mardi 14 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2100426 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PAPONNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 17 mars 2021 et 1er mars 2022, M. A B, représenté par Me Paponnet, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015, 2016 et 2017, ainsi que des majorations et intérêts de retard correspondants ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'administration fiscale a ajouté des conditions à l'article 93 du code général des impôts ;
- un mandat conjoint et solidaire ne fait pas perdre la propriété exclusive du mandat ;
- la mise en commun des commissions et le partage égalitaire du résultat d'exploitation n'empêche pas l'individualisation des commissions.
Par des mémoires en défense enregistrés les 8 septembre 2021 et 1er août 2022, le directeur départemental des finances publiques du Doubs conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kiefer, conseillère,
- les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique,
- et les observations de Me Paponnet, pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B exerce une activité d'agent général d'assurances dans le cadre d'une société en participation créée avec l'un de ses confrères le 1er juillet 2011. Pour la détermination du revenu imposable qu'il a tiré de cette activité au cours des années 2015, 2016 et 2017, il a opté pour le régime prévu par les dispositions du 1 ter de l'article 93 du code général des impôts. A l'issue d'une vérification de comptabilité s'étant déroulée du 11 septembre au 28 novembre 2018, l'administration fiscale a estimé que l'option ainsi exercée par le requérant n'était pas valable au motif que les commissions versées aux deux agents n'étaient pas individualisées par la compagnie d'assurances et que le partage des résultats entre les intéressés en fonction d'une clef de répartition ne reflétait pas l'exercice personnel d'un mandat par chacun d'eux. Par une réclamation du 13 juillet 2020, M. B a contesté les cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015, 2016 et 2017. Par une décision en date du 21 janvier 2021, l'administration fiscale a rejeté cette réclamation. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. Aux termes de l'article 93 du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " () 1 ter. Les agents généraux d'assurances et leurs sous-agents peuvent demander que le revenu imposable provenant des commissions versées par les compagnies d'assurances qu'ils représentent, ès qualités, soit déterminé selon les règles prévues en matière de traitements et salaires. / Ce régime est subordonné aux conditions suivantes : / Les commissions reçues doivent être intégralement déclarées par les tiers ; / Les intéressés ne doivent pas bénéficier d'autres revenus professionnels, à l'exception de courtages et autres rémunérations accessoires se rattachant directement à l'exercice de leur profession ; / Le montant brut de ces courtages et rémunérations accessoires ne doit pas excéder 10 % du montant brut des commissions. / La demande doit être adressée au service des impôts du lieu d'exercice de la profession avant le 1er mars de l'année au titre de laquelle l'imposition est établie. L'option demeure valable tant qu'elle n'a pas été expressément dénoncée dans les mêmes conditions. / Les contribuables ayant demandé l'application de ce régime doivent joindre à leur déclaration annuelle un état donnant la ventilation des sommes reçues suivant les parties versantes () ".
3. Il résulte de l'instruction, et notamment des statuts de la société en participation créée par le requérant et son confrère le 1er juillet 2011, que les deux agents demeurent individuellement et personnellement titulaires des mandats qui leur sont conférés conjointement et solidairement par la compagnie d'assurances qu'ils représentent, dont ils ont convenu de partager à égalité les commissions versées. En outre, la compagnie d'assurances, après avoir versé les commissions globalement sur un compte au nom des deux associés, déclare chaque année la moitié de ces sommes également au nom de chacun des associés, dans les conditions prévues à l'article 240 de code général des impôts. Les modalités d'exploitation du mandat d'agent général d'assurances par l'intermédiaire d'une société en participation, ainsi décrites, qui ne sont pas suffisantes pour caractériser l'exercice de la profession par la société elle-même, et permettent à l'administration fiscale de contrôler la concordance entre le montant des sommes perçues par M. B et celui des commissions que la compagnie d'assurances a déclaré avoir versées à son nom, ne sont pas de nature à priver le requérant du bénéfice de l'option prévue par le 1 ter de l'article 93 du code général des impôts. Par suite, c'est à tort que l'administration lui a refusé le bénéfice de cette option au titre des années 2015, 2016 et 2017.
4. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015, 2016 et 2017, ainsi que des majorations et intérêts de retard correspondants.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et alors qu'une facture justifiant des honoraires d'avocat dus par le requérant à son conseil est versée au dossier, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée de 1 800 euros à verser à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est déchargé des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015, 2016 et 2017, ainsi que des majorations et intérêts de retard correspondants.
Article 2 : L'Etat versera une somme de 1 800 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques du Doubs.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Schmerber, présidente,
- Mme Diebold, première conseillère,
- Mme Kiefer, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2023.
La rapporteure,
L. Kiefer
La présidente,
C. SchmerberLa greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026