LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2100905

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2100905

mardi 13 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2100905
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantBENSAID

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 4 juin 2021 et 13 mai 2022, M. B A, représenté par Me Bensaid, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à lui verser la somme de 349 679,23 euros en réparation des préjudices résultant de l'accident médical non fautif survenu lors de l'intervention chirurgicale subie le 14 avril 2014 au centre hospitalier de Dole ;

2°) de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'accident médical non fautif dont il a été victime, qui survient avec une fréquence de 1 à 2 % des cas, lui permet de prétendre à une indemnisation au titre de la solidarité nationale en application du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique ;

- il justifie avoir exposé des frais de transport pour des consultations médicales, notamment pour assurer le suivi de sa sonde et de son stimulateur, à hauteur de 532,91 euros, et avoir dû acquérir une plaque de cuisson à induction, pour un prix de 578,35 euros, en raison d'une incompatibilité entre son stimulateur et son ancienne plaque de cuisson ;

- entre le mois de septembre 2016 et le 1er janvier 2020, il a subi une perte de gains professionnels actuels qu'il évalue à 20 794,80 euros ;

- travaillant à temps partiel à hauteur de 62,83 % depuis le 1er janvier 2020, sa perte de gains professionnels futurs liée à la diminution de son temps de travail peut être évaluée à 22 644,67 euros, ou a minima à 21 137,73 euros ;

- étant conducteur de machines, son placement sur un poste aménagé, la pénibilité accrue de son emploi et la perte de chance d'évolution professionnelle vers un poste de chef d'atelier sont à l'origine d'une incidence professionnelle qu'il chiffre à 150 000 euros ;

- étant désormais dans l'incapacité de conduire sur de longues distances alors qu'il doit notamment faire surveiller la sonde de stimulation et le stimulateur au centre hospitalier de Colmar, sa mère l'accompagne sur de longs trajets une dizaine de fois dans l'année et il est permis d'évaluer le poste de préjudice tenant à l'assistance par une tierce personne à 30 745,50 euros ;

- il réserve le poste de préjudice relatif aux dépenses de santé futures tenant à la surveillance de la sonde de stimulation et du stimulateur ;

- son déficit fonctionnel temporaire peut être évalué à 3 883 euros ;

- les souffrances temporaires endurées, évaluées à 3,5 sur une échelle de 7, pourront faire l'objet d'une indemnisation à hauteur de 6 000 euros ;

- son préjudice esthétique temporaire estimé à 0,5 sur une échelle de 7 pourra faire l'objet d'une indemnisation à hauteur de 1 000 euros ;

- son déficit fonctionnel permanent de 30 % lui ouvre droit à une indemnisation à hauteur de 57 000 euros ;

- son préjudice d'agrément lié à l'impossibilité de pratiquer l'airsoft pourra être indemnisé a minima pour un montant de 5 000 euros ;

- son préjudice esthétique permanent, évalué à 0,5 sur une échelle de 7, doit lui permettre de bénéficier d'une indemnité de 1 500 euros ;

- son préjudice sexuel total justifie l'allocation d'une indemnité de 50 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2021, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) représenté par Me Welsch demande au tribunal :

1°) de réduire à de plus justes propositions les prétentions du requérant en lui accordant une indemnité globale maximale de 27 490,25 euros ;

2°) de rejeter les conclusions du requérant présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il s'en remet à la sagesse du tribunal quant à l'existence d'un accident médical non fautif ouvrant droit à indemnisation au titre de la solidarité nationale, qu'il ne conteste pas ;

- il se réserve la possibilité de produire ultérieurement des observations concernant le chef de préjudice tenant aux dépenses de santé actuelles ;

- le requérant ne justifie pas du lien direct et certain entre, d'une part, les frais de transport et d'achat d'une plaque de cuisson exposés et, d'autre part, l'accident médical litigieux ;

- la perte de gains actuels du requérant peut être évaluée à 4 422 euros au maximum ;

- en l'absence de démonstration d'une perte de chance d'avancement et alors que M. A a pu reprendre une activité professionnelle à temps partiel sur un poste aménagé, les prétentions du requérant en matière d'incidence professionnelle devront être écartées ;

- la perte de gains professionnels futurs n'est pas évaluable en l'absence de production de l'avis d'imposition des revenus perçus en 2020 et des bulletins de paye de l'année 2021 ;

- en l'absence de justification de la nécessité d'être conduit sur de longs trajets à raison de cinquante heures par an, les prétentions du requérant en matière d'assistance par une tierce personne devront être écartées ;

- le déficit fonctionnel temporaire du requérant pourra être indemnisé à hauteur de 2 711,25 euros ;

- les souffrances endurées par le requérant en lien avec l'aggravation de son état de santé, qui doivent être estimées à 1 sur une échelle de 7, pourront être évaluées à 1 000 euros ;

