mercredi 25 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2000971 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | COSSIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 juillet 2020, M. A B, représenté par Me Cossin, demande au tribunal :
1°) de surseoir à statuer dans l'attente de la décision du Conseil constitutionnel sur la question prioritaire de constitutionnalité devant être soulevée par un mémoire distinct en cours d'instance, relative aux dispositions du 3° du V-A de l'article 8 de la loi du 30 décembre 2017 sur le financement de la sécurité sociale ;
2°) de prononcer la restitution, à hauteur de 11 711 euros, des prélèvements sociaux auxquels il a été assujetti au titre de l'année 2017 à raison de plus-values d'un montant de 688 842 euros résultant de la cession de valeurs mobilières intervenue en cours d'année.
Il soutient que :
- le caractère rétroactif de l'article 8 de la loi n° 2017-1836 du 30 décembre 2017 de financement de la sécurité sociale pour 2018 porte atteinte, sans que cela soit justifié par un motif d'intérêt général, à la sécurité juridique et est inconstitutionnel ;
- il convient d'appliquer le taux d'imposition à la contribution sociale généralisée en vigueur à la date du fait générateur de l'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux, c'est-à-dire au moment de la cession des parts sociales intervenue le 24 juillet 2017 et non au 31 décembre 2017.
Par un mémoire distinct, enregistré le 7 avril 2021, M. B demande au tribunal, en application de l'article 23-1 de l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958, de transmettre au Conseil d'État une question prioritaire de constitutionnalité relative à la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution des dispositions du V de l'article 8 de la loi du 30 décembre 2017 de financement de la sécurité sociale.
Par une ordonnance du 26 avril 2021, le président du tribunal a refusé de transmettre au Conseil d'Etat cette question prioritaire de constitutionnalité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2022, le directeur départemental des finances publiques du Doubs conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi du 30 décembre 2017 de financement de la sécurité sociale pour 2018 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Guitard, première conseillère,
- et les conclusions de M. Poitreau, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a réalisé une plus-value d'un montant de 688 842 euros lors de la cession, le 24 juillet 2017, des valeurs mobilières qu'il détenait dans les SCI Gipidase et Gipilur. Cette plus-value a été imposée à la contribution sociale généralisée à hauteur de 9,9 % en application de la loi du 30 décembre 2017 de financement de la sécurité sociale pour 2018, au lieu des 8,2 % applicables avant l'entrée en vigueur de cette loi. Estimant que cette plus-value aurait dû être imposée au taux en vigueur au moment du fait générateur de la plus-value, M. B a présenté, le 20 décembre 2019, une réclamation préalable à l'administration fiscale qui a été rejetée par une décision de cette dernière du 19 juin 2020. M. B demande au tribunal de prononcer la restitution, à hauteur de 11 711 euros, des prélèvements sociaux auxquels il a été assujetti au titre de l'année 2017 à raison de cette plus-value.
2. Aux termes de l'article 1600-0 C code général des impôts : " La contribution sociale généralisée sur les revenus du patrimoine est établie, contrôlée et recouvrée conformément aux dispositions de l'article L. 136-6 du code de la sécurité sociale ". Selon l'article 8 de la loi du 30 décembre 2017 de financement de la sécurité sociale pour 2018 : " I.- Le code de la sécurité sociale est ainsi modifié : () 6° L'article L. 136-8 est ainsi modifié : () b) Au 2° du même I, le taux : " 8,2 % " est remplacé par le taux : " 9,9 % " ; () V-A.- Les I et II du présent article s'appliquent : () 3° A compter de l'imposition des revenus de l'année 2017, en ce qu'ils concernent la contribution mentionnée à l'article L. 136-6 du code de la sécurité sociale, sous réserve du II de l'article 34 de la loi n° 2016-1918 du 29 décembre 2016 de finances rectificative pour 2016 ; () ". Aux termes de l'article L. 136-6 du code de la sécurité sociale : " I. Les personnes physiques fiscalement domiciliées en France au sens de l'article 4 B du code général des impôts sont assujetties à une contribution sur les revenus du patrimoine assise sur le montant net retenu pour l'établissement de l'impôt sur le revenu, à l'exception de ceux ayant déjà supporté la contribution au titre des articles L. 136-3, L. 136-4 et L. 136-7 : () e) Des plus-values, gains en capital et profits soumis à l'impôt sur le revenu () ".
3. Si le transfert de propriété constitue le fait générateur de la plus-value, le fait générateur de l'imposition de cette dernière se situe au 31 décembre de l'année de la réalisation du revenu. Ainsi, le fait générateur de l'imposition de la plus-value réalisée par M. B au cours de l'année 2017 est intervenu le 31 décembre 2017, date à laquelle la loi n° 2017-1836 du 30 décembre 2017 de financement de la sécurité sociale pour l'année 2018, est entrée en vigueur. Dès lors, ces dispositions n'ont pas fait l'objet d'une application rétroactive.
4. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander la restitution, à hauteur de 11 711 euros, des prélèvements sociaux auxquels il a été assujetti au titre de l'année 2017.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques du Doubs.
Délibéré après l'audience du 6 janvier 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Trottier, président,
- Mme Guitard, première conseillère,
- Mme Diebold, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 25 janvier 2023.
La rapporteure,
F. GuitardLe président,
T. Trottier
La greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
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