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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2102336

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2102336

jeudi 6 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2102336
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantDUBOIS MARRION

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 décembre 2021 et 27 juin 2022, Mme D E, représentée par Me Paget, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner le centre hospitalier Jura Sud à lui verser la somme de 38 917 euros au titre des préjudices qu'elle estime avoir subis à la suite des accidents de service dont elle a été victime et des carences fautives de l'administration dans l'organisation du service dans lequel elle a été affectée ;

2°) de mettre les entiers dépens à la charge du centre hospitalier Jura Sud ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier Jura Sud la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme E soutient que :

- elle est fondée à rechercher la responsabilité sans faute du centre hospitalier Jura Sud du fait de l'accident de service dont elle a été victime le 17 juillet 2015 et sa rechute du 22 août 2017 ;

- au titre de la responsabilité sans faute du centre hospitalier Jura Sud, elle a subi des préjudices qui peuvent être évalués et indemnisés comme suit :

( 7 000 euros au titre du " préjudice professionnel ", dès lors qu'elle ne peut plus exercer au sein du département du Jura ou dans la fonction publique hospitalière, que ses accidents de service ont eu une incidence sur son avancement et qu'elle a été contrainte de faire valoir ses droits à congés payés ;

( 350 euros au titre des frais médicaux et de déplacements ;

(720 euros au titre des frais d'expertise ;

( 150 euros au titre des frais de déplacement à l'expertise médicale ;

( 8 570 euros au titre du déficit temporaire de 30 % pour la période allant du 7 juillet 2015 au 1er juin 2018,

( 1 847 euros au titre du déficit temporaire de 10 % pour la période du 2 juin 2018 au 17 avril 2019 ;

( 2 880 euros au titre du déficit fonctionnel permanent de 2 % ;

( 4 000 euros au titre des souffrances endurées de 2/7 ;

( 3 400 euros au titre de la perte des primes au titre de l'année 2018 et 2019 ;

- elle est fondée à rechercher la responsabilité pour faute du centre hospitalier Jura Sud du fait des carences dans l'organisation et le fonctionnement du service au sein duquel elle était affectée ;

- au titre de la responsabilité pour faute du centre hospitalier Jura Sud, elle a subi des préjudices qui peuvent être évalués et indemnisés comme suit :

( 10 000 euros au titre du préjudice moral.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2022, le centre hospitalier Jura Sud, représenté par Me Marrion, conclut à ce que l'indemnité réclamée par Mme E soit ramenée à 8 865,40 euros.

Le centre hospitalier Jura Sud fait valoir que sa responsabilité pour faute ne peut être recherchée.

Par un courrier, enregistré le 1er février 2023, la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Saône a informé le tribunal qu'elle ne produirait pas de mémoire.

Vu :

- l'ordonnance n°1900575 du 24 septembre 2019 par lequel le juge des référés a ordonné une expertise en vue d'apprécier la réalité des préjudices allégués par Mme E et celle du 8 novembre 2019 par laquelle M. F A, psychiatre, a été désigné en qualité d'expert en remplacement de l'expert initialement désigné ;

- le rapport de l'expert enregistré le 18 décembre 2020 ;

- l'ordonnance en date du 6 janvier 2021 par laquelle le président du tribunal a taxé et liquidé les frais et honoraires de l'expert à la somme de 720 euros TTC ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi du n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- les conclusions de M. B,

- et les observations de Me Paget, pour Mme E.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E a été recrutée en qualité d'infirmière diplômée d'Etat, le 1er juillet 2001, par le centre hospitalier Jura Sud. A partir de novembre 2009, elle a été affectée au sein du service de médecine préventive de cet établissement. Le 7 juillet 2015, elle a été victime d'un accident. Elle a été placée en congé maladie ordinaire à partir du mois de juin 2016. Le 20 décembre 2016, elle a repris son service à temps partiel thérapeutique à raison de 3h30 par jour. A partir de juin 2017, elle a à nouveau exercé à temps plein. Le 22 août 2017, Mme E a été placée en congé maladie. Par une décision du 18 mai 2018, le centre hospitalier Jura Sud a qualifié la maladie de Mme E déclarée à partir du 23 août 2017, en rechute d'accident imputable au service. Par un courrier du 10 septembre 2021, notifié le 13 septembre suivant, Mme E a réclamé au centre hospitalier Jura Sud la réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis suite aux accidents de service dont elle a été victime. Mme E demande à ce que le centre hospitalier Jura Sud soit condamné à lui verser la somme de 38 917 euros au titre des préjudices qu'elle estime avoir subis.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité sans faute de l'administration :

S'agissant de la responsabilité du centre hospitalier Jura Sud :

2. Le fonctionnaire ou agent public qui a enduré, du fait de l'accident ou de la maladie imputable au service, des souffrances physiques ou morales et subi des préjudices esthétiques ou d'agrément, peut obtenir de l'administration qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité réparant ces chefs de préjudice. En revanche, lorsque le fonctionnaire victime d'un accident de service ou d'une maladie professionnelle ne remplit pas les conditions lui ouvrant droit à l'obtention d'une rente ou d'une allocation temporaire d'invalidité, alors cette circonstance fait obstacle à ce que l'intéressé puisse prétendre à une indemnité réparant des pertes de revenus.

3. Il a été rappelé au point 1 que Mme E a été victime le 7 juillet 2015 d'un accident, puis victime le 22 août 2017 d'une rechute au titre de cet accident. Il résulte de l'instruction que cet accident et cette rechute ont eu une incidence sur l'état de santé de l'intéressée, qui s'est manifestée pendant plusieurs années par des douleurs thoraciques oppressantes, un état dépressif sévère avec idées suicidaires et du surmenage professionnel. De plus, il est constant que cet accident et sa rechute ont été reconnus comme imputables au service par le centre hospitalier Jura Sud.

4. Il résulte de ce qui précède que Mme E est fondée à demander la condamnation du centre hospitalier Jura Sud à réparer les préjudices qu'elle estime avoir subis en raison de cet accident de service et de sa rechute.

S'agissant des préjudices :

Quant au préjudice professionnel :

5. Mme E ne démontre pas qu'elle remplit les conditions lui ouvrant droit à l'obtention d'une rente ou d'une allocation temporaire d'invalidité. Dès lors, pour les raisons exposées au point 2, elle n'est pas fondée à réclamer une indemnité au titre des préjudices professionnels qu'elle aurait subis. En tout état de cause, il résulte de l'instruction, et notamment d'une fiche d'aptitude médicale du 9 avril 2020, que l'état de santé de Mme E est " devenu incompatible avec toute perspective de reprise sur le site du CH de Lons (site du centre hospitalier Jura Sud à Lons le Saunier) ", tout en considérant que l'intéressée est " apte à bénéficier d'une mutation sur un autre poste d'infirmière ". Il s'ensuit que les accidents de service dont Mme E a été victime ne la prive pas de poursuivre son activité en qualité d'infirmière dans un établissement hospitalier du département du Jura, le cas échéant au sein d'un équipement qui relève du centre hospitalier Jura Sud. De plus, son placement en congé de maladie imputable au service a été sans incidence sur son avancement et la circonstance qu'elle ait fait valoir ses droits à congés annuels avant de changer d'emploi est sans lien avec l'accident du 7 juillet 2015. Par suite, Mme E n'est pas fondée à demander l'indemnisation par le centre hospitalier Jura Sud d'un préjudice professionnel.

Quant à la perte des primes au titre des années 2018 et 2019 :

6. Mme E soutient que l'accident de service du 7 juillet 2015 l'a privée des primes qu'elle aurait dû percevoir au titre des années 2018 et 2019. Or, pour les raisons exposées au point 2, Mme E n'est pas fondée à réclamer une indemnité au titre des pertes de revenus qu'elle aurait subies. En tout état de cause, l'intéressée ne présente, à l'appui de sa requête, aucun élément qui permettrait au juge d'apprécier l'existence d'un tel préjudice. Par suite, Mme E n'est pas fondée à demander l'indemnisation par le centre hospitalier Jura Sud des primes non perçues.

Quant aux frais médicaux et aux frais de déplacement :

7. Mme E soutient que l'accident de service du 7 juillet 2015 a entrainé des frais médicaux et des frais de déplacement qui n'ont pas été pris en charge par le centre hospitalier. Toutefois, l'intéressée ne présente, à l'appui de sa requête, aucun élément permettant au juge d'apprécier l'existence d'un tel préjudice. Par suite, Mme E n'est pas fondée à demander l'indemnisation par le centre hospitalier Jura Sud d'un préjudice au titre de frais médicaux et de frais de déplacement.

Quant au déficit fonctionnel temporaire :

8. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que l'accident du 7 juillet 2015 a entrainé pour Mme E un déficit fonctionnel temporaire depuis cette date et jusqu'au 1er juin 2018 évalué à 30 %, puis un déficit fonctionnel temporaire entre le 2 juin 2018 et le 17 avril 2020 évalué à 10%. Il est constant que ce déficit fonctionnel temporaire est la conséquence de l'accident de service subi le 7 juillet 2015 et la rechute du 22 août 2017. Ce préjudice doit dès lors, au regard de sa durée, être indemnisé à hauteur de 6 450 euros.

Quant au déficit fonctionnel permanent :

9. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que Mme E, âgée de 50 ans à la date de la consolidation de son état de santé le 18 avril 2020, conserve des séquelles des accidents de service subis et reste atteinte d'un déficit fonctionnel permanent de 2 %, imputable à l'accident de service du 7 juillet 2015. Ce préjudice doit dès lors être indemnisé à hauteur de 3 000 euros.

Quant aux souffrances endurées :

10. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que, suite à l'accident de service du 7 juillet 2015, Mme E a enduré des souffrances évaluées à 2 sur une échelle de 7. Ce préjudice doit dès lors être indemnisé à hauteur de 2 000 euros.

En ce qui concerne la responsabilité pour faute :

S'agissant de la responsabilité du centre hospitalier Jura Sud :

11. En complément de l'action en responsabilité sans faute qui peut être recherchée lorsque les conditions rappelées au point 2 sont réunies, l'intéressé peut engager une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble des préjudices qu'il estime avoir subis, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette administration. A cet égard, lorsque les conditions de fonctionnement des services de l'administration qui l'emploie sont à l'origine de l'état de santé de l'intéressé, alors celui-ci est fondé à rechercher la responsabilité pour faute de cette administration.

12. Lors de son accident du 7 juillet 2015 et de la rechute de son état de santé le 22 août 2017, Mme E était affectée au service de médecine préventive du centre hospitalier Jura Sud. Il est constant qu'à partir de janvier 2014 et jusqu'en juillet 2015, puis à nouveau à partir de septembre 2015, ce service s'est retrouvé sans médecin-chef, laissant les seuls infirmiers du service en charge du traitement des demandes du service. De plus, au regard des pièces versées à l'instance, ce n'est que le 23 septembre 2016, soit plus de trente mois après le départ du premier médecin-chef, que la direction de l'établissement a adressé aux agents du service de médecine préventive une note interne relative à l'organisation et au fonctionnement du service en l'absence de médecin de prévention. Au demeurant, par plusieurs courriers électroniques envoyés à partir de septembre 2015, Mme E et l'ensemble des infirmiers du service ont émis des alertes relatives aux conditions dans lesquelles ils devaient prendre en charge des demandes qui leur étaient adressées, qui nécessitaient des compétences relevant de la seule expertise d'un médecin du travail. Par ailleurs, à partir de mars 2016, Mme E a informé la direction de l'établissement qu'elle ne souhaitait plus être affectée au sein du service de médecine préventive, au regard des conditions de fonctionnement du service. Il s'ensuit que la longue inertie du centre hospitalier Jura Sud à organiser le service de médecine préventive afin de permettre aux agents de ce service de répondre aux demandes qui leur étaient adressées en l'absence de médecin du travail doit être regardée comme constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'administration. Les circonstances que le centre hospitalier Jura Sud a recherché de manière active un nouveau médecin ou encore que l'état de santé de Mme E serait la conséquence de sa manière de s'impliquer dans ses fonctions, à les supposer établies, ne sont pas de nature à exonérer l'administration de la faute qu'elle a commise. En outre, il résulte de l'instruction que l'état de santé de Mme E, décrit au point 3, trouve son origine dans les conditions de fonctionnement du service de médecine préventive dans lequel elle était affectée.

13. Il résulte de ce qui précède que Mme E est fondée à demander la condamnation du centre hospitalier Jura Sud à réparer les préjudices qu'elle estime avoir subis en raison de la faute de cet établissement dans l'organisation de ses services.

S'agissant des préjudices subis :

Quant aux conséquences de la perte temporaire de traitement :

14. Mme E soutient que la rechute de l'accident de service déclarée le 23 août 2017 n'a été reconnue par le centre hospitalier Jura Sud que par une décision du 18 mai 2018. Elle soutient que ce délai a conduit à une perte provisoire de traitement qui l'a contrainte à vendre sa résidence principale et à devoir louer un logement. Toutefois, la requérante n'établit pas l'existence d'un lien de causalité entre les décisions de gestion de sa résidence principale et le délai mis pour reconnaître l'imputabilité au service de la rechute de l'accident de travail dont elle a été victime. En tout état de cause, l'intéressée ne saurait demander au centre hospitalier Jura Sud de l'indemniser des loyers réglés dans l'attente de la reconnaissance de l'imputabilité au service de la rechute de son accident de travail dès lors que la décision de louer une résidence principale relève d'un choix personnel. Par suite, Mme E n'est pas fondée à demander l'indemnisation par le centre hospitalier Jura Sud de ce chef de préjudice.

Quant au préjudice moral :

15. Il résulte de l'instruction, et notamment des certificats médicaux produits, qu'en conséquence de l'accident de service du 7 juillet 2015, Mme E a souffert pendant plusieurs années de douleurs thoraciques oppressantes, d'un état dépressif sévère avec idées suicidaires et de surmenage professionnel. Elle a ainsi subi un préjudice moral directement en lien avec la faute du centre hospitalier Jura Sud dans l'organisation du service dans lequel l'intéressée était affectée. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en lui allouant une indemnité de 5 000 euros.

Sur les frais liés au litige :

En ce qui concerne les dépens :

16. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties ".

17. En application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre l'intégralité des frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 720 euros par une ordonnance du président du tribunal administratif en date du 6 janvier 2021, à la charge définitive du centre hospitalier Jura Sud, partie perdante à l'instance.

En ce qui concerne les frais non compris dans les dépens :

18. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier Jura Sud une somme de 1 500 euros à verser à Mme E au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

19. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme E, qui n'est pas la partie perdante, la somme que demande le centre hospitalier Jura Sud au titre des mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier Jura Sud est condamné à verser à Mme E la somme de 16 450 euros au titre des dommages et intérêts.

Article 2 : Les frais d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 720 euros TTC par une ordonnance du président du tribunal administratif du 6 janvier 2021, sont mis à la charge définitive du centre hospitalier Jura Sud.

Article 3 : Le centre hospitalier Jura Sud versera à Mme E une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E et au centre hospitalier Jura Sud.

Copie en sera adressée, pour information, à la caisse primaire d'assurance maladie du Jura.

Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Grossrieder, présidente,

Mme Besson, conseillère,

M. Seytel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.

Le rapporteur,

J. C

La présidente,

S. GrossriederLa greffière,

C. Quelos

La République mande et ordonne au préfet du Jura, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

(DEF)(/DEF)

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