- le préjudice esthétique temporaire de M. A, très léger puisqu'évalué à 0,5 sur une échelle de 7, n'est pas de nature à justifier une indemnisation à ce titre ;

- le taux de déficit fonctionnel permanent en lien avec l'aggravation de l'état de santé du requérant, qui est de 20 % en l'absence de troubles psychiques définitifs ou pérennes certains, pourra faire l'objet d'une indemnisation à hauteur de 12 757 euros au maximum ;

- en l'absence de démonstration d'un préjudice d'agrément, ce chef de préjudice devra être écarté ;

- le préjudice esthétique permanent évalué à 0,5 sur une échelle de 7 pourra être indemnisé à hauteur de 600 euros ;

- le préjudice sexuel du requérant est susceptible de justifier une indemnité maximale de 6 000 euros.

Par un mémoire enregistré le 3 mai 2023, la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Saône n'entend pas intervenir dans l'instance.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Guitard, première conseillère,

- les conclusions de M. Poitreau, rapporteur public,

- et les observations de Me Bensaid, pour M. A ;

Considérant ce qui suit :

1. Le 1er avril 2014, M. A, né le 15 décembre 1981, conducteur de machines automatisées, a ressenti une douleur inguinale gauche suraigüe en soulevant une charge lourde dans le cadre de son activité professionnelle. Il a été transporté au service des urgences du centre hospitalier de Dole où il a été constaté l'existence d'une hernie inguinale gauche d'effort qui s'est réduite spontanément. Le 14 avril 2014, M. A a subi une cure de hernie inguinale. Par la suite, M. A a toutefois ressenti des douleurs névralgiques sur la cicatrice inguinale, provenant d'une irritation du nerf ilio inguinal. Le 10 novembre 2015, M. A a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de Franche-Comté (CCI) qui a fait diligenter une expertise auprès d'un chirurgien qui a conclu, dans son rapport du 30 janvier 2016, à la survenue d'un accident médical non fautif et à la consolidation de l'état de santé de l'intéressé. Le 29 février 2016, la CCI a estimé que l'indemnisation des préjudices subis par M. A incombait à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales au titre de la solidarité nationale. Au mois de mars 2017, l'ONIAM a adressé une offre d'indemnisation transactionnelle à M. A qui a été acceptée par l'intéressé. Le montant arrêté à 37 796,24 euros a été réglé à M. A le 5 avril 2017. Les infiltrations et traitements médicamenteux prescrits n'ont pas permis de remédier aux douleurs névralgiques devenues chroniques et M. A a développé un syndrome dépressif consécutif à ces douleurs. M. A, estimant que son état de santé s'était aggravé, a de nouveau saisi la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de Franche-Comté qui a missionné le même expert. Dans son nouveau rapport rédigé le 12 février 2020, l'expert a conclu à une aggravation de l'état de santé de M. A et à une nouvelle consolidation. Par un avis rendu le 1er juillet 2020, la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de Franche-Comté a estimé qu'il appartenait à l'ONIAM d'adresser une nouvelle offre d'indemnisation à M. A au titre de l'aggravation de son état de santé. Le 18 mars 2021, l'ONIAM a adressé une offre d'indemnisation transactionnelle partielle d'un montant de 23 067,25 euros à M. A, que ce dernier a refusée, l'estimant insuffisante. M. A demande au tribunal administratif de condamner l'ONIAM à l'indemniser au titre des préjudices résultant de l'aggravation de son état de santé.

Sur l'indemnisation au titre de la solidarité nationale :

2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret. ". Aux termes de l'article D. 1142-1 du même code : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 %. / Présente également le caractère de gravité mentionné au II de l'article L. 1142-1 un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ayant entraîné, pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50 %. / A titre exceptionnel, le caractère de gravité peut être reconnu : / 1° Lorsque la victime est déclarée définitivement inapte à exercer l'activité professionnelle qu'elle exerçait avant la survenue de l'accident médical, de l'affection iatrogène ou de l'infection nosocomiale ; / 2° Ou lorsque l'accident médical, l'affection iatrogène ou l'infection nosocomiale occasionne des troubles particulièrement graves, y compris d'ordre économique, dans ses conditions d'existence. ".

