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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2504065

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2504065

mercredi 12 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2504065
TypeDécision
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon, statuant en référé sur la demande du préfet de Saône-et-Loire, a enjoint à Mme D... et M. B... de libérer le logement mis à leur disposition au titre de l’hébergement des demandeurs d’asile. La solution retenue est fondée sur les articles L. 521-3 du code de justice administrative et L. 552-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Le juge a constaté que les intéressés, définitivement déboutés de leur demande d’asile, occupaient sans droit ni titre les lieux malgré une mise en demeure, et que leur maintien compromettait le bon fonctionnement du service public d’accueil en raison de la tension sur le parc d’hébergement. L’expulsion a été autorisée, au besoin avec le concours de la force publique.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 octobre 2025, le préfet de Saône-et-Loire demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions des articles L. 521-3 du code de justice administrative et L. 552-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, de faire injonction à Mme D... et M. B... de libérer le lieu d’hébergement mis à leur disposition au titre des conditions matérielles d’accueil des demandeurs d’asile et d’autoriser leur expulsion, au besoin avec le concours de la force publique.

Il soutient que :
- Mme D... et M. B..., définitivement déboutés de leur demande d’asile respective, occupent désormais indûment le logement en cause, cela en dépit des termes du contrat qu’ils ont souscrit et d’une mise en demeure de libérer les lieux ;
- cette situation, qui empêche le logement d’une autre famille alors que les solutions d’hébergement sont limitées, compromet le bon fonctionnement du service public de l’accueil des demandeurs d’asile, de sorte que les conditions d’urgence et d’utilité sont remplies.

La requête a été communiquée à Mme D... et M. B..., qui n’ont pas produit d’observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Rousset, vice-président, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

A été seulement entendu, au cours de l’audience publique, tenue en présence de Mme Lelong, greffière d’audience, le rapport de M. Rousset, juge des référés, les parties n’étant ni présentes ni représentées.


Considérant ce qui suit :

1. Le préfet de Saône-et-Loire demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, de faire injonction à Mme D... et M. B... de libérer le lieu d’hébergement mis à leur disposition au titre des conditions matérielles d’accueil des demandeurs d’asile et d’autoriser qu’il soit procédé à leur expulsion de ce logement, sis à Chalon-sur-Saône, au besoin avec le concours de la force publique.

2. Aux termes de l’article L. 552-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Les lieux d’hébergement mentionnés à l’article L. 552-1 accueillent les demandeurs d’asile pendant la durée d’instruction de leur demande d’asile ou jusqu’à leur transfert effectif vers un autre Etat européen ». Selon l’article L. 551-11 du même code : « L’hébergement des demandeurs d’asile prévu au chapitre II prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin, dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2 ». L’article L. 552-15 dispose : « Lorsqu’il est mis fin à l’hébergement dans les conditions prévues aux articles L. 551-11 à L. 551-14, l’autorité administrative compétente ou le gestionnaire du lieu d’hébergement peut demander en justice, après mise en demeure restée infructueuse, qu’il soit enjoint à cet occupant sans titre d’évacuer ce lieu. / Le premier alinéa n’est pas applicable aux personnes qui se sont vues reconnaître la qualité de réfugié ou qui ont obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire. Il est en revanche applicable aux personnes qui ont un comportement violent ou commettent des manquements graves au règlement du lieu d’hébergement. / La demande est portée devant le président du tribunal administratif, qui statue sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative et dont l’ordonnance est immédiatement exécutoire ». Aux termes, par ailleurs, de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ».

3. Il résulte de ces dispositions que, saisi par le préfet d’une demande tendant à ce que soit ordonnée l’expulsion d’un lieu d’hébergement pour demandeurs d’asile d’un demandeur d’asile dont la demande a été définitivement rejetée, le juge des référés du tribunal administratif y fait droit dès lors que la demande d’expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d’urgence et d’utilité.

4. En premier lieu, il résulte de l’instruction que Mme D... et M. B..., respectivement de nationalité guinéenne et ivoirienne, ont été accueillis dans une structure d’accueil pour demandeurs d’asile située à Chalon-sur-Saône et gérée pour le compte de l’Etat par la société Adoma. Leurs demandes d’asile ont été rejetées, en dernier lieu, par des décisions désormais définitives de la Cour nationale du droit d’asile du 18 juin 2025. En conséquence, les intéressés ont fait l’objet d’une décision de sortie de leur lieu d’hébergement prise par la directrice territoriale de l’Office français de l’immigration et de l’intégration puis ont été mis en demeure, par lettre du préfet de Saône-et-Loire du 1er octobre 2025 de quitter le logement en cause dans un délai de cinq jours. Mme D... et M. B... n’ont pas obtempéré et occupent ainsi sans droit ni titre ce lieu d’hébergement. La mesure sollicitée ne se heurte dès lors à aucune contestation sérieuse.

5. En second lieu, le dispositif d’hébergement pour demandeurs d’asile est sous forte tension à l’échelle de l’ensemble du territoire national, en dépit des efforts accomplis pour augmenter le parc de logements, ce qui a un impact sur les capacités locales en la matière, les foyers de Saône-et-Loire pouvant ainsi être sollicités pour l’accueil de personnes dont les demandes d’asile ont été déposées dans d’autres départements. Eu égard à l’exigence primordiale de bon fonctionnement de ce service public et aux difficultés rencontrées par les autorités pour garantir l’effectivité des droits reconnus en la matière aux demandeurs d’asile, dont beaucoup sont en attente de solutions d’hébergement, la libération des lieux occupés par Mme D... et M. B... revêt un caractère certain d’utilité et d’urgence.

6. Compte tenu de tout ce qui précède, il y a lieu de faire injonction à Mme D... et M. B..., ainsi qu’à tous occupants de leur chef, de quitter le lieu d’hébergement en cause et, en cas d’inexécution de cette mesure au terme d’un délai de quinze jours, d’autoriser le préfet de Saône-et-Loire à procéder à l’évacuation forcée des lieux, le cas échéant avec le concours de la force publique.


O R D O N N E :


Article 1er : Il est enjoint à Mme D... et M. B..., ainsi qu’à tous occupants de leur chef, de libérer le logement qu’ils occupent à Chalon-sur-Saône dans la structure d’hébergement pour demandeurs d’asile gérée par la société Adoma.

Article 2 : Faute pour Mme D... et M. B... d’avoir libéré les lieux dans les quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance, le préfet de Saône-et-Loire pourra faire procéder à leur expulsion par les moyens légaux de son choix, au besoin avec le concours de la force publique.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de Saône-et-Loire, au ministre de l’intérieur et à Mme A... D... et M. C... B....


Fait à Dijon, le 12 novembre 2025.


Le juge des référés,




O. Rousset

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition,
La greffière



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