Le Tribunal administratif de Dijon, saisi par Mme A... d’un recours pour excès de pouvoir contre le refus du président du conseil départemental de Saône-et-Loire de lui délivrer une carte « mobilité inclusion » avec les mentions « priorité » et « stationnement », a statué sur la compétence. Appliquant l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles, il a constaté que le contentieux relatif à la mention « priorité » relève du juge judiciaire. En conséquence, il a transmis ces conclusions au tribunal judiciaire de Mâcon, tout en réservant le surplus de la requête concernant la mention « stationnement » pour un jugement ultérieur.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 septembre 2025, Mme B... A... conteste la décision, en date du 24 juillet 2025, du président du conseil départemental de Saône-et-Loire, prise sur recours préalable obligatoire, refusant de lui délivrer une carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement pour personnes handicapées » ainsi que la décision par laquelle le président du conseil départemental de Saône-et-Loire a refusé de lui délivrer une carte « mobilité inclusion » portant la mention « priorité ».
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de l’organisation judiciaire ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 2015-233 du 27 février 2015 ;
- le code de justice administrative.
Mme A... conteste les décisions par lesquelles le président du conseil départemental de Saône-et-Loire a refusé de lui délivrer la carte « mobilité inclusion » portant la mention « priorité » et la carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement pour personnes handicapées ».
En vertu de l’article 32 du décret du 27 février 2015, « lorsque la juridiction est saisie d'un contentieux relatif à l'admission à l'aide sociale tel que défini par le code de l'action sociale et des familles ou par le code de la sécurité sociale, elle transmet le dossier de la procédure, sans préjuger de la recevabilité de la demande, à la juridiction de l'autre ordre de juridiction qu'elle estime compétente par une ordonnance qui n'est susceptible d'aucun recours. (…) ».
Selon l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles, la carte « mobilité inclusion » est délivrée par le président du conseil départemental sur avis de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées et peut porter la mention « invalidité », la mention « priorité » ou la mention « stationnement pour personnes handicapées ». Aux termes du V bis de même article : « Les décisions prises par le président du conseil départemental sur le fondement du présent article peuvent faire l’objet d’un recours devant le juge judiciaire lorsque la demande concerne la mention " invalidité " ou " priorité " ».
Il résulte de ces dispositions que les juridictions de l’ordre judiciaire sont seules compétentes pour connaître des recours dirigés contre les décisions relatives à la carte « mobilité inclusion » mention « priorité ». Les conclusions de la requête de Mme A... dirigées contre la décision du conseil départemental de Saône-et-Loire refusant de lui octroyer cette carte doivent en conséquence être transmises au pôle social du tribunal judiciaire Mâcon.
5. Le tribunal administratif ne demeurera ainsi saisi que des conclusions dirigées contre le refus de carte mobilité inclusion mention « stationnement ».
O R D O N N E :
Article 1er : Les conclusions de la requête Mme A... concernant la carte « mobilité inclusion » mention « priorité » sont transmises au tribunal judiciaire de Mâcon.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A..., concernant la carte « mobilité inclusion » mention « stationnement » est réservé pour qu’il y soit ultérieurement statué par jugement.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A..., à la présidente du tribunal judiciaire de Mâcon et au département de Saône-et-Loire.
Fait à Dijon, le 3 décembre 2025.
La présidente du tribunal,
A-L CHENAL-PETER
La République mande et ordonne au préfet de la Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,