3. Il résulte de l'instruction et en particulier de l'expertise produite, que l'indication chirurgicale de cure de hernie inguinale était justifiée et que l'intervention a été réalisée selon les règles de l'art. La complication apparue tenant à une irritation du nerf ilio inguinal induisant des douleurs névralgiques, dont l'expert indique qu'elle survient avec une fréquence de 1 à 2 % des cas, constitue un accident non fautif. Après aggravation de l'état de santé de M. A, le taux d'incapacité permanente partielle de ce dernier tenant aux douleurs physiques chroniques résiduelles et au syndrome dépressif développé peut être évalué à 30 %. En l'absence de détermination du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique qui aurait été celui de l'intéressé en l'absence d'intervention chirurgicale, il y a toutefois lieu d'examiner la possibilité pour M. A de bénéficier d'une indemnisation au titre de la solidarité nationale au vu de la durée de ses arrêts temporaires d'activité professionnelle. Il résulte de l'instruction que M. A a subi une incapacité temporaire de travail d'au moins six mois consécutifs, en particulier du 25 mai au 31 novembre 2014, et que la condition prévue au deuxième alinéa de l'article D. 1142-1 du code de la santé publique pour prétendre à une indemnisation au titre de la solidarité nationale est donc remplie.

Sur les préjudices :

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :

S'agissant des préjudices temporaires :

4. Si M. A soutient avoir exposé des frais de transport pour des consultations médicales, notamment pour assurer le suivi de sa sonde et de son stimulateur, et avoir dû acquérir une plaque de cuisson à induction en raison d'une incompatibilité entre son stimulateur et son ancienne plaque de cuisson, il ne justifie pas de consultations médicales qui auraient induit des frais de transport indemnisables ni de la nécessité, pour raisons médicales, du changement de table de cuisson.

5. Il résulte de l'instruction et notamment des avis d'imposition produits, qu'après prise en compte des indemnités journalières perçues par M. A durant ses arrêts de travail, il sera fait une juste appréciation de la perte de gains professionnels actuels du requérant durant la période du mois de septembre 2016 au 26 mai 2020, date de consolidation de son état de santé, en la fixant à 5 691 euros.

S'agissant des préjudices permanents :

6. Il résulte de l'instruction que le requérant, conducteur de machine spéciale pour le même employeur depuis le mois de janvier 2014, a repris son activité professionnelle sur un poste aménagé à temps partiel à hauteur de 62,83 % le 1er janvier 2020 et a été placé en invalidité de catégorie 1 avec perception d'une pension d'invalidité en raison des conséquences de l'intervention chirurgicale du 14 avril 2014. Dans ces conditions, M. A a droit à l'indemnisation de ses pertes de gains professionnels permanents entre le 26 mai 2020, date de consolidation de son état de santé, jusqu'à la date à laquelle il pourrait prendre sa retraite, soit l'âge de soixante-quatre ans. Au vu des avis d'impôt sur les revenus qu'il a perçus respectivement en 2015 et en 2020, en tenant compte de la pension d'invalidité versée au requérant à compter de 2020, après application du barème de capitalisation de la Gazette du Palais 2022 qui prévoit, pour un homme de quarante et un an à la date du présent jugement et de soixante-quatre ans à la date du dernier arrérage, l'application d'un coefficient de rente temporaire de 24,857 et sur la base d'une perte de gain annuelle de 3 167 euros, le préjudice permanent passé pour la période du 26 mai 2020 au 13 juin 2023 et le préjudice permanent futur de M. A peuvent être évalués globalement à la somme de 88 379 euros. Il résulte ainsi de l'instruction que M. A peut prétendre à une juste indemnisation de sa perte de gains professionnels futurs à hauteur de 88 379 euros.

7.

M. A soutient qu'étant conducteur de machines, il a dû être placé sur un poste aménagé et a perdu une chance d'évolution professionnelle vers un poste de chef d'atelier, faute de pouvoir suivre les formations qui permettraient cette évolution. Il résulte toutefois de l'instruction que M. A, qui a été en mesure de reprendre une activité professionnelle à temps partiel sur un poste aménagé, ne justifie pas d'une pénibilité accrue sur son emploi. Il ne justifie pas davantage d'une chance sérieuse d'évolution professionnelle dont il aurait été privé du fait d'une impossibilité, du fait de son handicap, de suivre une formation requise. Par suite, et alors au demeurant que M. A perçoit une pension d'invalidité qui, en application de l'article L. 341-1 du code de la sécurité sociale, a pour objet de réparer en particulier l'incidence professionnelle de son incapacité, il ne résulte pas de l'instruction l'existence d'un préjudice d'incidence professionnelle susceptible de justifier une indemnisation.

8. M. A soutient qu'il est désormais dans l'incapacité de conduire sur de longues distances alors qu'il doit notamment faire surveiller sa sonde de stimulation et son stimulateur au centre hospitalier de Colmar et que sa mère, qui réside dans le Pas-de-Calais, l'accompagne sur de longs trajets une dizaine de fois dans l'année, à raison de cinquante heures annuelles. M. A ne justifie toutefois pas d'actes de la vie courante justifiant l'assistance d'une tierce personne, ni au demeurant de la nécessité de faire appel à un tiers pour le conduire, alors qu'il résulte de l'instruction qu'il a pu se rendre à Colmar en transport ferroviaire. Aucune indemnisation n'est donc due à ce titre de la part de l'ONIAM.

En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux :

S'agissant des préjudices temporaires :

9. Il résulte de l'instruction et notamment des rapports d'expertise médicale établis les 30 janvier 2016 et 12 février 2020 et du procès-verbal de la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de Franche-Comté du 1er juillet 2020, qu'à la suite de l'aggravation de l'état de santé de M. A et avant la consolidation de son état après aggravation, le 26 mai 2020, l'intéressé a subi dix-neuf jours d'incapacité temporaire totale en raison de périodes d'hospitalisation, les 26 janvier et 19 juillet 2016, le 18 janvier 2017, le 16 août 2018, les 1er au 12 novembre 2018 et les 14 au 16 mai 2020. Il a également subi six cent quarante-cinq jours d'incapacité temporaire partielle au taux de 25 %, du 27 janvier au 1 8 juillet 2016, du 10 au 17 janvier 2017, du 13 novembre 2018 au 11 février 2020 et du 17 au 25 mai 2020. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en allouant à ce titre à M. A la somme globale de 2 524 euros.

10. Il résulte de l'instruction et notamment des rapports d'expertise médicale des 30 janvier 2016 et 12 février 2020, qu'après une première indemnisation au titre de la solidarité nationale des souffrances à caractère névralgique endurées par M. A, évaluées alors à 2,5 sur une échelle de 7, les souffrances physiques chronicisées et psychiques de l'intéressé après aggravation de son état de santé peuvent être évaluées à 3,5 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation des souffrances endurées par M. A imputables à l'aggravation de son état de santé en lui allouant à ce titre la somme de 1 000 euros.

11. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise médicale du 12 février 2020, que le préjudice esthétique temporaire de M. A tenant aux cicatrices résultant des interventions chirurgicales subies, en particulier pour la pose d'un stimulateur électrique sous cutané, à l'origine d'une cicatrice sur le flanc gauche de 9 cm sur 5 cm pour loger le boîtier de simulation et d'une cicatrice de 5 cm en para vertébral au niveau du passage des électrodes, peut être évalué à 0,5 sur une échelle de 7. Il ne saurait dès lors être regardé comme un préjudice majeur, altérant l'apparence de M. A, et ne justifie pas, en conséquence, s'agissant d'un préjudice à caractère temporaire, une indemnisation à ce titre.

S'agissant des préjudices permanents :

12. Il résulte de l'instruction et notamment des rapports d'expertise médicale des 30 janvier 2016 et 12 février 2020, qu'à la date de la première consolidation de son état de santé, en 2015, le déficit fonctionnel permanent de M. A tenant aux douleurs névralgiques ressenties pouvait être évalué à 10 %. L'aggravation de son état de santé, survenue après une première indemnisation conventionnelle, a donné lieu à une seconde consolidation de son état de santé, le 26 mai 2020, date à laquelle le déficit fonctionnel permanent global de M. A, alors âgé de trente-neuf ans, pouvait être estimé à 30 % en raison de douleurs névralgiques et des répercussions de son syndrome dépressif. Alors que rien ne permet de conclure au caractère temporaire de ce taux, il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel permanent directement imputable à l'aggravation en allouant à ce titre au requérant la somme de 32 000 euros.

13. M. A soutient être désormais dans l'impossibilité de pratiquer l'airsoft. Il ne justifie toutefois pas d'une pratique régulière de cette activité susceptible de constituer un préjudice d'agrément distinct du déficit fonctionnel permanent. Il y a donc lieu de rejeter la demande en réparation de ce chef de préjudice.

14. Il résulte de l'instruction que M. A subit, ainsi qu'il l'a été dit au point 11, du fait de cicatrices résultant d'interventions chirurgicales, un préjudice esthétique permanent qui peut être évalué à 0,5 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en allouant au requérant la somme de 500 euros.

15. Enfin, il résulte de l'instruction et notamment des rapports d'expertise, l'existence d'un préjudice sexuel total pour M. A, âgé de trente-neuf ans à la date de la consolidation de son état de santé, du fait des douleurs ressenties lors de l'acte sexuel. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en allouant à ce titre la somme de 7 000 euros.

Sur les frais liés au litige :

16. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

17. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 2 000 euros au profit de M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales est condamné à verser à M. A une indemnité d'un montant de 137 094 (cent trente-sept mille quatre-vingt-quatorze) euros.

Article 2 : L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales versera la somme de 2 000 (deux mille) euros à M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.

Copie en sera transmise, pour information, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Saône.

Délibéré après l'audience du 23 mai 2023 à laquelle siégeaient :

- M. Trottier, président,

- Mme Guitard, première conseillère,

- Mme Diebold, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 13 juin 2023.

La rapporteure,

F. GuitardLe président,

T. Trottier

La greffière,

E. Cartier

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

1

2

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions