jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2001880 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LANDBECK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 23 novembre 2020, 8 septembre 2022 et 18 novembre 2022, Mme E A, représentée par Me Lazzarin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'Hôpital Nord Franche-Comté à lui verser la somme de 149 798 euros assortie des intérêts aux taux légal et de la capitalisation des intérêts au titre des préjudices qu'elle estime avoir subis à la suite des accidents de service dont elle a été victime ;
2°) de mettre les entiers dépens à la charge de l'Hôpital Nord Franche-Comté ;
3°) de mettre à la charge de l'Hôpital Nord Franche-Comté la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- la responsabilité sans faute de l'Hôpital Nord Franche-Comté doit être engagée du fait des accidents de service dont elle a été victime les 22 janvier 2014 et 30 décembre 2015 ;
- elle a subi des préjudices qui peuvent être évalués et indemnisés comme suit :
- 1 243 euros au titre du déficit temporaire de 8 % suite à l'accident de service du 22 janvier 2014 et jusqu'à la date de consolidation au 9 mars 2016 ;
- 4 728 euros au titre du déficit temporaire de 20 % suite à l'accident de service du 30 décembre 2015 et jusqu'à la date de consolidation du 5 avril 2019 ;
- 6 000 euros au titre des souffrances endurées de 3/7 suite à son accident de service du 22 janvier 2014 ;
- 20 000 euros au titre des souffrances endurées de 3,5/7 suite à l'accident de service du 30 décembre 2015 ;
- 25 950 euros au titre du déficit fonctionnel permanent et des troubles dans les conditions d'existence de 15 % ;
- 500 euros au titre du préjudice esthétique suite à l'accident du 22 janvier 2014 de 1/7 ;
- 2 500 euros au titre du préjudice esthétique temporaire et permanent suite à l'accident du 30 décembre 2015 de 2/7 ;
- 2 000 euros au titre du préjudice d'agrément ;
- 75 912 euros au titre l'aide d'une tierce personne ;
- 779 euros au titre des frais médicaux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 novembre 2022, l'Hôpital Nord Franche-Comté, représenté par Me Landbeck, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'Hôpital Nord Franche-Comté fait valoir que sa responsabilité ne peut être recherchée et qu'en tout état de cause la réalité des préjudices allégués par la requérante n'est pas établie ou qu'ils ne sont pas imputable aux accidents qu'elle a subis.
La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie du Doubs qui n'a pas produit de mémoire.
Vu :
- le jugement du 7 avril 2022 par lequel le tribunal administratif, avant de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A tendant à la condamnation de l'Hôpital Nord Franche-Comté, a ordonné une expertise en vue d'apprécier la réalité des préjudices allégués ;
- le rapport de l'expert enregistré le 8 septembre 2022 ;
- l'ordonnance en date du 11 septembre 2022 par laquelle le président du tribunal a taxé et liquidé les frais et honoraires de l'expert à la somme de 1 452 euros TTC ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi du n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le code des pensions civiles et militaires ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. B
- les observations de Me Lazzarin, pour Mme A et de Me Landbeck, pour l'Hôpital Nord Franche-Comté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été recrutée en qualité d'agent des services hospitaliers qualifié, le 25 juin 2001 par le Centre hospitalier de Belfort-Montbéliard devenu l'Hôpital Nord Franche-Comté en 2017. Mme A a été victime de deux accidents de service, survenus les 22 janvier 2014 et 30 décembre 2015. A la suite de l'accident du 30 décembre 2015, Mme A a été placée en congé maladie imputable au service. Mme A a été mise en retraite pour inaptitude physique définitive avec un taux d'invalidité à 20 % au 1er mars 2020. Le 28 septembre 2020, Mme A a formé une demande indemnitaire préalable, rejetée par le directeur général de l'Hôpital Nord Franche-Comté le 13 novembre 2020. Mme A demande au tribunal de condamner l'Hôpital Nord Franche-Comté à lui verser une somme de 149 798 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis.
2. Par un jugement du 7 avril 2022, le tribunal administratif a ordonné, avant de se prononcer sur la requête de Mme A tendant à la réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis suite aux accidents des 22 janvier 2014 et 30 décembre 2015 qu'il soit procédé, par un expert désigné par le président du tribunal, à une expertise en vue de déterminer la réalité des préjudices allégués. L'expert, alors missionné, a déposé son rapport le 8 septembre 2022.
