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- M. B a sollicité tardivement le renouvellement de sa carte de séjour, après l'expiration du délai fixé à cet effet par l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de sorte que cette demande aurait pu être déclarée irrecevable et ne pas donner lieu à la délivrance de l'attestation prévue par l'article R. 431-15-1 du même code ;

- toutefois, il a été décidé de délivrer à l'intéressé cette attestation, de sorte que les conditions d'urgence et d'utilité ne sont en tout état de cause plus remplies.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant tunisien né en 1998, a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour " vie privée et familiale ", obtenue en qualité de parent d'enfants français. Il demande au juge des référés d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de cette demande.

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :

2. Il y a lieu d'accorder à M. B l'aide juridictionnelle à titre provisoire, en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus.

Sur la mesure sollicitée :

3. Il résulte de l'instruction que M. B a été mis en possession, en cours d'instance, d'une nouvelle attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour, en application de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ses conclusions à fin d'injonction ont ainsi perdu leur objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.

Sur la demande présentée au titre de l'article R. 522-13 du code de justice administrative :

4. Aucune circonstance particulière ne justifie que la présente ordonnance soit rendue exécutoire dès sa signature, comme le permet l'article R. 522-13 du code de justice administrative, plutôt qu'au moment de sa notification aux parties. Les conclusions présentées en ce sens doivent donc être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction présentées par M. B.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et à Me Baba Hamady Deme.

Copie en sera adressée pour information au préfet de Saône-et-Loire et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.

Fait à Dijon, le 18 avril 2025.

Le président du tribunal, juge des référés,

David Zupan

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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