jeudi 23 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2100737 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 mai 2021, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal l'annulation de la décision du 15 octobre 2020 par laquelle le vice-président de Grand Besançon Métropole a refusé de lui verser une subvention, ainsi que la décision du 25 février 2021 par laquelle le vice-président de Grand Besançon Métropole a rejeté son recours gracieux.
M. A soutient qu'il remplit les conditions prévues à l'article R. 321-13 du code de la construction et de l'habitation pour pouvoir bénéficier de la subvention qu'il a sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2021, l'Agence nationale de l'habitat (Anah) conclut au rejet de la requête.
L'Anah fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
La procédure a été communiquée à Grand Besançon Métropole, qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Seytel,
- les conclusions de M. C,
- les observations de M. A et de Mme D, pour Grand Besançon Métropole.
Considérant ce qui suit :
1. Par une demande du 3 octobre 2020, M. A a sollicité le bénéficie d'une subvention auprès de l'Anah en vue de la rénovation énergétique de son logement. Par une décision du 15 octobre 2020, cette demande a été refusée par le vice-président de Grand Besançon Métropole. M. A a formé un recours gracieux, qui a été rejeté le 25 février 2021. M. A doit être compris comme demandant l'annulation de ces décisions.
2. Aux termes de l'article R. 312-12 du code de la construction et de l'habitation : " I. L'agence peut accorder des subventions () 2° Aux propriétaires ou à tout autre titulaire d'un droit réel conférant l'usage des locaux pour les logements qu'ils occupent eux-mêmes dans les conditions prévues à l'article R. 321-20 ". Par ailleurs, aux termes du deuxième paragraphe de l'article R. 321-13 du même code : " Pour les logements acquis dans le cadre des dispositions prévues aux articles L. 443-7 à L. 443-15-5, les bénéficiaires mentionnés aux 2° et 3° du I de l'article R. 321-12 ne peuvent se voir octroyer une aide qu'à l'expiration d'un délai de cinq ans à compter de la date d'acquisition. Toutefois, ce délai peut être réduit lorsque le projet vise l'adaptation du logement aux besoins spécifiques d'une personne âgée ou handicapée ". Enfin, aux termes de l'article L. 443-7 du même code, alors en vigueur : " Les organismes d'habitations à loyer modéré peuvent aliéner aux bénéficiaires prévus à l'article L. 443-11 des logements ou des ensembles de logements construits ou acquis depuis plus de dix ans par un organisme d'habitations à loyer modéré " et aux termes du II de l'article L. 443-11 du même code : " Un logement occupé ne peut être vendu qu'à son locataire, s'il occupe le logement depuis au moins deux ans () ".
3. Il résulte de ces dispositions que le locataire qui acquiert son logement alors propriété d'un organisme d'habitation à loyer modéré ne peut bénéficier d'une subvention de l'Anah qu'à l'issue de l'écoulement d'un délai de cinq ans qui débute à la date d'acquisition du logement. Ce délai peut être réduit si les travaux objets de la demande de subvention visent à adapter le logement aux besoins spécifiques d'une personne âgée ou handicapée.
4. D'une part, il est constant que M. A a acquis le logement qu'il occupait auprès de son bailleur, organisme à loyer modéré, HLM Néolia. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que les travaux pour lesquels il a sollicité le financement visent à adapter son logement aux besoins spécifiques d'une personne âgée ou handicapée. Dans ces conditions, M. A ne pouvait bénéficier de la subvention sollicitée qu'à l'issue d'un délai de cinq ans à compter de la date d'acquisition de son logement. Or il est constant qu'au 3 octobre 2020, date à laquelle il a sollicité une subvention auprès de l'Anah, ce délai de cinq ans ne s'était pas écoulé. La double circonstance que ce délai de cinq ans ne concerne que les logements acquis auprès d'organismes à loyer modéré, dès lors que les acquéreurs concernés bénéficient déjà d'aides pour l'acquisition de leur logement et que le dispositif de subvention pourrait ne plus exister lorsque ce délai sera écoulé, ne permet pas à l'Anah de déroger aux dispositions rappelées au point 2. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision est entachée d'une erreur de droit doit être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions qu'il conteste.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'Agence nationale de l'habitat.
Une copie du présent jugement sera adressée, pour information, à Grand Besançon Métropole.
Délibéré après l'audience du 26 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Grossrieder, présidente,
Mme Besson, conseillère,
M. Seytel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.
Le rapporteur,
J. Seytel
La présidente,
S. Grossrieder
La greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne à la ministre de la transition énergétique, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
(DEF)(/DEF)
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