Sur la demande indemnitaire :
En ce qui concerne la responsabilité sans faute de l'administration :
3. Les dispositions des articles L. 27 et L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite et 80 de la loi du 9 janvier 1986, alors en vigueur, instituent, en faveur des fonctionnaires victimes d'accidents de service ou de maladies professionnelles, une rente viagère d'invalidité en cas de mise à la retraite et une allocation temporaire d'invalidité en cas de maintien en activité, lesquelles doivent être regardées comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Ces dispositions déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation qui incombe à l'administration de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Elles ne font en revanche pas obstacle à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de l'administration qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice.
4. D'une part, il résulte de l'instruction que Mme A a été victime le 22 janvier 2014 puis le 30 décembre 2015, sur le temps et le lieu de son service, d'un premier accident en mobilisant une patiente lors de sa toilette et d'un second accident en retenant le lit d'un patient pour éviter que celui-ci ne chute. A la suite de l'accident du 30 décembre 2015, Mme A a été placée en congé maladie imputable au service et a subi une première opération le 3 octobre 2016 lors d'une hospitalisation du 2 au 7 octobre 2016, puis une seconde opération le 6 juillet 2017 lors d'une hospitalisation du 5 au 9 juillet 2017. Ces deux accidents ont été reconnus imputables au service. De plus, depuis ces accidents, Mme A est atteinte de douleurs lombaires et sciatiques d'allure neuropathique et invalidantes. D'autre part, il résulte des expertises des 5 avril 2019 et 13 août 2019 du Dr D que l'état de santé de Mme A, consolidé au 5 avril 2019, ne permet pas de lui aménager un poste de travail. A la suite de ces expertises et sur avis conforme de la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales, Mme A a été mise en retraite pour inaptitude physique définitive avec un taux d'invalidité à 20 % à compter du 1er mars 2020.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à demander la condamnation de l'Hôpital Nord Franche-Comté à réparer les préjudices patrimoniaux et personnels qu'elle estime avoir subis du fait de ces deux accidents de service.
En ce qui concerne les préjudices :
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :
6. D'une part, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que l'accident du 22 janvier 2014 a entrainé pour Mme A un déficit fonctionnel temporaire du 22 janvier 2014 au 9 mars 2016 évalué à 8 %. Il est constant que ce déficit fonctionnel temporaire est la conséquence de l'accident de service subi le 22 janvier 2014. Ce préjudice doit alors être indemnisé à hauteur de 800 euros.
7. D'autre part, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que l'accident du 30 décembre 2015 a entrainé pour Mme A un déficit fonctionnel temporaire du 30 décembre 2015 au 5 avril 2019 évalué 20 %, à l'exception des périodes de ses hospitalisations, rappelées au point 4, pendant lesquelles le déficit fonctionnel temporaire a été évalué à 100 %. Il résulte également de l'instruction que ce déficit fonctionnel temporaire est la conséquence de l'accident de service subi le 15 décembre 2015. Ce préjudice doit alors être indemnisé à hauteur de 3 500 euros.
S'agissant des souffrances endurées avant consolidation :
8. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que les souffrances endurées, qui sont la conséquence des accidents de services subis par Mme A, à la suite de son accident du 22 janvier 2014 ont été évaluées à 3 sur une échelle de 7 et celles endurées à la suite de son accident du 30 décembre 2015 à 3,5 sur une échelle de 7. Il sera dès lors fait une juste appréciation de ce préjudice en allouant à la requérante une somme de 9 500 euros.
S'agissant du déficit fonctionnel permanent et des troubles dans les conditions de l'existence :
9. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que Mme A, âgée de 51 ans à la date de la consolidation de son état de santé le 5 avril 2019, conserve des séquelles des accidents de service subis et reste atteinte d'un déficit fonctionnel permanent de 15 %, imputable aux deux accidents de service. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en allouant à Mme A une somme de 20 000 euros.
S'agissant du préjudice esthétique :
10. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que, suite aux opérations des 3 octobre 2016 et 6 juillet 2017, Mme A a été contrainte de porter, de manière temporaire, une minerve et qu'elle a conservé des cicatrices visibles sur certaines parties de son corps. Ce préjudice, évalué à 1 sur une échelle de 7, doit être indemnisé à hauteur de 500 euros.
S'agissant du préjudice d'agrément :
11. Il résulte de l'instruction que, suite aux accidents survenus les 22 janvier 2014 et 30 décembre 2015, Mme A ne peut plus s'adonner aux loisirs qu'elle avait l'habitude de pratiquer. Par suite, la requérante subit un préjudice d'agrément qui sera indemnisé à hauteur de 500 euros.
S'agissant de l'aide d'une tierce personne :
Quant au principe de réparation :
12. Le principe de la réparation intégrale du préjudice impose que les frais liés à l'assistance à domicile de la victime par une tierce personne, alors même qu'elle serait assurée par un membre de sa famille, soient évalués à une somme qui ne saurait être inférieure au montant du salaire minimum augmenté des charges sociales, appliqué à une durée journalière, dans le respect des règles du droit du travail.
13. Par ailleurs, il y a lieu de déduire d'une rente allouée à la victime du dommage dont une personne publique est responsable, au titre de l'assistance par tierce personne, les prestations versées par ailleurs à cette victime et ayant le même objet. Il en va ainsi tant pour les sommes déjà versées que pour les frais futurs. Cette déduction n'a toutefois pas lieu d'être lorsqu'une disposition particulière permet à l'organisme qui a versé la prestation d'en réclamer le remboursement si le bénéficiaire revient à meilleure fortune.
14. En l'espèce, il a été rappelé au point 3 que la rente viagère d'invalidité et l'allocation temporaire d'invalidité doivent être regardées comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle et n'ont alors pas pour objet d'indemniser les préjudices en lien avec l'assistance d'une tierce personne. Par suite, l'Hôpital Nord Franche-Comté n'est pas fondé à soutenir que l'évaluation du préjudice lié à l'assistance de la tierce personne doit tenir compte de la rente viagère d'invalidité et de l'allocation temporaire d'invalidité que perçoit Mme A.
15. En revanche, il y a lieu de déduire des sommes allouées à ce titre toute allocation dont pourrait bénéficier Mme A qui aurait pour objet d'indemniser les chefs de préjudice qu'elle invoque. A cet égard, il résulte de l'instruction que Mme A bénéfice, pour la période du 1er mars 2021 au 28 février 2026, de l'allocation aux adultes handicapés ayant pour objet de prendre en charge l'aide d'une tierce personne.
Quant à l'évaluation du préjudice :
16. Il résulte de l'instruction qu'entre le 30 décembre 2015 et le 5 avril 2019 et à l'exception des périodes au cours desquelles elle a été hospitalisée, Mme A a été aidée par un membre de sa famille. En tenant compte des besoins de Mme A, tels qu'ils résultent notamment de l'expertise du 8 septembre 2022 et du taux horaire minimum en vigueur, augmenté des charges sociales, le préjudice sera évalué sur la base d'une aide de 4 heures par semaine pour un taux horaire de 13 euros. Par suite, il sera alloué à Mme A, en réparation de ce préjudice, une somme de 9 902 euros.
17. Il résulte de l'instruction que, depuis le 5 avril 2019, Mme A continue à avoir besoin de l'assistance d'une tierce personne pour les taches les plus exigeantes, telles que le port de charges lourdes, tout en étant également en mesure de réaliser des tâches en autonomie. Ainsi, compte tenu des séquelles dont reste atteinte la requérante et de ses conditions de vie, le préjudice doit être évalué sur la base d'une aide de 2 heures par semaine pour un taux horaire de 13 euros. Par suite, sur la période allant du 5 avril 2019 à la date du présent jugement, le préjudice lié à l'assistance d'une tierce personne doit être indemnisé par la somme de 5 040 euros, sous déduction des aides financières ayant le même objet telle que celle perçue depuis le 1er mars 2021 et rappelée au point 15.
18. Enfin, à partir de la date du présent jugement, il sera alloué à Mme A une rente viagère. En tenant compte des besoins de Mme A depuis 5 avril 2019, rappelés au point précédent, le préjudice de Mme A sera évalué sur la base d'une aide de 2 heures par semaine pour un taux horaire de 14,5 euros. Par suite, la rente mensuelle viagère destinée à indemniser ce préjudice doit être évaluée à 127 euros payables à chaque trimestre échu, dont le montant sera revalorisé par application des coefficients prévus à l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale et sous déduction des aides financières ayant le même objet, telle que celle perçue depuis le 1er mars 2021 et rappelée au point 15.
S'agissant des dépenses relatives à l'adaptation du logement :
19. Si Mme A demande la prise en charge des dépenses relatives à l'adaptation de son logement, elle ne démontre pas le lien de causalité entre les séquelles qui résultent des accidents de service dont elle a été victime et la nécessité de modifier son système de chauffage. Par suite, Mme A n'est pas fondée à demander l'indemnisation par l'Hôpital Nord Franche-Comté des dépenses liées à l'adaptation de son logement.
S'agissant des frais médicaux :
20. Mme A fait valoir qu'à la suite de son hospitalisation de juillet 2017, des frais médicaux sont restés à sa charge, à savoir des honoraires médicaux, des frais de transport et des honoraires des séances d'ostéopathie. Toutefois, et en dépit d'une mesure d'instruction adressée en ce sens à la requérante, Mme A ne verse à l'instance aucune pièce permettant d'établir la réalité des frais ainsi restés à sa charge et notamment que ces derniers n'ont pas été pris en charge par sa mutuelle ou une complémentaire santé. Par suite, Mme A n'est pas fondée à demander l'indemnisation par l'Hôpital Nord Franche-Comté des frais médicaux qu'elle a pris à sa charge.
21. Il résulte de tout ce qui précède que l'Hôpital Nord Franche-Comté doit être condamné à verser à Mme A la somme de 49 742 euros en réparation des préjudices imputables aux deux accidents de service dont elle a été victime.
Sur les intérêts de retard et la capitalisation des intérêts :
22. D'une part, lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application de l'article 1231-6 du code civil courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine. Par suite, la requérante a droit aux intérêts au taux légal à compter du 28 septembre 2020, date de réception de la demande indemnitaire préalable de Mme A par l'Hôpital Nord Franche-Comté.
23. D'autre part, en application de l'article 1343-2 du code civil, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. Le cas échéant, la capitalisation s'accomplit à nouveau à l'expiration de chaque échéance annuelle ultérieure sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande.
24. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la requérante est fondée à demander la condamnation de l'Hôpital Nord Franche-Comté à lui verser une somme de 49 742 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 28 septembre 2020, avec capitalisation au 29 septembre 2021 puis à chaque échéance annuelle.
Sur les frais du litige :
En ce qui concerne les dépens :
25. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties ".
26. En application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre l'intégralité des frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 1 452 euros par une ordonnance du président du tribunal administratif en date du 12 septembre 2022, à la charge définitive de l'Hôpital Nord Franche-Comté, partie perdante à l'instance.
En ce qui concerne les frais non compris dans les dépens :
27. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Hôpital Nord Franche-Comté une somme de 1 500 euros à verser à Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
28. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante, la somme que demande l'Hôpital Nord Franche-Comté au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : L'Hôpital Nord Franche-Comté est condamné, sous les réserves exposées au point 17, à verser à Mme A la somme de 49 742 euros. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 28 septembre 2020. Les intérêts seront capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts le 29 septembre 2021 et à chaque échéance annuelle ultérieure.
Article 2 : L'Hôpital Nord Franche-Comté est condamné à verser à Mme A une rente mensuelle viagère d'un montant de 127 euros, sous les réserves exposées au point 18.
Article 3 : Les frais d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 1 452 euros TTC par une ordonnance du président du tribunal administratif du 12 septembre 2022, sont mis à la charge définitive de l'Hôpital Nord Franche-Comté.
Article 4 : l'Hôpital Nord Franche-Comté versera à Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A, à l'Hôpital Nord Franche-Comté et à la caisse primaire d'assurance maladie du Doubs.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Grossrieder, présidente,
Mme Besson, conseillère,
M. Seytel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
Le rapporteur,
J. C
La présidente,
S. Grossrieder
La greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet du Territoire de Belfort, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
(DEF)(/DEF)
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026