mardi 5 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2100001 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SIRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 janvier 2021 et 23 juin 2023, la société à responsabilité limitée (SARL) Simon Graphic, représentée par Me Sirat, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des suppléments d'impôt sur les sociétés mis à sa charge suivant avis de mise en recouvrement n°18.07.05006 en principal, intérêts et majoration ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice.
Elle soutient que :
- la proposition de rectification n'était pas suffisamment motivée en fait mais aussi en raison de sa motivation par renvoi à un courrier du 3 mai 2019, en méconnaissance de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ;
- l'insuffisance de motivation constitue une erreur substantielle au sens de l'article L. 80 du livre des procédures fiscales, entraînant la nullité de la procédure d'imposition et la décharge de l'ensemble des impositions réclamées ;
- la proposition de rectification n'a, par conséquent, pas interrompu la prescription, qui est désormais acquise à la société en l'absence de notification d'un acte régulièrement motivé à la société avant l'expiration du délai de reprise pour l'exercice 2016 le 31 décembre 2019.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 avril 2021, l'administratrice générale des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Est conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Poitreau, premier conseiller, pour présider la première chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Diebold, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) Simon Graphic exerce une activité d'imprimerie à Ornans. A l'issue d'une vérification de comptabilité portant sur la période courant du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018, l'administration fiscale lui a notifié, par une proposition de rectification du 6 novembre 2019, son intention de rehausser le résultat fiscal imposable à l'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos au 31 décembre 2016 de 250 386 euros. La réponse aux observations du contribuable du 13 novembre 2020 a acté l'abandon des intérêts de retard et le maintien des rectifications. Ces impositions ont été mises en recouvrement par un avis du 28 février 2020 pour un montant de 83 462 euros. Par sa requête, la SARL Simon Graphic demande la décharge de ces impositions.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler utilement ses observations. En revanche, sa régularité ne dépend pas du bien-fondé de ces motifs.
3. En l'espèce, la proposition de rectification du 6 novembre 2019 mentionne l'impôt sur lequel elle porte, les périodes d'imposition, et rappelle les règles relatives aux opérations de dissolution sans liquidation et selon lesquelles les reports déficitaires de la société absorbée peuvent être transférés à la société absorbante sur agrément. Elle mentionne que la société Simon Graphic a effectué une déclaration de dissolution sans liquidation de la société absorbée le 23 novembre 2016, a sollicité le lendemain cet agrément puis a déduit de son résultat fiscal au titre de l'exercice clos au 31 décembre 2016 le déficit de la société absorbée. L'administration indique ensuite que l'agrément prévu à l'article 209-II du code général des impôts permettant les reports déficitaires de la société absorbée lui a été refusé par un courrier du 3 mai 2019 car il a été considéré que la société confondue avait fait l'objet de plusieurs changements significatifs. L'administration précise en suite que, malgré le refus de cet agrément, la requérante n'avait pas déposé de déclaration rectificative au titre de l'exercice clos au 31 décembre 2016 et qu'il s'ensuit le rehaussement du résultat fiscal imposable à l'impôt sur les sociétés. Enfin, la proposition de rectification mentionne que la société a indiqué, lors de la vérification, avoir reçu le refus d'agrément et avoir décidé de contester cette décision devant le tribunal administratif de Lyon. Le motif tiré du refus de l'agrément prévu par l'article 209-II du code général des impôts constitue en lui-même le motif justifiant la remise en cause des déductions du résultat fiscal opéré au titre de l'exercice clos de 2016, et n'a pas à être davantage explicité dans la proposition de rectification. Dans les circonstances de l'espèce, ces indications permettaient à la société requérante de faire valoir utilement ses observations concernant le rehaussement d'impôt sur les sociétés dont elle a fait l'objet. Par suite, le moyen tiré de ce que la proposition de rectification ne serait pas suffisamment motivée, en méconnaissance de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales, doit être écarté. La procédure d'imposition n'est par conséquent pas entachée d'une erreur substantielle et la prescription évoquée par la requérante n'a pas été acquise.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge doivent être rejetées. Doivent également être rejetées par voie de conséquence les conclusions de la requête présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de la SARL Simon Graphic est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Simon Graphic et à l'administratrice générale des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal centre-est.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Poitreau, premier conseiller faisant fonction de président,
- Mme Diebold, première conseillère,
- Mme Goyer-Tholon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2023.
La rapporteure,
N. DieboldLe premier conseiller faisant fonction de président,
G. Poitreau
La greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026