jeudi 15 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2102189 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MOUGIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 décembre 2021, M. A B, représenté par la SELARL Alexandra Mougin, demande au tribunal :
1°) de condamner l'hôpital Nord Franche-Comté à lui verser les sommes de 4 650 euros au titre des 15,5 jours " de lissage " non inscrits sur son compte épargne temps (CET), 5 400 euros au titre des 18 jours de congés annuels (CA) et de récupération de temps de travail (RTT) non indemnisés, 3 600 euros au titre des 12 jours de congés annuels (CA) et de congés au titre de la réduction du temps de travail (RTT) non indemnisés et 4 499,18 euros à titre de paiement des 14 plages additionnelles non indemnisées ;
2°) de mettre à la charge de l'hôpital Nord Franche-Comté la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient qu'il est fondé à réclamer une indemnisation correspondant à tous les jours de congés non pris au cours de l'exécution de son contrat de travail au sein de l'hôpital Nord Franche-Comté.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2023, l'hôpital Nord Franche-Comté, représenté par Me Landbeck, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge du requérant le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'hôpital Nord Franche-Comté soutient que :
- la requête est irrecevable, le requérant n'ayant pas contesté, dans un premier temps, la décision établissant son solde de tout compte et ne précisant pas le régime de responsabilité applicable ainsi que la faute qu'il entend reprocher à l'hôpital ;
- les conditions d'engagement de sa responsabilité ne sont pas remplies.
En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour présider la deuxième chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Besson,
- les conclusions de M. C,
- et les observations de Me Landbeck, pour l'hôpital Nord Franche-Comté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a travaillé au sein de l'hôpital Nord-Franche-Comté en qualité de praticien hospitalier attaché à compter du 15 janvier 2013 au moyen de plusieurs contrats à durée déterminée puis d'un contrat à durée indéterminée qui a été rompu en dernier lieu le 30 avril 2020. L'intéressé a alors perçu son solde de fin de contrat et, estimant qu'une erreur avait été commise sur le montant retenu, a adressé un courrier à l'établissement hospitalier le 27 mai 2020. Par un courriel du 9 juin 2020, la responsable du bureau de gestion du personnel médical lui a expliqué les calculs opérés pour, à la fois, les jours de compte épargne temps (CET), de congés annuels et de congés au titre de la réduction du temps de travail (RTT). Enfin, par une décision du 9 décembre 2020, l'hôpital Nord Franche-Comté a établi le solde de son contrat à 29,5 jours de CET et 12 jours de congés pris en 2020. M. B demande au tribunal de condamner l'hôpital Nord Franche-Comté à lui verser les sommes de 4 650 euros au titre des 15,5 jours de " lissage " non inscrits sur son CET, 5 400 euros au titre des 18 jours de congés annuels et de récupération de temps de travail non indemnisés, 3 600 euros au titre des 12 jours de congés annuels et de RTT non indemnisés et de 4 499,18 euros à titre de paiement des 14 plages additionnelles non indemnisées.
Sur les conclusions aux fins de condamnation :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. D'une part, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance. Cette règle, qui a pour seul objet de borner dans le temps les conséquences de la sanction attachée au défaut de mention des voies et délais de recours, ne porte pas atteinte à la substance du droit au recours, mais tend seulement à éviter que son exercice, au-delà d'un délai raisonnable, ne mette en péril la stabilité des situations juridiques et la bonne administration de la justice, en exposant les défendeurs potentiels à des recours excessivement tardifs. Il appartient dès lors au juge administratif d'en faire application au litige dont il est saisi, quelle que soit la date des faits qui lui ont donné naissance.
3. D'autre part, l'expiration du délai permettant d'introduire un recours en annulation contre une décision expresse dont l'objet est purement pécuniaire fait obstacle à ce que soient présentées des conclusions indemnitaires ayant la même portée.
4. Il résulte de l'instruction que, par un courrier du 12 janvier 2018, l'hôpital Nord Franche-Comté a informé le requérant de son solde de jours de congés au 31 janvier 2017 et du placement, sur son CET, de la seule fraction de 15 jours sur les 30,5 jours non pris. En outre, par un courrier du 26 avril 2018, le centre hospitalier, prenant acte de la première démission du requérant, avait fixé au titre de l'année 2018 le solde de ses jours de congés non pris à 123 dont 105 placés sur son CET, 8 de RTT et 10 de congés annuels. Le requérant, qui n'a pas contesté ces décisions et dont la première matérialise le refus par l'administration d'inscrire sur son CET 15,5 jours de " lissage " en 2017, en a eu connaissance au plus tard lors de la perception de sa paie d'août 2018, laquelle indiquait le versement d'une somme de 36 000 euros au titre de l'indemnisation de 120 jours de congés non posés.
5. Par suite, en demandant au tribunal de condamner l'hôpital Nord Franche-Comté à l'indemniser de 15,5 jours de " lissage " non inscrits sur son CET au titre de l'année 2017, le requérant présente des conclusions qui ont le même objet que des conclusions d'excès de pouvoir dirigées contre le solde de ses jours de congés non pris fixé en 2018 et sont dès lors irrecevables parce que tardives. La fin de non-recevoir opposée en ce sens en défense, doit donc, dans cette mesure seulement, être accueillie.
En ce qui concerne le bien fondé du surplus des conclusions :
6. Aux termes de l'article R. 6152-813 du code de la santé publique : " Lorsqu'un praticien, quelle que soit sa position au regard du statut qui lui est applicable, cesse définitivement d'exercer son activité, les jours accumulés sur son compte épargne-temps doivent être soldés sous forme de congés avant la date de cette cessation. En pareil cas, la direction de l'établissement ne peut s'opposer à sa demande. / Dans le cas où l'impossibilité de solder avant cette date les jours inscrits sur le compte résulte d'un éloignement du service consécutif à un placement en recherche d'affectation, à un congé pour maladie, à une nomination à titre permanent dans un corps de personnels enseignants et hospitaliers ou à des impératifs de continuité ou de permanence des soins attestés par le directeur, les jours inscrits au compte épargne-temps font l'objet d'une indemnisation selon les dispositions fixées par l'article R. 6152-807-3 ".
7. En premier lieu, le requérant soutient qu'il a droit à être indemnisé de 18 jours de congés dont 10 jours de congés annuel et 8 jours de temps de travail additionnels (TTA) au titre de l'année 2018. Toutefois, d'une part, il résulte de l'instruction et en particulier du courrier précité du 26 avril 2018 qu'à cette date, le requérant bénéficiait d'un solde de 10 jours de congés annuels et de 8 jours de RTT, mais pas de jours de TTA. Par ailleurs, il résulte également de ce qui a été dit au point 4 que 120 jours ont été indemnisés de sorte qu'il ne pourrait au mieux se prévaloir que de l'absence d'indemnisation de 3 jours de congés non pris. D'autre part, et en tout état de cause, le requérant ne démontre pas avoir été dans l'impossibilité de solder avant sa date de démission définitive, le 30 avril 2020, les jours ainsi accumulés. Il n'est donc pas fondé à réclamer une quelconque indemnisation à ce titre.
8. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction qu'au 1er mai 2020, son solde de tout compte s'établissait à 12 jours de congés au titre des CA et RTT non pris en 2020. Si le requérant demande à ce que lui soit versée une somme représentative de ces 12 jours de congés non pris, ni les dispositions citées au point 6, ni aucune autre disposition du code de la santé publique, non plus qu'un texte de portée générale ou un principe général du droit, ne reconnaissent à un praticien attaché d'un établissement public de santé un droit à une indemnité compensatrice de congé payé, que ce soit au titre du congé annuel ou du congé au titre de la réduction du temps de travail, dans le cas où ce praticien cesse ses services avant d'avoir pu bénéficier de l'ensemble des congés annuels ou congés au titre de la réduction du temps de travail auxquels il est en droit de prétendre.
9. En dernier lieu, si le requérant soutient qu'il a assuré 20 nuits de temps de travail additionnel sur la période allant de janvier à mars 2020, il n'apporte aucune preuve de nature à établir son allégation.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres fins de non-recevoir opposées en défense, les conclusions aux fins de condamnation présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'hôpital Nord Franche-Comté, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de la somme que demande M. B au titre des frais qu'il a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
12. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par l'hôpital Nord Franche-Comté au titre de ces mêmes frais.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'hôpital Nord Franche-Comté au titre de l'article L. 761-1 de code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'hôpital Nord Franche-Comté.
Délibéré après l'audience du 25 mai 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,
- Mme Besson, conseillère,
- M. Seytel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.
La rapporteure,
M. BessonLe premier conseiller faisant fonction de président,
A. PernotLa greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet du Territoire de Belfort, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026