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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2102075

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2102075

jeudi 10 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2102075
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique 2ème chambre
Avocat requérantSELARL AJURISS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 septembre 2021 et le 10 octobre 2022 sous le n° 2101586, Mme C D, représentée par Me Haennig, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 3 juin 2021 par laquelle le directeur de la Caisse d'allocations familiales (CAF) du Doubs lui a notifiée un paiement indu d'allocation de logement familiale (ALF) et de prime d'activité d'un montant total de 6 701,16 euros pour la période d'avril 2019 à décembre 2020 et la décision du 18 juin 2021 de la CAF du Doubs ;

2°) d'enjoindre à la CAF du Doubs de régulariser ses droits au titre de l'ALF et de la prime d'activité pour les années 2019 et 2020 ;

3°) de mettre à la charge de la CAF du Doubs la somme de 900 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme D soutient que :

- les décisions de la CAF du Doubs ne sont pas motivées ;

- elle a subi un préjudice moral justifiant que lui soit versée la somme de 1 500 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 janvier 2022, la CAF du Doubs conclut au rejet de la requête.

La CAF du Doubs soutient qu'elle a fait une juste appréciation de la situation de la requérante et des dispositions réglementaires applicables.

II. Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 18 novembre 2021, le 8 décembre 2021 et le 10 octobre 2022 sous le n° 2102074, Mme C D, représentée par Me Haennig, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 18 mai 2021 de la Caisse d'allocations familiales (CAF) du Doubs, la décision de la commission de recours amiable du 3 septembre 2021 rejetant sa contestation d'indu de prime d'activité d'un montant de 497,16 euros pour la période de mai 2019 à janvier 2020 et la décision du 20 septembre 2021 par laquelle le directeur de la CAF du Doubs a rejeté sa contestation d'indu d'allocation de logement familiale (ALF) d'un montant de 6 459 euros pour la période de mars 2019 à décembre 2020 ;

2°) d'enjoindre à la CAF du Doubs de régulariser ses droits au titre de l'ALF et de la prime d'activité ;

3°) de mettre à la charge de la CAF du Doubs la somme de 900 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme D soutient que :

- les décisions de la CAF du Doubs ne sont pas motivées ;

- elle a subi un préjudice moral justifiant que lui soit versée la somme de 1 500 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 janvier 2022, la CAF du Doubs conclut au rejet de la requête.

La CAF du Doubs soutient qu'elle a fait une juste appréciation de la situation de la requérante et des dispositions réglementaires applicables.

III. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 novembre 2021 et le 10 octobre 2022 sous le n° 2102075, Mme C D, représentée par Me Haennig, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 18 mai 2021 de la Caisse d'allocations familiales (CAF) du Doubs, la décision de la commission de recours amiable du 3 septembre 2021 rejetant sa contestation d'indu de prime d'activité d'un montant de 497,16 euros pour la période de mai 2019 à janvier 2020 et la décision du 20 septembre 2021 par laquelle le directeur de la CAF du Doubs a rejeté sa contestation d'indu d'allocation de logement familiale (ALF) d'un montant de 6 459 euros pour la période de mars 2019 à décembre 2020 ;

2°) d'enjoindre à la CAF du Doubs de régulariser ses droits au titre de l'ALF et de la prime d'activité ;

3°) de mettre à la charge de la CAF du Doubs la somme de 900 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme D soutient que :

- les décisions de la CAF du Doubs ne sont pas motivées ;

- la CAF du Doubs a commis une erreur d'appréciation en considérant qu'il existait une vie commune avec M. B ;

- elle a subi un préjudice moral justifiant que lui soit versée la somme de 1 500 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 janvier 2022, la CAF du Doubs conclut au rejet de la requête.

La CAF du Doubs soutient qu'elle a fait une juste appréciation de la situation de la requérante et des dispositions réglementaires applicables.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Grossrieder présidente pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme F a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Par un courrier du 3 juin 2021, la CAF du Doubs a notifié à Mme D un indu d'ALF d'un montant de 6 204 euros pour la période allant du 1er avril 2019 au 31 décembre 2020 et un indu de prime d'activité d'un montant total de 497,16 euros pour la période allant de mai 2019 à janvier 2020 ainsi qu'un indu de 255 euros pour le mois de mars 2019 si l'intentionnalité des faits venaient à être démontrée. Par une décision du 3 septembre 2021, la commission de recours amiable de la CAF du Doubs a rejeté la réclamation de la requérante portant sur l'indu de prime d'activité. Par une décision du 20 septembre 2021 le directeur de la CAF du Doubs, après avis de la commission de recours amiable, a rejeté le recours exercé par la requérante contre l'indu d'ALF. Par les requêtes nos 2101586, 2102074 et 2102075, qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement, la requérante doit être regardée comme sollicitant l'annulation de ces décisions.

2. La requête enregistrée le 18 novembre 2021 sous le n°2102075 constituant un doublon de la requête déposée auprès du greffe du tribunal le même jour sous le n° 2102074. Il y a lieu, par suite, de radier la requête n° 2102075 des registres du greffe du tribunal pour la joindre à la requête n° 2102074 sur laquelle il est statué par le présent jugement.

Sur la recevabilité de la requête :

3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ".

4. Il résulte de l'instruction que la CAF du Doubs n'a manifestement adopté aucune décision faisant grief à la requérante les 18 mai et 11 juin 2021, dès lors que le 11 juin correspond à la date de présentation du recours gracieux de la requérante et aucune décision n'est née à la date du 18 mai. En conséquence, les conclusions dirigées contre ces deux décisions doivent être regardées comme l'étant contre des actes inexistants et ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.

Sur le cadre juridique :

En ce qui concerne le cadre juridique relatif à la prime d'activité :

5. En vertu des dispositions combinées des articles L. 841-1, L. 843-1, L. 845-2 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale, la prime d'activité, qui a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat, est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants.

6. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 5 décide de récupérer un paiement indu de prime d'activité, remettant ainsi en cause des paiements déjà effectués, la personne qui en conteste le bien-fondé doit, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable auprès de la commission de recours amiable de cet organisme et la décision prise par cette commission se substitue à la décision initiale et est seule susceptible d'être contestée devant le juge administratif. Statuant sur un recours dirigé contre une telle décision, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient également, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

En ce qui concerne le cadre juridique relatif à l'allocation de logement familiale :

7. En vertu des dispositions combinées des articles L. 812-1, L. 821-1, L. 823-9, L. 825-1, L. 825-2, L. 825-3 et R. 825-1 à R. 825-3 du code de la construction et de l'habitation ainsi que des articles L. 553-2 et R. 142-1 du code de la sécurité sociale, les aides personnelles au logement, au nombre desquelles figure l'allocation logement familiale, sont liquidées et payées, pour le compte du fonds national d'aide au logement, c'est-à-dire au nom de l'Etat, par les organismes chargés de gérer les prestations familiales.

8. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 5 décide de récupérer un paiement indu d'aide personnelle au logement, remettant ainsi en cause des paiements déjà effectués, la personne qui en conteste le bien-fondé doit, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable auprès de la commission de recours amiable de cet organisme et la décision prise par le directeur de cet organisme, après avis de cette commission, se substitue à la décision initiale et est seule susceptible d'être contestée devant le juge administratif. Statuant sur un recours dirigé contre une telle décision, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient également, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

Sur le litige soumis par Mme D :

9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article R. 825-1 du code de la construction et de l'habitation : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée. () ". Aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. () ".

10. Les décisions par lesquelles l'autorité compétente statue sur le recours administratif d'une personne qui conteste le bien-fondé d'un paiement indu d'aides personnelles au logement et de prime d'activité doivent être motivées en application des dispositions combinées du 8° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, de l'article R. 825-1 du code de la construction et de l'habitation et de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale. De telles décisions doivent ainsi comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et, à ce titre, doivent notamment indiquer, soit directement dans les mentions de la décision soit par référence à la décision initiale, la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. L'autorité compétente n'est en revanche pas tenue de faire figurer dans ces décisions les éléments servant au calcul du montant de l'indu.

11. Les décisions des 3 juin, 3 et 20 septembre 2021 comportent en l'espèce l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit par suite être écarté.

12. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : () / 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer, telles que définies aux articles L. 822-5 à L. 822-8 ; () ". Aux termes de l'article R. 822-2 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles dont bénéficient le demandeur ou l'allocataire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer. () ". Aux termes de l'article R. 822-4 du même code : " I. - Les ressources prises en compte s'entendent du total des revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu selon le barème progressif, des revenus taxés à un taux proportionnel ou soumis à un prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu ainsi que des revenus perçus hors de France ou versés par une organisation internationale () ". Aux termes de l'article R. 822-15 de ce code : " Il n'est tenu compte ni des revenus d'activité professionnelle, ni des indemnités de chômage perçus par le bénéficiaire durant l'année civile de référence, lorsque celui-ci ou son conjoint est en chômage total depuis au moins deux mois consécutifs à la date d'effet de la demande ou pendant au moins deux consécutifs au cours de la période de paiement et s'il se trouve dans l'une des situations suivantes : 1° Il ne bénéficie pas ou ne bénéficie plus d'une indemnisation dans les conditions mentionnées par l'article R. 822-14 ; () / Les droits sont examinés sur cette nouvelle base à compter du premier jour du mois civil suivant celui au cours duquel sont intervenus le changement de situation, la cessation du versement ou la diminution du montant de l'allocation d'assurance, ou l'admission à l'allocation de solidarité spécifique. Lorsque l'intéressé reprend une activité professionnelle rémunérée, il est tenu compte de ses ressources à partir du premier jour du mois civil au cours duquel intervient la reprise d'activité ". Aux termes de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est égale à la différence entre :/ 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ;/ 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. Les bonifications mentionnées au 1° sont établies pour chaque travailleur, membre du foyer, compte tenu de ses revenus professionnels. () ". Aux termes de l'article R. 842-3 du même code : " Le foyer mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est composé :/ 1° Du bénéficiaire ;/ 2° De son conjoint, concubin, ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité ; () ".

13. Il résulte de l'instruction que la requérante se déclarait depuis 2017 auprès de la CAF du Doubs comme personne isolée mais qu'elle a déclaré, le 19 janvier 2021, soit dès le lendemain de la réception d'un avis de contrôle, une vie commune avec M. E B. Si la CAF du Doubs a décidé que la communauté de vie avait en réalité débuté le 1er mars 2019, la requérante soutient quant à elle avoir vécu seule entre 2019 et 2020 en relevant que M. B a été, durant cette période, soit sans domicile fixe, soit occupant d'un logement à Sochaux, soit hébergé à titre gratuit par une tierce personne. Au soutien de ses affirmations, elle produit des relevés de compte de M. B, antérieurs au 30 septembre 2019, sur lesquels est mentionnée une adresse à Belfort, ainsi que des bulletins de paie de ses employeurs " Randstad in house " et " Passerelles pour l'emploi " mentionnant, jusqu'en janvier 2018, la même adresse à Belfort puis, à compter de cette date et jusqu'en décembre 2020, une adresse à Sochaux. Mme D produit enfin, à l'appui de ses affirmations, une attestation de son propriétaire dans laquelle celui-ci indique que M. B et elle auraient dû emménager ensemble en avril 2019 mais que les travaux de leur futur appartement ont été retardés à plusieurs reprises, si bien que M. B ne réside avec elle que depuis le 1er janvier 2021, ainsi qu'une attestation de Mme A laquelle certifie avoir hébergé gratuitement M. B en janvier, février et mars 2020. Cependant, l'ensemble de ces éléments n'est pas de nature à remettre en cause les conclusions du rapport d'enquête de la CAF du 16 mars 2021 qui, pour relever que la communauté de vie avait débuté dès le 1er mars 2019, s'est notamment fondé sur des bulletins de paie d'un troisième employeur, " Team solutions emplois ", dans lesquels est mentionnée l'adresse de la requérante à compter de mars 2019, sur les relevés de compte de M. B qui mentionnent l'adresse de la requérante à compter d'octobre 2019 et sur le fait que M. B effectue tous les mois, depuis août 2019, des virements bancaires sur le compte de la requérante. Dès lors, en estimant que Mme D avait bénéficié d'un indu d'allocation de logement familiale et de prime d'activité de 6 956,16 euros entre mars 2019 et décembre 2020, le directeur et la commission de recours amiable de la CAF du Doubs n'ont pas commis d'erreur d'appréciation.

14. Il résulte de l'ensemble de tout ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions des 3 juin, 3 et 20 septembre 2021. Ses conclusions aux fins d'annulation doivent par suite être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

15. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme D, n'appelle, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par la requérante doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la CAF du Doubs, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de la somme que demande Mme D au titre des frais qu'il a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : La requête 2102075 est radiée des registres du greffe.

Article 2 : Les requêtes 2101586 et 2102074 de Mme D sont rejetées

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et à la caisse des allocations familiales du Doubs.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.

La magistrate désignée,

S. FLa greffière,

N. Viennet

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière

Nos 2101586-2102074-21020750

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