mercredi 28 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2102036 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP TOURNIER-MAYER-DICHAMP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 novembre 2021, M. A B, représenté par Me Mayer-Blondeau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 septembre 2021 rejetant son recours gracieux dirigé contre les décisions du 6 mai 2021 et du 3 juin 2021 par lesquelles le président du conseil départemental du Jura a réduit le montant du revenu de solidarité active (RSA) dont il est bénéficiaire de 80% pendant un mois et a suspendu pendant deux mois ce même RSA ;
2°) de condamner le département du Jura à lui verser la somme de 900 euros afin de rétablir ses droits ;
3°) de mettre à la charge de la mairie de Vesoul la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- les décisions ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles sont entachées d'une erreur de fait et d'une erreur de droit en ce qu'il n'a pas méconnu les obligations qui lui incombaient en qualité d'allocataire du revenu de solidarité active.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 15 février 2022 et le 24 février 2022, le département du Jura conclut au rejet de la requête.
Le département du Jura soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative ;
- le code du travail.
Le président du tribunal a désigné Mme Grossrieder présidente pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme C a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 6 mai 2021, le président du conseil départemental du Jura a informé le requérant de la réduction de 80%, pendant un mois, de ses droits de revenu de solidarité active (RSA). Par une décision du 3 juin 2021, le président du conseil départemental du Jura a informé M. B de la suspension, pendant deux mois, de ses droits de RSA. Par un courrier du 12 août 2021, M. B a demandé au président du conseil départemental de bien vouloir " donner l'ordre à la caisse d'allocation familiale " de lui payer " les sommes réduites en mai et en juillet ", soit la somme de 900 euros. Par une décision du 10 septembre 2021, dont M. B demande l'annulation, le président du conseil départemental du Jura a rejeté le recours gracieux ainsi présenté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 262-28 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu, lorsqu'il est sans emploi ou ne tire de l'exercice d'une activité professionnelle que des revenus inférieurs à une limite fixée par décret, de rechercher un emploi, d'entreprendre les démarches nécessaires à la création de sa propre activité ou d'entreprendre les actions nécessaires à une meilleure insertion sociale ou professionnelle. () ". Aux termes de l'article L. 262-29 du même code : " Le président du conseil départemental oriente le bénéficiaire du revenu de solidarité active tenu aux obligations définies à l'article L. 262-28 : 1° De façon prioritaire, lorsqu'il est disponible pour occuper un emploi au sens des articles L. 5411-6 et L. 5411-7 du code du travail ou pour créer sa propre activité, soit vers l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 du même code, soit, si le département décide d'y recourir, vers l'un des organismes mentionnés à l'article L. 5311-4 du code du travail ou encore vers un des réseaux d'appui à la création et au développement des entreprises mentionnés à l'article 200 octies du code général des impôts, en vue d'un accompagnement professionnel et, le cas échéant, social ; () ". Aux termes de l'article L. 5312-1 du code du travail : " Pôle emploi est une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière () ". Aux termes de l'article L. 262-34 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active orienté vers l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 du code du travail élabore conjointement avec le référent désigné au sein de cette institution ou d'un autre organisme participant au service public de l'emploi le projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du même code. " Aux termes de l'article L. 5411-6-1 du code du travail applicable à la date des décisions attaquées : " Un projet personnalisé d'accès à l'emploi est élaboré et actualisé conjointement par le demandeur d'emploi et Pôle emploi ou, lorsqu'une convention passée avec Pôle emploi le prévoit, un organisme participant au service public de l'emploi. Le projet personnalisé d'accès à l'emploi et ses actualisations sont alors transmis pour information à Pôle emploi./ Ce projet précise, en tenant compte de la formation du demandeur d'emploi, de ses qualifications, de ses connaissances et compétences acquises au cours de ses expériences professionnelles, de sa situation personnelle et familiale ainsi que de la situation du marché du travail local, la nature et les caractéristiques de l'emploi ou des emplois recherchés, la zone géographique privilégiée et le niveau de salaire attendu. Il intègre, le cas échéant, le projet de reconversion professionnelle mentionné au 2° du II de l'article L. 5422-1./ Le projet personnalisé d'accès à l'emploi retrace les actions que Pôle emploi s'engage à mettre en œuvre dans le cadre du service public de l'emploi, notamment en matière d'accompagnement personnalisé et, le cas échéant, de formation et d'aide à la mobilité./ La notification du projet personnalisé d'accès à l'emploi adressée au demandeur d'emploi précise ses droits concernant l'acceptation ou le refus des offres raisonnables d'emploi qui lui sont soumises et, notamment, les voies et délais de recours en cas de sanction par Pôle emploi. ". Aux termes de l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles : " Sauf décision prise au regard de la situation particulière du bénéficiaire, le versement du revenu de solidarité active est suspendu, en tout ou