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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2102084

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2102084

jeudi 23 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2102084
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique 2ème chambre
Avocat requérantLOFFLER HELENE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 18 novembre 2021, 1er décembre 2022 et le 25 janvier 2023, M. B, représenté par Me Löffler, demande au tribunal :

1°) de renvoyer le dossier au tribunal administratif de Strasbourg ;

2°) d'enjoindre " à la mutualité sociale agricole de produire la preuve du paiement de la somme en question sur un compte au nom de M. A, et à quelle date " ;

3°) d'annuler la décision du 11 octobre 2021 par laquelle la mutualité sociale agricole a rejeté sa contestation de la mise en demeure qui lui avait été adressée le 4 mai 2021 au fin de recouvrer la prestation indue d'aide personnalisée au logement d'un montant de 317,59 euros ;

4°) de mettre à la charge de la mutualité sociale agricole les frais et dépens.

M. A soutient qu'il n'a pas reçu le versement de la somme sur son compte.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 1er décembre 2022, 9 janvier 2023 et 31 janvier 2023, la mutualité sociale agricole de Franche-Comté conclut au rejet de la requête.

La mutualité sociale agricole de Franche-Comté soutient que :

- le tribunal administratif de Besançon est territorialement compétent ;

- le moyen invoqué par le requérant n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Grossrieder, présidente, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Grossrieder a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Le 2 novembre 2020, la mutualité sociale agricole de Franche-Comté a décidé de récupérer auprès de M. A un paiement indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 316,00 euros pour la période du 1er mars 2019 au 31 mars 2019. Une mise en demeure pour le recouvrement de cet indu lui a été adressée le 4 mai 2021. Le 28 mai 2021, l'intéressé a contesté auprès de la mutualité sociale agricole de Franche-Comté cette mise en demeure et le bien-fondé de l'indu. Le 11 octobre 2021, le directeur de la mutualité sociale agricole de Franche-Comté a rejeté sa demande et a maintenu la mise en demeure. Le requérant demande l'annulation de cette décision.

Sur l'exception d'incompétence territoriale :

2. Aux termes de l'article R. 312-7 du code de justice administrative : " Les litiges relatifs (), à l'habitation, () et, de manière générale, aux décisions concernant des immeubles relèvent de la compétence du tribunal administratif dans le ressort duquel se trouvent les immeubles faisant l'objet du litige ". Aux termes de l'article R. 221-3 du même code : " Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : / () Besançon : () Territoire de Belfort ; () ". Il résulte de ces dispositions que les litiges relatifs à la récupération de sommes indûment versées au titre de l'aide personnalisée au logement doivent être portés devant le tribunal administratif dans le ressort duquel est situé le logement ayant donné lieu au versement de l'aide.

3. En l'espèce, l'indu d'aide personnalisée au logement contesté par M. A concerne un logement situé au 9 rue de L'Eglise à Felon (Territoire de Belfort). Par suite, les conclusions de la requête dirigées contre cet indu relèvent, en application des dispositions combinées des articles R. 312-7 et R. 221-3 du code de justice administrative, de la compétence du tribunal administratif de Besançon.

4. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'écarter l'exception d'incompétence territoriale soulevée par M. A.

Sur le cadre juridique applicable au litige :

5. En vertu des dispositions combinées des articles L. 812-1, L. 821-1, L. 823-9, L. 825-3, R. 825-2 et R. 825-3 du code de la construction et de l'habitation ainsi que des articles L. 553-2 et R. 142-1 du code de la sécurité sociale, les aides personnelles au logement, au nombre desquelles figure l'aide personnalisée au logement, sont liquidées et payées, pour le compte du fonds national d'aide au logement, c'est-à-dire au nom de l'Etat, par les organismes chargés de gérer les prestations familiales.

6. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 2 décide de récupérer un paiement indu d'aides personnelles au logement, remettant ainsi en cause des paiements déjà effectués, la personne qui en conteste le bien-fondé doit, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable auprès de la commission de recours amiable de cet organisme et la décision prise par le directeur de cet organisme, après avis de cette commission, se substitue à la décision initiale et est seule susceptible d'être contestée devant le juge administratif. Statuant sur un recours dirigé contre une telle décision, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient également, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

Sur le litige relatif au bien-fondé de l'indu d'aide personnalisée au logement :

7. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. A était affilié à la mutualité sociale agricole suite à une activité salariée agricole exercée du 2 octobre 2017 au 2 août 2018. A compter du 28 février 2019, le requérant a été radié de la mutualité sociale agricole de Franche-Comté et son dossier a été transféré à la caisse d'allocations familiales du Territoire de Belfort à compter du 1er mars 2019. La mutualité sociale agricole a versé indûment l'aide personnalisée au logement pour le mois de mars 2019 en lieu et place de la caisse d'allocations familiales du Territoire de Belfort. D'autre part, contrairement à ce qu'affirme le requérant, la mutualité sociale agricole de Franche-Comté ne devait pas verser le montant d'aide personnalisée au logement perçu sur le compte personnel de M. A, mais directement à Territoire Habitat. Or il ressort des pièces du dossier que ce versement a été effectué sur le compte personnel du requérant pour le mois de mars 2019. Enfin, la circonstance que le divorce de M. A ait été prononcé par un jugement du tribunal judiciaire de Belfort en date du 30 avril 2019, postérieurement au versement de l'indu, est sans incidence sur son bien-fondé. Par suite, en estimant que M. A avait bénéficié d'un indu d'aide personnalisée au logement de 316,00 euros, le directeur de la mutualité sociale agricole de Franche-Comté n'a pas commis d'erreur d'appréciation.

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation ainsi que les conclusions à fin d'injonction, au demeurant irrecevables, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions tendant au versement de frais et dépens présentées par M. A doivent être rejetées.

Sur les frais et dépens :

9. M. A ne justifie pas avoir exposé dans le cadre de la présente requête, des frais à ce titre, ses conclusions ne peuvent donc qu'être rejetées.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et à la mutualité sociale agricole de Franche-Comté.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.

La magistrate désignée,

S. GrossriederLa greffière,

C. Quelos

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière0

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