mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2101518 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 2ème chambre |
| Avocat requérant | TERRYN AITALI ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 31 août et 18 octobre 2021, Mme B C, agissant en qualité de représentant légal de son fils E D, ce dernier étant devenu majeur en cours d'instance, représentée par Me Gros, demande au tribunal d'annuler les décisions des 29 mars et 5 juillet 2021 par lesquelles la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) du Territoire de Belfort a rejeté sa demande tendant à la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé de son fils.
Mme C soutient que la CDAPH du Territoire de Belfort a commis une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2021, la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) du Territoire de Belfort conclut au rejet de la requête.
La MDPH du Territoire de Belfort soutient que le moyen invoqué par Mme C n'est pas fondé.
Par un jugement avant dire-droit du 23 juin 2022, le tribunal administratif, avant de statuer sur la requête de Mme C, a ordonné une expertise médicale afin de déterminer si M. D présente une altération d'une ou plusieurs de ses fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique telle que ses possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi seraient effectivement réduites.
Par une ordonnance en date du 18 avril 2023, le docteur A a été désigné comme expert pour procéder à la mission définie par le jugement susvisé.
L'expert a déposé son rapport le 4 octobre 2023.
Par un mémoire, enregistré le 24 novembre 2023, Mme B C, représentée par Me Gros, conclut aux mêmes fins que sa requête et soutient en outre que :
- les conclusions du rapport d'expertise justifient que soit accordée la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé à son fils à compter du 17 décembre 2020 et de manière définitive ou, à défaut, pour une durée de dix années ;
- son fils bénéficie de l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé qui vaut reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé.
La MDPH du Territoire de Belfort n'a pas produit d'observation sur le rapport.
Vu :
- l'ordonnance rendue le 10 octobre 2023 de la présidente du Tribunal portant taxation des frais et honoraires de l'expertise ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code du travail ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de M. Pernot a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Le 17 décembre 2020, Mme C a adressé à la MDPH du Territoire de Belfort une demande tendant à la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé pour son fils, E D. Par une décision du 29 mars 2021, la CDAPH du Territoire de Belfort a rejeté sa demande. L'intéressée a alors exercé, le 30 avril 2021, le recours administratif préalable obligatoire mentionné à l'article R. 241-35 du code de l'action sociale et des familles. Le 5 juillet 2021, la CDPAH a rejeté ce recours. Par un jugement avant-dire droit en date du 23 juin 2022, le tribunal a ordonné une expertise aux fins de déterminer si M. D présente une altération d'une ou plusieurs de ses fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique telle que ses possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi seraient effectivement réduites. L'expert a déposé son rapport le 4 octobre 2023. Par le présent recours, Mme C, agissant au nom de son fils, devenu majeur en cours d'instance, demande l'annulation des décisions des 29 mars et 5 juillet 2021.
Sur la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 5213-2 du code du travail dans sa version applicable au litige : " () Pour les mineurs âgés d'au moins seize ans, l'attribution de l'allocation mentionnée à l'article L. 541-1 du code de la sécurité sociale ou de la prestation mentionnée à l'article L. 245-1 du code de l'action sociale et des familles ainsi que le bénéfice d'un projet personnalisé de scolarisation valent reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé. Lorsque le handicap est irréversible, la qualité de travailleur handicapé est attribuée de façon définitive ". Aux termes de l'article L. 541-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne qui assume la charge d'un enfant handicapé a droit à une allocation d'éducation de l'enfant handicapé, si l'incapacité permanente de l'enfant est au moins égale à un taux déterminé. () " et aux termes de l'article R. 541-1 du même code : " Pour l'application du premier alinéa de l'article L. 541-1, le pourcentage d'incapacité permanente que doit présenter l'enfant handicapé pour ouvrir droit à l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé doit être au moins égal à 80 % () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles : " I. - La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est compétente pour : / () 4° Reconnaître, s'il y a lieu, la qualité de travailleur handicapé aux personnes répondant aux conditions définies par l'article L. 323-10 du code du travail ; / () ". Aux termes de l'article R. 241-36 du même code : " Les décisions de la commission sont motivées. Elles sont prises au nom de la maison départementale des personnes handicapées. Leur durée de validité ne peut être inférieure à un an ni excéder dix ans sauf dispositions législatives ou réglementaires spécifiques contraires. / La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé et l'orientation vers le marché du travail, prévues par l'article L. 5213-2 du code du travail, sont attribuées sans limitation de durée à toute personne qui présente, compte tenu des données de la science, une altération définitive d'une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale, cognitive ou psychique qui réduit ses possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi () ". Aux termes de l'article L. 5213-1 du code du travail, qui reprend les dispositions auparavant codifiées à l'article L. 323-10 du même code : " Est considérée comme travailleur handicapé toute personne dont les possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l'altération d'une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique ". Enfin, aux termes de l'article L. 5213-2 de ce code : " La qualité de travailleur handicapé est reconnue par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées mentionnée à l'article L. 241-5 du code de l'action sociale et des familles. Cette reconnaissance s'accompagne d'une orientation vers un établissement ou service d'aide par le travail, vers le marché du travail ou vers un centre de rééducation professionnelle () ".
4. Eu égard à son office lorsqu'il est saisi d'un recours formé contre une décision d'une commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées statuant, en application des dispositions du 4° du I de l'article L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles, sur une demande de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé au sens de l'article L. 5213-1 du code du travail, il appartient au juge administratif de se prononcer non sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais seulement sur la qualité de travailleur handicapé de la personne intéressée, en se plaçant à la date à laquelle il rend sa décision.
5. En l'espèce, il résulte de l'instruction, en particulier de l'expertise diligentée par le tribunal que M. D est atteint d'une lourde pathologie psychiatrique justifiant qu'il soit reconnu travailleur handicapé. Au surplus, par un jugement en date du 20 avril 2023, le pôle social du tribunal judiciaire de Belfort a condamné la MDPH du Territoire de Belfort à verser à Mme C l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé à compter du 17 décembre 2020 à raison du handicap de son fils, allocation qui, en application des dispositions précitées de l'article L.5213-2 du code du travail, vaut reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C est fondée à demander l'annulation des décisions des 29 mars et 5 juillet 2021. Il y a lieu en conséquence de reconnaître à M. D la qualité de travailleur handicapé à compter du 17 décembre 2020 et pour une période dont il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de fixer le terme au 31 décembre 2025, la pathologie dont il est atteint étant susceptible d'évoluer.
Sur les dépens de l'instance :
7. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens ". En vertu de ces dispositions, il appartient au juge saisi au fond du litige de statuer, au besoin d'office, sur la charge des frais de l'expertise ordonnée par la juridiction administrative.
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais de l'expertise liquidés et taxés à la somme globale de 2 000 euros par l'ordonnance susvisée du 10 octobre 2023 à la charge définitive de la MDPH du Territoire de Belfort.
DÉCIDE :
Article 1er : Les décisions des 29 mars et 5 juillet 2021 de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées du Territoire de Belfort sont annulées.
Article 2 : La qualité de travailleur handicapé est reconnue à M. E D à compter du 17 décembre 2020 et jusqu'au 31 décembre 2025.
Article 3 : Les frais d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 2 000 euros, sont mis à la charge définitive de la maison départementale des personnes handicapées du Territoire de Belfort.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à M. E D et à la maison départementale des personnes handicapées du Territoire de Belfort.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
Le magistrat désigné,
A. PernotLa greffière,
N. Viennet
La République mande et ordonne au préfet du Territoire de Belfort, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026