mardi 19 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2101375 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SIRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 août 2021, la société par actions simplifiées (SAS) Boillod Père et fils, représentée par Me Sirat, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations primitives et supplémentaires de cotisation foncière des entreprises auxquelles elle été assujettie au titre des années 2015, 2016 et 2017 en ce qui concerne son établissement situé à Les Fins ;
2°) de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire de taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2017 et des cotisations primitives de TFPB auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018, 2019 et 2020 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que son établissement n'est pas un établissement industriel au sens de l'article 1499 du code général des impôts, dès lors qu'elle n'exerce pas d'activité de transformation, de fabrication ou de réparation, que le critère de l'outillage ne s'applique qu'aux locaux dans lesquels est exercée une activité de transformation de matières premières ou une activité de fabrication ou de réparation d'objets, que les pièces sont simplement traitées pour en améliorer l'aspect visuel, et enfin que le rôle de l'outillage et de la force motrice n'est pas prépondérant dans son activité dès lors que la valeur ajoutée apportée aux pièces qui lui sont confiées résulte essentiellement du travail des ouvriers polisseurs.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 novembre 2021, le directeur départemental des finances publiques du Doubs conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la société Boillod Père et fils ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kiefer, conseillère,
- et les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Boillod Père et fils a fait l'objet d'un contrôle à l'issue duquel le service a estimé que l'activité qu'elle exerce dans les locaux sis 10 rue des Près Mouchets dans la commune de Les Fins revêt un caractère industriel au sens de l'article 1499 du code général des impôts et l'a, en conséquence, assujettie à des cotisations primitives et supplémentaires de cotisation foncière des entreprises au titre des années 2015, 2016 et 2017, et à une cotisation supplémentaire de taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) au titre de l'année 2017 et des cotisations primitives de TFPB au titre des années 2018, 2019 et 2020. La société Boillod Père et fils demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions.
2. D'une part, aux termes de l'article 1467 du code général des impôts : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11°, 12° et 13° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l'exception de ceux qui ont été détruits ou cédés au cours de la même période. / Toutefois, ne sont pas compris dans la base d'imposition à la cotisation foncière des entreprises : / 1° Les biens destinés à la fourniture et à la distribution de l'eau lorsqu'ils sont utilisés pour l'irrigation pour les neuf dixièmes au moins de leur capacité ; / 2° Les parties communes des immeubles dont dispose l'entreprise qui exerce une activité de location ou de sous-location d'immeubles. / La valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière est calculée suivant les règles fixées pour l'établissement de cette taxe. / Pour le calcul de l'impôt, la valeur locative des immobilisations industrielles définie à l'article 1499 est diminuée de 30 %. / () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 1499 du même code : " La valeur locative des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties est déterminée en appliquant au prix de revient de leurs différents éléments, revalorisé à l'aide des coefficients (2) qui avaient été prévus pour la révision des bilans, des taux d'intérêt fixés par décret en Conseil d'Etat (3). / () ". Revêtent un caractère industriel, au sens de cet article, les établissements dont l'activité nécessite d'importants moyens techniques, non seulement lorsque cette activité consiste dans la fabrication ou la transformation de biens corporels mobiliers, mais aussi lorsque le rôle des installations techniques, matériels et outillages mis en œuvre, fût-ce pour les besoins d'une autre activité, est prépondérant.
4. Il résulte de l'instruction que, dans l'établissement à raison duquel elle a été assujettie aux cotisations en litige de cotisation foncière des entreprises et de taxe foncière sur les propriétés bâties, la société Boillod Père et fils exerce une activité de traitement et de revêtement des métaux dans les secteurs horloger et médical, au travers d'opérations de polissage, de gravage et de tribofinition. Il résulte également de l'instruction, particulièrement du site internet de la société requérante, dont deux captures d'écran ont été versées au dossier, que cette activité implique d'importants moyens techniques. Ainsi, l'établissement est équipé de matériels et outillages industriels, tels que des machines à polir, des meuleuses, des machines à émeriser, des centres de terminaison, des lasers de gravage, des fraises et des sableuses-microbilleuses, indispensables à l'exercice de l'activité et inscrits en immobilisations pour un montant total de 1 395 576 euros en 2013, 1 038 957 euros en 2014, 1 121 848 euros en 2015 et 1 230 847 euros en 2016. Si la société requérante soutient que le rôle de l'outillage et de la force motrice n'est pas prépondérant dans son activité, dès lors que la valeur ajoutée apportée aux pièces qui lui sont confiées résulte essentiellement du travail des ouvriers polisseurs, elle ne l'établit pas par les seules photographies produites. En tout état de cause, l'importance des moyens techniques nécessaires à son activité de transformation de biens corporels immobiliers suffit pour qualifier son établissement d'industriel. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration a considéré que cet établissement revêtait, en l'espèce, un caractère industriel au sens des dispositions précitées de l'article 1499 du code général des impôts.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la société Boillod Père et fils n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations primitives et supplémentaires de cotisation foncière des entreprises auxquelles elle été assujettie au titre des années 2015, 2016 et 2017 et la décharge de la cotisation supplémentaire de TFPB à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2017 et des cotisations primitives de TFPB auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018, 2019 et 2020. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Boillod Père et fils est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiées Boillod Père et fils et à la directrice départementale des finances publiques du Doubs.
Délibéré après l'audience du 5 mars 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Schmerber, présidente,
- Mme Diebold, première conseillère,
- Mme Kiefer, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 mars 2024.
La rapporteure,
L. Kiefer
La présidente,
C. SchmerberLa greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026