mardi 30 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2001977 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SIRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 13 décembre 2020 et 27 septembre 2023, la société par actions simplifiée (SAS) Distri Est, représentée par Me Sirat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 octobre 2020 par laquelle le directeur départemental des finances publiques de la Haute-Saône lui a indiqué, à la suite de la délibération du collège territorial de second examen de Lyon, qu'elle ne pouvait pas bénéficier du régime d'exonération prévu à l'article 44 quindecies du code général des impôts ;
2°) d'enjoindre au directeur départemental des finances publiques de la Haute-Saône de lui appliquer ce régime d'exonération ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- son activité, non sédentaire, s'exerce en partie en zone de revitalisation rurale, ce qui la rend éligible au bénéfice de l'exonération prévue par les dispositions de l'article 44 quindecies du code général des impôts ;
- elle n'a pas de communauté d'intérêts avec la société à responsabilité limitée (SARL) Dépôt Est.
Par des mémoires en défense enregistrés les 22 avril 2021 et 17 octobre 2023, le directeur départemental des finances publiques du Doubs conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que la prise de position en litige n'a pas, pour la société requérante, d'effets notables autres que fiscaux, et qu'un recours de plein contentieux pouvait être formé par la SAS Distri Est ;
- les moyens soulevés par la SAS Distri Est ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kiefer, conseillère,
- et les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Distri Est exerce une activité de dépôt de presse depuis le 1er juin 2018, en vertu d'un contrat de dépositaire conclu avec le journal l'Est Républicain, et s'occupe de la distribution quotidienne de ce journal. Le 25 mars 2019, elle a saisi l'administration fiscale afin qu'elle se prononce sur son droit à bénéficier du régime d'exonération d'impôt sur les bénéfices prévu à l'article 44 quindecies du code général des impôts. Par une décision du 6 mai 2019, l'administration fiscale a estimé que la société n'entrait pas dans le champ d'application de ces dispositions. Celle-ci a donc sollicité un nouvel examen de sa demande par le collège territorial de second examen de Lyon qui, réuni le 8 octobre 2020, a confirmé la position initiale du service. La SAS Distri Est demande l'annulation de la décision du 12 octobre 2020 par laquelle le directeur départemental des finances publiques de la Haute-Saône lui a indiqué, à la suite de la délibération du collège territorial de second examen de Lyon, qu'elle ne pouvait pas bénéficier du régime d'exonération prévu à l'article 44 quindecies du code général des impôts.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 44 quindecies du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " I. - Dans les zones de revitalisation rurale mentionnées à l'article 1465 A, les entreprises qui sont créées ou reprises entre le 1er janvier 2011 et le 31 décembre 2020, soumises de plein droit ou sur option à un régime réel d'imposition de leurs résultats et qui exercent une activité industrielle, commerciale, artisanale au sens de l'article 34 ou professionnelle au sens du 1 de l'article 92, sont exonérées d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur les sociétés à raison des bénéfices réalisés, à l'exclusion des plus-values constatées lors de la réévaluation des éléments d'actif, jusqu'au terme du cinquante-neuvième mois suivant celui de leur création ou de leur reprise et déclarés selon les modalités prévues à l'article 53 A. / Dans les zones mentionnées au B du II de l'article 1465 A, le premier alinéa du présent I ne s'applique qu'aux entreprises créées ou reprises jusqu'au 31 décembre 2018. / Les bénéfices ne sont soumis à l'impôt sur le revenu ou à l'impôt sur les sociétés que pour le quart, la moitié ou les trois quarts de leur montant selon qu'ils sont réalisés respectivement au cours de la première, de la deuxième ou de la troisième période de douze mois suivant cette période d'exonération. / II. - Pour bénéficier de l'exonération mentionnée au I, l'entreprise doit répondre aux conditions suivantes : / a) Le siège social de l'entreprise ainsi que l'ensemble de son activité et de ses moyens d'exploitation sont implantés dans les zones mentionnées au I. Lorsqu'une entreprise exerce une activité non sédentaire, réalisée en partie en dehors des zones précitées, la condition d'implantation est réputée satisfaite dès lors qu'elle réalise au plus 25 % de son chiffre d'affaires en dehors de ces zones. Au-delà de 25 %, les bénéfices réalisés sont soumis à l'impôt sur le revenu ou à l'impôt sur les sociétés dans les conditions de droit commun en proportion du chiffre d'affaires réalisé en dehors des zones déjà citées. Cette condition de chiffre d'affaires s'apprécie exercice par exercice ; / () e) L'entreprise n'est pas créée dans le cadre d'une extension d'activités préexistantes. L'existence d'un contrat, quelle qu'en soit la dénomination, ayant pour objet d'organiser un partenariat caractérise l'extension d'une activité préexistante lorsque l'entreprise créée ou reprenant l'activité bénéficie de l'assistance de ce partenaire, notamment en matière d'utilisation d'une enseigne, d'un nom commercial, d'une marque ou d'un savoir-faire, de conditions d'approvisionnement, de modalités de gestion administrative, contentieuse, commerciale ou technique, dans des conditions telles que cette entreprise est placée dans une situation de dépendance. / () ".
3. En premier lieu, il résulte de ces dispositions que le bénéfice de l'exonération d'impôt qu'elles instituent en faveur des entreprises nouvelles dans les zones de revitalisation rurale dépend de la nature de l'activité exercée par l'entreprise. Si cette activité est sédentaire, c'est-à-dire qu'elle est réalisée au sein des locaux de l'entreprise, cette exonération s'applique à la condition que le siège social et l'ensemble des moyens d'exploitation de l'entreprise soient implantés dans une zone de revitalisation rurale. Lorsque cette activité a un caractère non sédentaire, c'est-à-dire qu'elle est exercée, à raison de ses caractéristiques mêmes, pour une bonne part à l'extérieur des locaux de l'entreprise, cette dernière bénéficie néanmoins du régime d'imposition institué en faveur des entreprises sédentaires si son siège social et l'ensemble des moyens d'exploitation dédiés à l'activité exercée sont implantés dans une zone de revitalisation rurale et à la condition que l'activité exercée en dehors d'une telle zone corresponde au plus à 25 % de son chiffre d'affaires. Si cette part est supérieure à 25 %, seul son chiffre d'affaires résultant de l'activité exercée dans la zone de revitalisation rurale ouvre droit au régime d'exonération d'impôt en faveur des entreprises nouvelles.
4. S'il n'est pas contesté que la SAS Distri Est exerce une activité non sédentaire, que son siège social se trouve à Saponcourt, dans la zone de revitalisation rurale de la Haute-Saône, tout comme certaines communes faisant partie de la zone de distribution du journal l'Est Républicain, et qu'une partie de son chiffre d'affaires est réalisée dans cette zone, il ressort toutefois des pièces du dossier, notamment du courriel adressé par M. B, le dirigeant de la société, à l'administration fiscale le 3 mai 2019, que les journaux sont livrés à Luxeuil-les-Bains puis répartis entre colporteurs et clients professionnels dans un dépôt situé à Lure, ces deux communes ne faisant pas partie de cette zone de revitalisation rurale. La commune de Frotey-les-Lure, où M. B s'occupe d'une partie de la comptabilité de l'entreprise, le reste étant traité par un cabinet comptable situé à Lure, n'est pas non plus située dans cette zone. Par suite, alors que l'ensemble des moyens d'exploitation dédiés à l'activité de la société n'est pas implanté dans une zone de revitalisation rurale, celle-ci n'est pas fondée à soutenir qu'elle répond à la condition fixée par les dispositions du a) de l'article 44 quindecies de code général des impôts.
5. En second lieu, il résulte des dispositions citées au point 2 que le législateur a entendu refuser le bénéfice de l'exonération prévue au I de l'article 44 quindecies précité aux entreprises qui, eu égard à la similarité ou à la complémentarité de leur objet par rapport à celui d'entreprises antérieurement créées et aux liens de dépendance qui les unissent à ces dernières, sont privées de toute autonomie réelle et constituent de simples émanations de ces entreprises.
6. Il est constant que M. A et M. C, deux des trois associés de la SAS Distri Est, sont également les deux seuls associés de la SARL Dépôt Est, créée le 20 octobre 2017, que les deux sociétés exercent la même activité de distribution de journaux, même si le secteur géographique de distribution est différent, et que leur siège social est situé au même endroit, au domicile de M. A à Saponcourt. Dans ces conditions, la SAS Distri Est, eu égard à la similarité de son activité avec la SARL Dépôt Est et aux liens, notamment personnels et financiers, de dépendance qui unissent les deux entreprises, ne peut être regardée que comme ayant été créée dans le cadre de l'extension de l'activité exercée auparavant par la SARL Dépôt Est, au sens du e) du II de l'article 44 quindecies du code général des impôts. Ainsi, c'est à bon droit que l'administration a considéré que la SAS Distri Est ne pouvait pas bénéficier du régime d'exonération prévu par l'article 44 quindecies du code général des impôts.
7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions de la SAS Distri Est tendant à l'annulation de la décision du 12 octobre 2020 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Distri Est est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Distri Est et à la directrice départementale des finances publiques du Doubs.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Schmerber, présidente,
- Mme Diebold, première conseillère,
- Mme Kiefer, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2024.
La rapporteure,
L. Kiefer
La présidente,
C. SchmerberLa greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026