mardi 13 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2100616 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SIRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 avril 2021, M. A C, représenté par Me Schaufelberger, demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2015 ainsi que des pénalités correspondantes.
Il soutient que :
- la soulte de 79 675 euros qu'il a versée à son ex-épouse en contrepartie de l'acquisition des droits de cette dernière sur les titres cédés en 2015 doit être comprise dans le prix de revient desdits titres cédés, qu'il est en droit de déduire du montant de la plus-value de cession en application de l'article 150-0 A du code général des impôts, sans qu'y fasse obstacle le régime de faveur institué au IV de cet article au profit du copartageant non attributaire ;
- le prix d'acquisition des titres doit s'entendre de la valeur des titres cédés au jour de leur entrée dans l'indivision, c'est-à-dire au jour de la dissolution de la communauté entre époux, le 1er juillet 2005, date à laquelle les six cents parts provenant des droits de son ex-épouse avaient une valeur certaine de 79 675 euros selon la convention conclue le 24 janvier 2007.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2021, l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Est conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Guitard, première conseillère,
- et les conclusions de M. Poitreau, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, associé majoritaire à 99,99 % et dirigeant entre 1993 et 2015 de la SAS SV Bureau, créée en 1989 pour exercer une activité de vente et de maintenance de photocopieurs, imprimantes et matériels de bureau, a cédé, le 28 avril 2015, les 1 199 parts de la société qu'il détenait pour un prix global de 944 656 euros. Le 23 mai 2016, il a déclaré à ce titre une plus-value de cession de titres de 830 000 euros, montant ramené à 49 530 euros après application d'abattements à hauteur de 780 670 euros. Par une proposition de rectification du 16 juillet 2018, l'administration fiscale a informé M. C qu'elle envisageait de rectifier le calcul de la plus-value de cession de titres déclarée en portant le montant de 49 530 euros à 57 820 euros, après abattements. Après que M. C a formulé des observations le 3 septembre 2018, les rectifications envisagées ont été confirmées par l'administration fiscale le 31 octobre 2018 et la réclamation formée par le contribuable a été rejetée par une décision du 16 février 2021. M. C demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux à laquelle il a été assujetti à raison de la rectification du calcul de la plus-value de cession de titres réalisée en 2015.
2. Aux termes de l'article 150-0 A du code général des impôts dans sa version en vigueur au 31 décembre 2015 : " I.-1. Sous réserve des dispositions propres aux bénéfices industriels et commerciaux, aux bénéfices non commerciaux et aux bénéfices agricoles ainsi que des articles 150 UB et 150 UC, les gains nets retirés des cessions à titre onéreux, effectuées directement, par personne interposée ou par l'intermédiaire d'une fiducie, de valeurs mobilières, de droits sociaux, de titres mentionnés au 1° de l'article 118 et aux 6° et 7° de l'article 120, de droits portant sur ces valeurs, droits ou titres ou de titres représentatifs des mêmes valeurs, droits ou titres, sont soumis à l'impôt sur le revenu. () IV.- Le I ne s'applique pas aux partages qui portent sur des valeurs mobilières, des droits sociaux et des titres assimilés, dépendant d'une succession ou d'une communauté conjugale et qui interviennent uniquement entre les membres originaires de l'indivision, leur conjoint, des ascendants, des descendants ou des ayants droit à titre universel de l'un ou de plusieurs d'entre eux. Il en est de même des partages portant sur des biens indivis issus d'une donation-partage et des partages portant sur des biens indivis acquis par des partenaires ayant conclu un pacte civil de solidarité ou par des époux, avant ou pendant le pacte ou le mariage. Ces partages ne sont pas considérés comme translatifs de propriété dans la mesure des soultes ou plus-values. ". Aux termes de l'article 150-0 D du même code : " 1. Les gains nets mentionnés au I de l'article 150-0 A sont constitués par la différence entre le prix effectif de cession des titres ou droits, net des frais et taxes acquittés par le cédant, et leur prix effectif d'acquisition par celui-ci diminué, le cas échéant, des réductions d'impôt effectivement obtenues dans les conditions prévues à l'article 199 terdecies-0 A, ou, en cas d'acquisition à titre gratuit, leur valeur retenue pour la détermination des droits de mutation. ".
3. Il résulte de l'instruction que M. C, marié depuis 1977 sous le régime de la communauté de biens réduite aux acquêts, a reçu six cents actions de la société SV Bureau lors de la constitution de celle-ci, le 31 janvier 1989, après avoir apporté au capital de la société la somme de 60 000 francs en numéraire. Le 30 septembre 1993, il a acquis les six cents autres actions détenues dans cette société par son associé, moyennant la somme de 260 000 francs. Par un jugement du 4 avril 2007, le divorce entre M. C et son épouse a été prononcé. Les mille deux cents actions de la SV Bureau ont été évaluées à 159 350 euros et attribuées en totalité à M. C, à charge pour ce dernier de verser la somme de 79 675 euros à titre de soulte à son ex-épouse. Le 4 avril 2007, M. C a cédé une action de la société SV Bureau à son fils B, moyennant le prix de 787,87 euros. Le 28 avril 2015, M. C a cédé les 1 199 actions de la société SV Bureau qu'il détenait aux sociétés Groupe Esus et Plinvest 25, moyennant la somme globale de 944 656,13 euros. Le 23 mai 2016, M. C a déclaré la plus-value résultant de cette cession de titres pour un montant de 830 000 euros, avant abattements. L'administration fiscale a remis en cause le calcul de la plus-value de cession déclarée au motif que le contribuable ne pouvait pas déduire la soulte de 79 675 euros versée à son ex-épouse lors de l'attribution exclusive à M. C des titres ayant constitué des biens communs.
4. D'une part, il résulte des dispositions dérogatoires précitées du IV de l'article 150-0 A du code général des impôts, que M. C, attributaire de l'ensemble des titres de la société SV Bureau à la dissolution de la communauté conjugale au 1er juillet 2005, était imposable sur la plus-value qu'il a réalisée lors de la cession des titres, le 28 avril 2015, et que, réputé détenir les titres depuis leur entrée dans la communauté conjugale en 1989 et en 1993, il n'était pas fondé à déduire de ce montant la soulte versée à son ex-épouse, non attributaire, à titre de compensation lors du partage des biens mettant fin à la communauté conjugale, qui ne constituait pas un élément du prix d'acquisition des titres.
5. D'autre part, l'administration fiscale était en droit de considérer que les titres cédés avaient été acquis pour leur valeur à la date de leur acquisition par la communauté conjugale, soit en 1989 et en 1993.
6. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander la décharge des impositions contestées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Est.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Trottier, président,
- Mme Guitard, première conseillère,
- Mme Diebold, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 13 juin 2023.
La rapporteure,
F. GuitardLe président,
T. Trottier
La greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances, et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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