jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2102050 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GAY YANNICK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 novembre 2021 et le 9 mars 2023, Mme C D, représentée par Me Gay, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier Jura Sud à lui verser la somme de 78 500 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier Jura Sud la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les frais d'expertise.
Mme D soutient que :
- les deux accidents de service dont elle a été victime les 24 septembre 2009 et 12 janvier 2015 trouvent leur origine, d'une part, dans un dysfonctionnement du système de ventilation mis en place dans les locaux de l'institut de formation des aides-soignants de Champagnole et, d'autre part, de l'état de l'ouvrage dont le centre hospitalier Jura Sud a la charge de l'entretien et résultent donc d'une faute commise par l'administration de nature à engager sa responsabilité ;
- elle est fondée à réclamer le versement des sommes de 15 000 euros en réparation de son préjudice professionnel, 25 000 euros en réparation de son préjudice d'agrément, 3 500 euros en réparation de son préjudice esthétique et, enfin, 20 098,68 et 14 900 euros en réparation des troubles dans ses conditions d'existence.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 et 21 septembre 2022, le centre hospitalier Jura Sud, représenté par la SCP Normand et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la requérante le versement d'une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le centre hospitalier Jura Sud soutient que :
- la créance réclamée par Mme D est prescrite, en application de la loi du 31 décembre 1968 ;
- la réalité des préjudices invoqués par la requérante n'est pas démontrée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, infirmière-formatrice au centre hospitalier de Champagnole, a été victime, le 24 septembre 2009, d'un accident de service causé par l'inhalation de vapeurs d'une solution hydro-alcoolique. Cette surexposition a entraîné des manifestations respiratoires et digestives ainsi qu'une pancréatite transitoire. Elle a alors été placée en congé pour accident de service du 12 au 21 octobre 2009. L'intéressée a ensuite été victime d'un deuxième accident survenu le 12 janvier 2015, qui a été reconnu imputable au service par une décision du centre hospitalier Jura Sud en date du 22 janvier 2015. L'intéressée a finalement été placée en congé à ce titre le 6 octobre 2016 et n'a pu reprendre ses fonctions. Le 26 juillet 2019, la commission de réforme a rendu un avis favorable à sa mise à la retraite anticipée pour invalidité. Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2020, Mme D a demandé au tribunal sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de désigner un expert aux fins d'évaluer les préjudices subis à la suite de ses accidents de service. L'expert a déposé son rapport le 22 juillet 2021. Mme D demande au tribunal de condamner le centre hospitalier Jura Sud à lui verser la somme de 78 500 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison des accidents de service dont elle a été victime.
Sur les conclusions aux fins de condamnation :
2. Aux termes de l'article 1er de la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. / Sont prescrites, dans le même délai et sous la même réserve, les créances sur les établissements publics dotés d'un comptable public ".
3. S'agissant d'une créance indemnitaire détenue sur un établissement public au titre d'un dommage corporel engageant sa responsabilité, le point de départ du délai de prescription prévu par les dispositions précitées est le premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les infirmités liées à ce dommage ont été consolidées. Il en est ainsi pour tous les postes de préjudice, aussi bien temporaires que permanents, qu'ils soient demeurés à la charge de la victime ou aient été réparés par un tiers, tel qu'un organisme de sécurité sociale, qui se trouve subrogé dans les droits de la victime.
4. La consolidation de l'état de santé de la victime d'un dommage corporel fait courir le délai de prescription pour l'ensemble des préjudices directement liés au fait générateur qui, à la date à laquelle la consolidation s'est trouvée acquise, présentaient un caractère certain permettant de les évaluer et de les réparer, y compris pour l'avenir. Si l'expiration du délai de prescription fait obstacle à l'indemnisation de ces préjudices, elle est sans incidence sur la possibilité d'obtenir réparation de préjudices nouveaux résultant d'une aggravation directement liée au fait générateur du dommage et postérieure à la date de consolidation. Le délai de prescription de l'action tendant à la réparation d'une telle aggravation court à compter de la date à laquelle elle s'est elle-même trouvée consolidée.
5. Il résulte de l'instruction que les faits générateurs des créances dont se prévaut la requérante sont constitués par les accidents de service dont elle a été victime, d'une part, le 24 septembre 2009 et, d'autre part, le 12 janvier 2015. Les droits sur lesquels ces créances sont fondées ont ainsi été respectivement acquis à compter du 26 août 2010 et du 29 décembre 2015, dates de consolidation de l'état de santé de Mme D à la suite de ces accidents. En application des dispositions rappelées ci-dessus de la loi du 31 décembre 1968, les délais de prescription ont, pour les créances nées au cours de chacune de ces années, commencé à courir le 1er janvier de l'année suivante et ont expiré les 31 décembre 2014 et 31 décembre 2019. La requête, introduite par Mme D sur le fondement de l'article R. 531-1 du code de justice administrative, ainsi que la demande indemnitaire préalable qu'elle a formée n'ont pu avoir pour effet d'interrompre ce délai de prescription, ces évènements étant intervenus après l'expiration de celui-ci. Par suite, le centre hospitalier Jura Sud est fondé à soutenir que les sommes dont la requérante a demandé le versement en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison des accidents de service dont elle a été victime sont prescrites.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de condamnation présentées par Mme D doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
En ce qui concerne les dépens :
7. En application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre l'intégralité des frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 2 004 euros TTC, à la charge définitive de la requérante.
En ce qui concerne les frais exposés et non compris dans les dépens :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du centre hospitalier Jura Sud, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de la somme que demande Mme D au titre des frais qu'elle a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante la somme demandée par le centre hospitalier Jura Sud au titre de ces mêmes frais.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Les frais et honoraires d'expertise, d'un montant de 2 004 euros TTC, sont mis à la charge définitive de Mme D.
Article 3 : Le surplus des conclusions présentées par les parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et au centre hospitalier Jura Sud.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023 à laquelle siégeaient :
- Mme Grossrieder, présidente,
- Mme Besson, conseillère,
- M. Seytel, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.
La rapporteure,
M. ALa présidente,
S. GrossriederLa greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet du Jura, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026