LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2101552

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2101552

mardi 30 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2101552
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère chambre
Avocat requérantSIRAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 septembre 2021, M. et Mme B A, représentés par Me Sirat, demandent au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2014 et 2015, ainsi que des intérêts de retard et des majorations correspondantes ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle est irrégulier en raison du dépassement de la durée maximale ;

- la somme litigieuse de 70 000 euros, qualifiée de revenus distribués par l'administration, ne constitue pas un revenu imposable au titre de l'impôt sur le revenu ;

- la pénalité de 40 % pour manquement délibéré qui a assorti l'imposition supplémentaire n'est pas justifiée.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 décembre 2021, le directeur départemental des finances publiques du Doubs conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Goyer-Tholon, conseillère ;

- les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A est titulaire de comptes courants d'associé au sein des sociétés à responsabilité limitée (SARL) Immo Doubs et Doubs Invest. A la suite d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 7 juillet 2014 au 31 décembre 2015 visant la société Doubs Invest, il a été constaté que l'achat par cette dernière le 4 juillet 2014 d'une maison avait été réglé pour partie par un virement de 140 000 euros émis par la société Immo Doubs. La SARL Doubs Invest a constaté comptablement deux dettes de 70 000 euros chacune en faveur de ses deux associés en créditant leur compte courant le 7 juillet 2014. M. et Mme A ont été destinataires, après un examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle, d'une proposition de rectification en date du 21 novembre 2017 les informant des rectifications envisagées, notamment, en matière d'impôt sur le revenu au titre des années 2014 et 2015. La réclamation préalable du 29 octobre 2019 de M. et Mme A a été rejetée par décision du 6juillet 2021. M. et Mme A demandent au tribunal la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux mis à leur charge au titre des années 2014 et 2015, ainsi que des pénalités correspondantes.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

2. Aux termes de l'article L. 12 du livre des procédures fiscales alors en vigueur : " Sous peine de nullité de l'imposition, un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle ne peut s'étendre sur une période supérieure à un an à compter de la réception de l'avis de vérification. () Cette période est prorogée du délai accordé, le cas échéant, au contribuable et, à la demande de celui-ci, pour répondre aux demandes d'éclaircissements ou de justifications pour la partie qui excède les deux mois prévus à l'article L. 16 A. / Elle est également prorogée des trente jours prévus à l'article L. 16 A et des délais nécessaires à l'administration pour obtenir les relevés de compte lorsque le contribuable n'a pas usé de sa faculté de les produire dans un délai de soixante jours à compter de la demande de l'administration () ".

3. Il résulte de ces dispositions que lorsque le contribuable n'a pas usé de la faculté de produire ses relevés de compte dans un délai de soixante jours à compter de la demande de l'administration, ce délai peut être prorogé des délais nécessaires à l'administration pour obtenir les relevés de compte, ces délais courant dès le soixante et unième jour suivant la demande faite au contribuable par l'administration, sauf lorsque le contribuable a produit avant cette date les coordonnées exactes de l'intégralité de ses comptes, auquel cas ces délais ne courent qu'à compter de la date à laquelle l'administration demande aux établissements teneurs de ces comptes que ces relevés lui soient remis. Ce délai de prorogation s'achève lorsque l'administration reçoit le dernier relevé dont elle avait demandé communication. Il résulte également de ces dispositions que les délais qu'elles prévoient, impartis au contribuable pour compléter sa réponse à une demande d'éclaircissements ou de justifications, à sa demande ou à la suite d'une mise en demeure de l'administration, et nécessaires à l'administration pour recevoir les renseignements demandés aux autorités étrangères lorsque le contribuable a pu disposer de revenus à l'étranger ou en provenance directe de l'étranger, ou obtenir les relevés de comptes non produits par le contribuable dans le délai imparti, se cumulent en principe, eu égard aux objets différents qu'ils poursuivent, pour le décompte de la durée de prorogation de la période de contrôle d'un an prévue par les dispositions de l'article L. 12 du livre des procédures fiscales. Il en va toutefois différemment lorsque plusieurs de ces délais courent de manière concomitante, le délai d'un an prévu par ces dispositions n'étant alors prorogé qu'à concurrence du nombre de jours pendant lesquels ces délais ne se recouvrent pas. Pour l'appréciation de la durée maximale prévue par les dispositions précitées de l'article L. 12 du livre des procédures fiscales, l'examen contradictoire de situation fiscale personnelle à l'issue duquel l'administration adresse au contribuable une proposition de rectification doit être regardé comme achevé à la date de l'envoi de cette proposition. Enfin, la prorogation des délais, destinée à permettre à l'administration de réunir l'ensemble des informations sur la situation du contribuable, s'applique à l'ensemble de la procédure de contrôle.

4. Il résulte de l'instruction que M. et Mme A ont accusé réception de l'avis d'examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle le 10 septembre 2016. Le terme de l'examen contradictoire de l'ensemble de la situation fiscale personnelle du contribuable était donc fixé au 10 septembre 2017. Toutefois, cette période d'un an a été prorogée par le délai de quarante-trois jours qui s'est avéré nécessaire à l'administration pour obtenir les relevés des comptes bancaires des requérants, lesquels n'avaient pas déféré, dans le délai de soixante jours, à la demande de communication de l'intégralité de leurs relevés, certains ayant été omis, et le dernier relevé sollicité auprès des établissements bancaires ayant été obtenu le 22 décembre 2016. Cette période a également et cumulativement été prorogée par une durée d'un jour suite à la demande de délai supplémentaire formulée par les contribuables le 31 juillet 2017, et par une durée de trente jours suite à la mise en demeure de produire les éclaircissements et justifications attendus que l'administration leur a adressée le 22 septembre 2017. Dès lors, le contrôle a pu s'achever régulièrement par l'envoi de la proposition de rectification le 21 novembre 2017, soit avant l'achèvement de la période d'un an prorogée conformément aux dispositions de l'article L. 12 du livre des procédures fiscales précitées.

Sur le bien-fondé des impositions :

5. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / a. sauf preuve contraire, les sommes mises à disposition des associés directement ou par personnes ou sociétés interposées à titre d'avances, de prêts ou d'acomptes. () ". En application de ces dispositions, doivent être regardés comme des revenus distribués, sauf preuve contraire, les montants des soldes débiteurs des comptes courants ouverts dans les écritures d'une société au nom de ses associés, actionnaires ou porteurs de parts.

6. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : () / 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices ". Il résulte de ces dispositions que les sommes inscrites au crédit d'un compte courant d'associé d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés ont, sauf preuve contraire apportée par l'associé titulaire du compte, le caractère de revenus imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Il résulte également de ces dispositions qu'en cas de refus des rehaussements par le contribuable que l'administration fiscale entend imposer comme bénéficiaire de sommes regardées comme distribuées, il lui incombe d'apporter la preuve tant de l'existence et du montant des distributions que de leur appréhension par le contribuable.

7. En l'espèce, il n'est pas contesté que l'administration a constaté, lors de la vérification de la comptabilité de la société Doubs Invest, que l'acquisition par cette dernière d'un bien immobilier a été financée, pour partie, au moyen d'un virement de 140 000 euros émis par la société Immo Doubs et qu'aucune créance n'a été enregistrée comptablement, ces deux sociétés étant dénuées de tout lien juridique. Parallèlement, les comptes courants des deux associés de la société Doubs Invest, dont celui de M. A, ont été crédités de 70 000 euros chacun. L'administration, aussi bien dans la proposition de rectification que dans la réponse aux observations du contribuable, a imposé cette somme sur le fondement des dispositions de l'article 109-1-2° du code général des impôts. Si M. et Mme A soutiennent que cette somme ne constitue pas un revenu distribué car elle correspond à un débit du même montant de son compte courant d'associé dans la SARL Immo Doubs, et qu'elle constitue le remboursement d'une partie de sa créance à l'égard de cette dernière qui est intervenu au moyen d'un virement opéré en faveur de la SARL Doubs Invest, la seule production de pièces comptables provisoires relatives aux comptes courants d'associés détenus par M. A dans chacune de ces sociétés, ne permet pas aux requérants de combattre valablement la présomption tirée de l'application du a. de l'article 111 du code général des impôts, selon laquelle le montant de 70 000 euros ainsi mis à la disposition de M. A présentait le caractère d'un revenu distribué entre ses mains.

8. Par suite, M. et Mme A ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que les sommes ainsi reçues ont été imposées dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers au titre des années 2014 et 2015.

Sur les pénalités :

9. Aux termes des dispositions de l'article 1729 du code général des impôts : " () Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de () c. 80 % en cas de manœuvres frauduleuses ou de dissimulation d'une partie du prix stipulé dans un contrat ou en cas d'application de l'article 792 bis. ". Aux termes de l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, de la taxe sur la valeur ajoutée et des autres taxes sur le chiffre d'affaires, des droits d'enregistrement, de la taxe de publicité foncière et du droit de timbre, la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration ". Il résulte de ces dispositions que la majoration pour manquement délibéré a pour seul objet de sanctionner la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives. Pour établir le caractère délibéré du manquement reproché au contribuable, l'administration doit apporter la preuve, d'une part de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt.

10. Dans la proposition de rectification, l'administration, après avoir rappelé que l'application d'une telle majoration était jugée bien-fondée à l'égard d'un dirigeant d'une société qui avait bénéficié de revenus distribués, a relevé d'une part que la SARL Doubs Invest a constaté une dette fictive de 70 000 euros envers M. A par crédit de son compte courant d'associé, sans que cette écriture n'ait été justifiée comptablement, notamment par l'inscription d'une dette de la société à son égard, et, d'autre part, qu'il ne pouvait ignorer que cette somme était réputée distribuée et imposable à l'impôt sur le revenu entre ses mains, de sorte que sa bonne foi ne pouvait être retenue. Ainsi, l'administration fiscale doit être regardée comme apportant la preuve, qui lui incombe, de l'intention délibérée de M. A d'éluder l'impôt et, par suite, du bien-fondé des pénalités en cause. Par suite, c'est à bon droit que les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales ont été majorées des pénalités pour manquement délibéré. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration a assorti les rectifications en litige des pénalités pour manquement délibéré.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par M. et Mme A doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme demandée par les requérants.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B A et à la directrice départementale des finances publiques du Doubs.

Délibéré après l'audience du 9 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Schmerber, présidente ;

- Mme Diebold, première conseillère ;

- Mme Goyer-Tholon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2024.

La rapporteure,

C. Goyer-Tholon

La présidente,

C. SchmerberLa greffière,

E. Cartier

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions