LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2101638

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2101638

vendredi 31 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2101638
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère chambre
Avocat requérantALAIN BENSOUSSAN SELAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 20 septembre et 23 décembre 2021, puis les 15 mars et 23 avril 2024, la société Viamedis, représentée par Me Bensoussan, demande au tribunal :

1°) d'annuler les titres de recettes visés dans les tableaux de synthèse figurant aux points 3.2.1 à 3.2.6 de sa demande ;

2°) de la décharger de l'obligation de payer les sommes procédant des saisies administratives à tiers détenteur (SATD) n°s 9381033717, 9381265017, 9380831117, 9381836417, 9381062117, 9381631817 émises à son encontre le 1er juillet 2021 par le trésorier du centre hospitalier universitaire de Besançon ;

3°) de mettre à la charge in solidum de la trésorerie de Besançon et du centre hospitalier universitaire de Besançon la somme de 1 500 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, avec intérêt aux taux légal à compter de l'introduction de la présente requête.

Elle soutient que :

- il convient de rejeter une partie des titres de recettes car leur recouvrement est prescrit à la date de la saisie concernée ou qu'ils ont été mis en paiement et réglés à la date de la saisie concernée ;

- il convient d'annuler une autre partie des titres de recettes pour les motifs précisés dans les tableaux de synthèse produits à l'instance : montant non valide car non conforme à l'accord de prise en charge ou non conforme aux droits ouverts, prise en charge ne lui incombant pas en raison d'une erreur du centre hospitalier sur le débiteur, risque ou garantie non couvert ou non pris en charge, bénéficiaire inconnu ou radié, absence de carte mutuelle pour la période considérée, fin de convention avec la mutuelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2021, le comptable public de la trésorerie du centre hospitalier universitaire de Besançon conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la requérante aux entiers dépens.

Il soutient que le comptable public est incompétent pour répondre des contestations portant sur le bien-fondé des titres de recettes et sur la prescription d'assiette, questions relevant de la compétence exclusive de l'ordonnateur, que la juridiction administrative est incompétente pour connaître de la prescription de l'action en recouvrement et de l'absence de notification des saisies administratives à tiers détenteur, que la demande de décharge de paiement du fait des règlements effectués n'a pas fait l'objet d'un recours préalable auprès du directeur départemental des finances publiques et relèvent par ailleurs de la compétence du juge de l'exécution, et que la juridiction administrative est incompétente pour connaître de contestations relatives à l'absence de notification de saisies administratives à tiers détenteur ou de titres, et au non-respect des dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales.

La requête a été communiquée au directeur du centre hospitalier universitaire de Besançon, qui, malgré une mise en demeure, n'a pas produit de mémoire en défense.

Par un courrier du 20 mars 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de la tardiveté de la requête.

Des observations en réponse au moyen d'ordre public ont été produites le 12 avril 2024 pour la société Viamedis et communiquées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la santé publique ;

- le livre des procédures fiscales ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Diebold, première conseillère,

- et les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La société Viamedis, organisme mutualiste prenant notamment en charge des frais de séjour d'assurés sociaux dans des centres hospitaliers, a fait l'objet, le 1er juillet 2021, de six saisies administratives à tiers détenteur émises par le trésorier du centre hospitalier universitaire (CHU) de Besançon à fin de recouvrement de sommes qui lui ont été réclamées par des titres de recettes émis par le directeur de ce centre. Par sa requête, la société Viamedis demande au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer les sommes figurant dans ces actes de poursuite et doit être regardée comme demandant, d'une part, la mainlevée des poursuites pour les titres dont le recouvrement est prescrit, et, d'autre part, l'annulation des titres qu'elle qualifie de non fondés, soit parce que la créance a été réglée, soit parce qu'elle n'est pas établie, et la décharge des sommes mises à sa charge qui y sont mentionnées.

Sur la compétence :

2. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa version applicable au litige : " () / 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / () / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. () ".

3. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / () / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / () / c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution ".

4. Il ressort de ces dispositions que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales et des établissements publics de santé est de la compétence du juge de l'exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.

5. Les conclusions de la requête présentée par la société Viamedis à fin d'annulation, en raison de la prescription de leur recouvrement, des titres n° 12770, 10911, 28416, 149778, 204917, 238233 et 67868 relèvent du contentieux du recouvrement. Par suite, le juge de l'exécution, juge de l'ordre judiciaire, est seul compétent pour en connaître, sans que puisse être remis en cause devant lui le bien-fondé de la créance. Il s'ensuit que ces conclusions doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Sur la recevabilité :

6. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa version applicable au litige : " () 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. () ".

7. Les dispositions du 2° de l'article 1617-5 du code général des collectivités territoriales ne soumettent pas la recevabilité de l'action dont dispose un débiteur pour contester un titre exécutoire à un recours préalable obligatoire et n'ont ni pour objet, ni pour effet d'exclure l'exercice par le débiteur d'un recours administratif, qu'il soit gracieux ou hiérarchique, qui, introduit dans le délai de recours contentieux, interrompt ce délai. Par suite, le trésorier du centre hospitalier universitaire de Besançon n'est pas fondé à soutenir que la demande de décharge de paiement du fait des règlements effectués aurait dû l'objet d'un recours préalable auprès du directeur départemental des finances publiques. La fin de non-recevoir opposée en défense est écartée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et de décharge :

8. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ".

9. Malgré la mise en demeure qui lui a été adressée le 16 novembre 2023, le centre hospitalier universitaire (CHU) de Besançon n'a produit aucun mémoire en défense. Il est donc réputé avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête n° 2101638. Il appartient toutefois au juge de vérifier que ces faits ne sont pas contredits par l'instruction et qu'aucune règle d'ordre public ne s'oppose à ce qu'il soit donné satisfaction au requérant. En outre, l'acquiescement aux faits est en lui-même sans conséquence sur la qualification juridique au regard des textes sur lesquels l'administration s'est fondée ou dont la requérante revendique l'application.

10. En premier lieu, s'agissant des titres de recettes n°s 240669, 265917, 287578, 287664, 287712, 78616, 231543, 116784, 125625, 125626, 16351, 167191, 167284, 305664, 32017, 323961, 8691, 97261, 97538, 141684, 231640, 288728, 344607, 344610, 346963, 346964 portant sur la somme globale de 7 072,70 euros, la société requérante se borne à indiquer que les sommes concernées ont été payées ou mises en paiement. Elle ne formule ainsi aucun moyen à l'appui de ses conclusions dirigées contre ces titres. Par suite, ses conclusions aux fins d'annulation de ces titres et de décharge des sommes qui y sont mentionnées doivent être rejetées.

11. En deuxième lieu, la société Viamedis soutient que les titres de recettes n°s 109254, 11071, 28321, 166531, 270894, 272687 et 291942 doivent être annulés dès lors qu'elle ne détient plus de convention avec les mutuelles Air France, Ipsec, une mutuelle non identifiée, Mieux Etre Legal. Ce moyen n'est toutefois assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé alors que la société Viamedis est la seule à détenir des éléments sur les termes des conventions souscrites avec les mutuelles et sur la date à laquelle ces conventions auraient pris fin, alors que les titres en litige ont été émis en 2013, 2014 et 2015. Elle n'est dès lors pas fondée à solliciter la décharge des sommes mentionnées dans les titres précités.

12. En troisième lieu, s'agissant des titres n°s 209967, 265928, 34552, 59705, 76727, 221355, 116832, 14260, 147930, 147967, 147973, 148387, 167271, 66527 correspondant à la facturation de la prestation d'une chambre particulière, la société requérante soutient, sans être contestée, que le montant n'est pas conforme à la prise en charge consentie. De la même façon, la société Viamedis soutient, s'agissant des titres n°s 310862 et 83184, que des forfaits journaliers ont été facturés alors qu'une partie seulement de ces forfaits étaient pris en charge, et, s'agissant du titre n° 221359, que les frais de repas facturés ne sont pas pris en charge. Le CHU de Besançon, auquel il revient de justifier des créances hospitalières dont il se prévaut, n'a pas produit malgré une mise en demeure et ne remet donc pas en cause ces affirmations. Par suite, la société Viamedis est fondée à demander la réduction des sommes réclamées pour chaque titre en cause à concurrence de la différence relevée entre la facturation de la prestation et le montant de la prise en charge.

13. En quatrième lieu, la requérante soutient, s'agissant des titres n°s 183932, 266032, 16354, 233811, 288912, qu'une chambre particulière a été facturée sans que ne soit intervenu un accord sur sa prise en charge. Le CHU de Besançon, auquel il revient de justifier des créances hospitalières dont il se prévaut, n'a pas produit malgré une mise en demeure et ne remet donc pas en cause ces affirmations. Par suite, la société Viamedis est fondée à demander la décharge des sommes mentionnées dans les titres précités, pour un montant total de 10 719 euros.

14. En cinquième lieu, la société requérante fait valoir, à l'appui d'écritures détaillées et précises, créance par créance, que les titres exécutoires n°s 10952, 11069, 31684, 140563, 140629, 140630, 140642, 140644, 231576, 231667, 14264, 148393, 167224, 228719, 236284, 260872, 323653, 58861, 253470, 46987, 47015 ne sont pas fondés aux motifs que le bénéficiaire des soins lui est inconnu, qu'elle n'a pas conclu de convention de prise en charge pour ces patients, que ces derniers ne bénéficient pas d'une complémentaire santé, ou encore que le risque n'est pas couvert par la complémentaire du bénéficiaire ou dépasse la limite de garantie. Or, le CHU de Besançon, qui n'a pas produit de mémoire malgré une mise en demeure, ne remet pas en cause ces affirmations. La société Viamedis est par suite fondée à demander la décharge des sommes mentionnées dans les titres précités, pour un montant total de 1 945,12 euros.

15. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 162-23-15 du code de la sécurité sociale : " I. - Les établissements de santé exerçant les activités mentionnées aux 1°, 2° et 4° de l'article L. 162-22 bénéficient d'une dotation complémentaire lorsqu'ils atteignent des résultats évalués à l'aide d'indicateurs liés à la qualité et la sécurité des soins, mesurés tous les ans par établissement. () III. - Un décret en Conseil d'Etat précise les modalités de détermination et de mise en œuvre de la dotation complémentaire et de la pénalité financière () ". Aux termes de l'article D. 162-6 de ce code : " Peuvent être financées par la dotation nationale de financement des missions d'intérêt général et d'aide à la contractualisation mentionnée à l'article L. 162-22-13 les dépenses correspondant aux missions d'intérêt général suivantes : () 2° La participation aux missions de santé publique mentionnées ci-dessous : () j) L'aide médicale urgente constituée des missions des services d'aide médicale urgente mentionnées aux articles R. 6311-2 et R. 6311-3 du code de la santé publique et de l'ensemble des interventions des structures mobiles d'urgence et de réanimation mentionnées au 2° de l'article R. 6123-1 du même code, quel que soit le lieu de prise en charge du patient ; () ". L'arrêté du 28 juin 2016, puis l'arrêté du 4 mai 2017, fixant la liste des structures, des programmes, des actions, des actes et des produits financés au titre des missions d'intérêt général mentionnées aux articles D. 162-6 et D. 162-7 du code de la sécurité sociale, prévoient que l'aide médicale d'urgence, et notamment les transports assurés par le service mobile d'urgence et de réanimation, sont pris en charge au titre des missions mentionnées au 2° de l'article D. 162-6.

16. Aux termes du deuxième alinéa de l'article D. 162-8 du code de la sécurité sociale : " Ces dotations participent au financement de ces missions dans la limite des dépenses y afférentes à l'exclusion de la part incombant à d'autres financeurs en application de dispositions législatives ou réglementaires et de celle déjà supportée par l'assurance maladie en application des dispositions législatives ou réglementaires relatives à la prise en charge des soins ". Selon le I et le II de l'article L. 160-13 du code de la sécurité sociale, l'assuré acquitte une participation forfaitaire pour chacun des actes ou consultations prise en charge par l'assurance maladie, dont le montant sert de base au calcul des prestations qui lui sont servies. Aux termes du III de ce même article, " en sus de la participation mentionnée au premier alinéa du I, une franchise annuelle est laissée à la charge de l'assuré pour les frais relatifs à chaque prestation et produit de santé suivants, pris en charge par l'assurance maladie : () 3° Transports mentionnés au 2° de l'article L. 160-8 du présent code effectué en véhicule sanitaire terrestre ou en taxi, à l'exception des transports d'urgence. " En outre, aux termes du II de l'article R. 160-16, pris pour l'application de l'article L. 160-14 qui fixe les hypothèses dans lesquelles la participation prévue au I de l'article L. 160-13 peut être intégralement supprimée : " II.- La participation de l'assuré est supprimée : () 2. Pour les frais de transport d'urgence entre le lieu de prise en charge de la personne et l'établissement de santé, en cas d'hospitalisation mentionnée au 2 du I ainsi que, en cas d'hospitalisation mentionnée au 3, pour les frais de transport entre les deux établissements ou entre l'établissement et le domicile en cas d'hospitalisation à domicile. ".

