Le Tribunal Administratif de Dijon, saisi d’un recours pour excès de pouvoir contre une décision de prolongation du placement à l’isolement d’un détenu, a estimé que ce litige relevait de la compétence territoriale du tribunal du lieu d’incarcération. En application des articles R. 312-8 et R. 221-3 du code de justice administrative, le placement à l’isolement étant une mesure de police, la requête a été transmise au Tribunal Administratif d’Orléans.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 décembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Van der Have, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 13 octobre 2025 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires de Dijon a prolongé son placement à l'isolement du 13 octobre 2025 au 27 décembre 2025 ;
2°) d’enjoindre au chef d’établissement de centre pénitentiaire d’Orléans-Saran de mettre fin à sa mesure d’isolement ;
3°) de mettre à la charge de d’Etat une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- le code de justice administrative.
Vu l’arrêté du 1er septembre 2025 par lequel la présidente du tribunal administratif de Dijon a donné délégation à M. Nicolet, vice-président, pour exercer les attributions prévues à l’article R. 351-3 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D’une part, aux termes de l’article R. 351-3 du code de justice administrative : « Lorsqu’un (…) tribunal administratif est saisi de conclusions qu’il estime relever de la compétence d’une juridiction administrative autre que le Conseil d’Etat, son président, ou le magistrat qu’il délègue, transmet sans délai le dossier à la juridiction qu’il estime compétente (…) ». Aux termes de l’article R. 221-3 du même code : « Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : (…) / Orléans : Cher, Eure-et-Loir, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Loiret ; (…) ».
2. Aux termes de l’article R. 312-8 du même code : « Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l’encontre de personnes par les autorités administratives dans l’exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l’objet des décisions attaquées à la date desdites décisions (…) ».
3. Il résulte de ces dispositions que le placement et le maintien à l’isolement constituent des mesures de police destinées à prévenir les atteintes à la sécurité publique. Par suite, le présent litige relève de la compétence territoriale du tribunal administratif du lieu d’incarcération de M. A... à la date de la décision attaquée, lequel était alors détenu au centre pénitentiaire d’Orléans-Saran, dans le département du Loiret. Ainsi, en vertu des dispositions des articles R. 312-8 et R. 221-3 du code de justice administrative, la présente requête ne relève pas de la compétence territoriale du tribunal administratif de Dijon mais de celle du tribunal administratif d’Orléans. Il y a lieu, en conséquence, de la transmettre à cette juridiction, par application de l’article R. 351-3 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est transmise au tribunal administratif d’Orléans.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au président du tribunal administratif d’Orléans.
Copie en sera adressée, pour information, au garde des sceaux, ministre de la justice.
Fait à Dijon, le 17 décembre 2025.
Le président,
P. Nicolet