partie, par le président du conseil départemental :/ 1° Lorsque, du fait du bénéficiaire et sans motif légitime, le projet personnalisé d'accès à l'emploi ou l'un des contrats mentionnés aux articles L. 262-35 et L. 262-36 ne sont pas établis dans les délais prévus ou ne sont pas renouvelés ;/ 2° Lorsque, sans motif légitime, les dispositions du projet personnalisé d'accès à l'emploi ou les stipulations de l'un des contrats mentionnés aux articles L. 262-35 et L. 262-36 ne sont pas respectées par le bénéficiaire ;/ 3° Lorsque le bénéficiaire du revenu de solidarité active, accompagné par l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 du code du travail, a été radié de la liste mentionnée à l'article L. 5411-1 du même code ;/ 4° Ou lorsque le bénéficiaire refuse de se soumettre aux contrôles prévus par le présent chapitre./ () ". Aux termes de l'article R. 262-68 du même code : " La suspension du revenu de solidarité active mentionnée à l'article L. 262-37 peut être prononcée, en tout ou partie, dans les conditions suivantes :/ 1° Lorsque le bénéficiaire n'a jamais fait l'objet d'une décision de suspension, en tout ou partie, le président du conseil départemental peut décider de réduire l'allocation d'un montant qui ne peut dépasser 80 % du montant dû au bénéficiaire au titre du dernier mois du trimestre de référence pour une durée qui peut aller de un à trois mois ;/ () "
3. Il résulte de l'instruction que M. B est bénéficiaire du RSA depuis le 1er novembre 2015. Par un courrier du 4 février 2021, le président du conseil départemental l'a informé qu'il disposait d'un délai de trois mois au terme duquel il devra avoir trouvé une activité salariée " quelle qu'elle soit " et qu'il pourra, pour ce faire, solliciter son conseiller Pôle emploi. Par un courrier du 18 février 2021, le président du conseil départemental a orienté M. B vers la structure chargée de son accompagnement en application de l'article L. 262-29 du code de l'action sociale et des familles, à savoir l'agence " Pôle emploi Saint-Claude " avec laquelle il serait chargé, en application de l'article L. 262-34 du code de l'action sociale et des familles, d'élaborer le projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du code du travail. Par une décision du 6 mai 2021, le président du conseil départemental a informé M. B, d'une part, de la réduction de 80% du montant du versement de son droit à RSA pendant une durée d'un mois dès lors que l'intéressé n'avait pas trouvé d'activité salariée " quelle qu'elle soit " dans le délai de trois mois mentionné dans le courrier du 4 février 2021 et, d'autre part, de l'ouverture d'un nouveau délai d'un mois pour trouver une activité salariée " quelle qu'elle soit " sous peine de faire l'objet d'une suspension du versement de la totalité de ses droit de RSA. Par une décision du 3 juin 2021, le président du conseil départemental a informé M. B, d'une part, de la suspension du versement de ses droits de RSA et, d'autre part, de la possibilité de proroger ses droits de RSA si, dans les deux mois, il s'engage " soit à établir un contrat ; soit à réaliser ce qui avait été convenu dans le contrat que vous n'avez pas respecté ". Par une décision du 3 août 2021, le président du conseil départemental a informé M. B de sa décision de lever la suspension de ses droits à RSA pour deux mois dès lors qu'il avait été constaté qu'il adhérait à l'accompagnement global proposé par Pôle emploi.
4. Il ressort des dispositions de l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles précitées que le versement du RSA ne peut être suspendu, en tout ou partie, par le président du conseil départemental que dans quatre cas strictement énumérés. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction que M. B entrerait dans l'un de ces quatre cas et, en particulier, la décision n'est pas fondée sur la circonstance que, sans motif légitime, l'intéressé n'aurait pas respecté les dispositions du projet personnalisé d'accès à l'emploi élaboré conjointement avec son référent " Pôle emploi ". Par suite, en décidant de réduire de 80% le montant de ses droits de RSA pendant un mois puis en les suspendant en totalité pour une durée de deux mois au seul motif qu'il n'avait pas trouvé d'activité salariée " quelle qu'elle soit ", le président du conseil départemental a méconnu les dispositions de l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles et a commis une erreur de droit de droit.
5. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 10 septembre 2021.
Sur les conclusions aux fins de condamnation :
6. Si M. B demande la condamnation du département du Jura à lui verser la somme de 900 euros correspondant au montant de ses droits au RSA illégalement suspendus pour deux mois, il résulte de l'instruction que cette suspension a été levée par décision du président du conseil départemental du Jura du 3 août 2021 lui laissant un nouveau délai de deux mois. M. B n'ayant pas répliqué au mémoire en défense présenté par le département du Jura, ne justifie pas que les sommes demandées ne lui ont pas été versées. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions à fin de condamnation.
Sur les frais liés au litige :
7. Les conclusions présentées par M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont dirigées contre la " mairie de Vesoul " qui n'est pas partie à l'instance et ne peuvent dès lors qu'être rejetées
DECIDE :
Article 1er : La décision du 10 septembre 2021 est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au département du Jura.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales du Jura.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2022.
La magistrate désignée,
S. CLa greffière,
N. Viennet
La République mande et ordonne au préfet du Jura, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026