17. Il résulte de ces dispositions qu'aucune participation et, a fortiori, aucune franchise, ne peut être mise à la charge de l'assuré à raison du transport médical d'urgence. En outre, si, en application de l'article D. 162-8 du code de la sécurité sociale, la dotation est susceptible de financer les missions d'intérêt général pour la part qui n'est prise en charge ni par l'assurance maladie ni par aucun autre financeur, de telles dispositions ne sauraient avoir pour objet ni pour effet de faire supporter à l'assuré des frais pour lesquels sa participation a été intégralement supprimée par le code de la sécurité sociale. Il s'en suit qu'en l'absence de dispositions prévoyant un autre mode de financement et notamment une prise en charge par les organismes subrogeant le patient dans ses droits, les frais liés au transport médical urgent sont réputés être financés par la dotation instituée par l'article L. 162-23-15 du code de la sécurité sociale.

18. Il résulte de l'instruction que les titres exécutoires en litige tendaient, en totalité, au remboursement des frais directement exposés par le CHU de Besançon pour assurer le transport médical urgent de patients. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point précédent, ces frais, qui sont réputés être intégralement pris en charge par la dotation nationale de financement des missions d'intérêt général et d'aide à la contractualisation, ne peuvent relever de la franchise laissée à la charge des patients et ne peuvent donc être mis à la charge des sociétés de mutuelle de ces patients. Le CHU de Besançon auquel il revient de justifier des créances hospitalières dont il se prévaut, n'a pas produit malgré une mise en demeure et ne remet donc pas en cause ces affirmations. La société Viamedis est donc fondée à demander l'annulation des titres exécutoires n°s 183967 et 102101 émis à son encontre et à être déchargée du paiement des sommes en cause, soit respectivement 6 779 euros et 803,25 euros.

19. En dernier lieu, la société requérante fait valoir que le titre exécutoire n° 109253 n'est pas fondé en raison de la prescription d'assiette. Or, le CHU de Besançon n'ayant pas produit de mémoire malgré une mise en demeure, ne remet pas en cause ces affirmations. La société Viamedis est par suite fondée à demander la décharge de la somme mentionnée dans le titre précité, pour un montant total de 220,30 euros.

20. Il résulte de tout ce qui précède que la société Viamedis est fondée à demander la décharge de la somme totale de 20 466,67 euros correspondant aux sommes réclamées par les titres mentionnés aux points 13 à 19, ainsi que les réductions sollicitées s'agissant des titres mentionnés au point 12. Cette décharge et cette réduction impliquent, le cas échéant, la restitution des sommes payées pour le recouvrement des titres en cause.

Sur les frais liés au litige :

21. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

22. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Besançon la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la société Viamedis et non compris dans les dépens. Cette somme ne peut être productive d'intérêts qu'en cas d'inexécution du jugement et non à compter de l'enregistrement de la requête comme il est demandé.

DECIDE :

Article 1er : Les conclusions de la société Viamedis à fin d'annulation, en raison de la prescription de leur recouvrement, des titres n°s 12770, 10911, 28416, 149778, 204917, 238233 et 67868 sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : Les titres n°s 183932, 266032, 16354, 233811, 288912, 10952, 11069, 31684, 140563, 140629, 140630, 140642, 140644, 231576, 231667, 14264, 148393, 167224, 228719, 236284, 260872, 323653, 58861, 253470, 46987, 47015, 183967 et 102101, 109253 sont annulés.

Article 3 : La société Viamedis est déchargée de la somme globale de 20 466,67 euros mentionnée dans les titres annulés par l'article 2 du présent jugement.

Article 4 : Les sommes réclamées s'agissant des titres mentionnés au point 12 du présent jugement sont déchargées à concurrence de la différence relevée entre la facturation de la prestation et le montant de la prise en charge pour chaque titre dans le tableau de synthèse transmis par la requérante le 23 avril 2024.

Article 5 : Le centre hospitalier universitaire de Besançon versera à la société Viamedis une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à la société Viamedis, à la trésorerie du centre hospitalier universitaire de Besançon et au centre hospitalier universitaire de Besançon.

Délibéré après l'audience du 30 avril 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Schmerber, présidente,

- Mme Diebold, première conseillère,

- Mme Goyer-Tholon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2024.

La rapporteure,

N. DieboldLa présidente,

C. Schmerber

La greffière,

E. Cartier

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions