jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2101582 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | WOLDANSKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 13 septembre 2021 et le 28 juin 2022, M. C B, représenté par Me Woldanski, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 88 850 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis, assortie des intérêts au taux légal à compter du 24 février 2021 et de leur capitalisation ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- en ne l'ayant pas soutenu et accompagné alors qu'il était victime d'accusations mensongères et de propos diffamatoires, l'Etat a commis une faute de nature à engager sa responsabilité ;
- il est fondé à réclamer la somme de 38 100 euros en réparation de son préjudice moral, 6 350 euros en réparation de son préjudice professionnel, 8 100 euros au titre de la perte de revenus qu'il a subie et 36 300 euros au titre de l'absence de prise en charge de son prêt immobilier par son assurance.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 26 novembre 2021 et le 8 février 2023, la rectrice de l'académie de Besançon conclut au rejet de la requête.
La rectrice soutient que les conditions d'engagement de sa responsabilité ne sont pas remplies.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. D,
- et les observations de Me Woldanski, pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est professeur des écoles hors classe affecté à l'école élémentaire publique " Les Marronniers " de Delle. En janvier 2018, un parent d'élève a accusé M. B d'avoir commis des actes de violences à l'encontre de sa fille. Par un jugement du tribunal correctionnel de Belfort du 20 juin 2018, le père de la jeune fille a été reconnu coupable d'avoir propagé de fausses accusations de maltraitance à l'encontre de M. B et a été condamné au paiement d'une amende de 600 euros assortie d'un sursis de 400 euros et, au titre de l'action civile, au paiement à M. B de la somme de 500 euros en réparation du préjudice moral subi par ce dernier. Estimant que son administration ne l'avait pas suffisamment soutenu et accompagné alors qu'il était victime d'accusations mensongères et de propos diffamatoires, le requérant demande la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 88 850 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis.
Sur les conclusions aux fins de condamnation :
2. Aux termes du IV de l'article 11 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, dans sa version alors en vigueur et désormais codifiée à l'article L. 134-5 du code général de la fonction publique : " La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté ". Ces dispositions établissent à la charge de l'administration une obligation de protection de ses agents dans l'exercice de leurs fonctions, à laquelle il ne peut être dérogé que pour des motifs d'intérêt général. Cette obligation de protection a pour objet non seulement de faire cesser les attaques auxquelles l'agent est exposé, mais aussi d'assurer à celui-ci une réparation adéquate des torts qu'il a subis. La mise en œuvre de cette obligation peut notamment conduire l'administration à assister son agent dans l'exercice des poursuites judiciaires qu'il entreprendrait pour se défendre. Il appartient dans chaque cas à l'autorité administrative compétente de prendre les mesures lui permettant de remplir son obligation vis-à-vis de son agent, sous le contrôle du juge et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
3. Il résulte de l'instruction que, le 7 février 2018, M. B a sollicité le bénéficie de la protection fonctionnelle en raison des propos diffamatoires tenus par le père d'une de ses élèves, et que celle-ci lui a été accordée par une décision du 18 février 2018. Ainsi, contrairement à ce que soutient M. B, il ne résulte pas de l'instruction que l'administration ne l'a pas suffisamment protégé face à ces accusations, alors, au demeurant, qu'une telle protection n'implique pas nécessairement une prise de position publique en sa faveur. Par ailleurs, l'état de stress post-traumatique dans lequel a été placé l'intéressé à la suite de cet évènement et ayant conduit à son placement en congé maladie du 22 février 2018 au 1er avril 2018 puis à compter du 30 août 2018, a conduit à l'émission, le 3 juillet 2019, d'un avis favorable de la commission de réforme à la reconnaissance de l'imputabilité au service de la pathologie du requérant, avant que ce dernier a demandé, le 11 juillet suivant, son placement en congé de longue maladie. A cet égard, il ne résulte pas de l'instruction que l'administration aurait sciemment retardé la procédure destinée à caractériser ou non l'existence d'un accident de service, ou qu'elle ait fait obstacle aux demandes de l'intéressé tendant à se voir accorder les bénéfices qui s'attachent à cette reconnaissance. Enfin, il ne résulte pas davantage de l'instruction que l'administration ait fait obstacle à la promotion du requérant au sixième échelon de son grade, dont celui-ci a bénéficié par un arrêté du 16 septembre 2020. Par suite, au regard de l'ensemble de ces éléments, le requérant ne démontre pas que l'administration a méconnu l'obligation de protection qui découle des dispositions citées au point précédent et, par suite, commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de condamnation de M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de la somme que demande M. B au titre des frais qu'il a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Une copie du présent jugement sera adressée, pour information, à la rectrice de l'académie de Besançon.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023 à laquelle siégeaient :
- Mme Grossrieder, présidente,
- Mme Besson, conseillère,
- M. Seytel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.
La rapporteure,
M. ALa présidente,
S. GrossriederLa greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
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01/06/2026