mardi 4 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2200270 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires en réplique, enregistrés le 14 février, le 8 juillet et le 21 septembre 2022, Mme B A demande au tribunal une remise gracieuse et de prononcer la décharge de contribution de la taxe d'habitation au titre de l'année 2021 pour un montant total de 912 euros, à laquelle elle a été assujettie à raison d'un logement situé 32 rue des Granges Tavernier à Montperreux.
Elle soutient que :
- l'imposition n'est pas due à raison de la destruction de la résidence par un cas de force majeure, en vertu des dispositions civiles prédominantes de l'article 1722 du code civil ;
- la taxe d'habitation représentant une charge annexe au contrat de bail, le règlement applicable à ce contrat devrait s'imposer ;
- elle devrait à tout le moins bénéficier d'une remise gracieuse au titre de la période non-occupée en raison d'un cas de force majeure du 1er juin au 13 décembre 2021 ;
- la taxe foncière peut être levée, de sorte que la taxe d'habitation doit pouvoir l'être.
Par des mémoires en défense enregistrés les 29 juin, 8 septembre et 4 octobre 2022, le directeur départemental des finances publiques du Doubs conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Diebold, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Diebold, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est assujettie à la taxe d'habitation pour l'année 2021 au titre du logement situé au 32 rue des Granges Tavernier à Montperreux. Le 1er juin 2021, ledit logement a été détruit par un incendie. Le 15 novembre 2021, Mme A s'est acquittée de la somme de 381 euros, correspondant à l'impôt estimé dû par cette dernière, uniquement pour la période du 1er janvier au 31 mai 2021. Le solde non acquitté de la taxe d'habitation est d'un montant de 531 euros. La dette fiscale est assortie d'une majoration de 10 % pour paiement tardif, correspondant à un montant de 53 euros. La réclamation contentieuse du 19 novembre 2021 de Mme A, tendant au dégrèvement de la taxe d'habitation pour l'année 2021 restant due et de sa majoration, a été rejetée par décision de l'administration fiscale le 29 novembre 2021. Le 20 décembre 2021, Mme A a saisi le conciliateur fiscal départemental. Par décision du 12 janvier 2022, le conciliateur fiscal départemental s'est prononcé en faveur de l'administration fiscale. Par cette requête, Mme A demande la décharge partielle de la taxe d'habitation au titre de l'année 2021 et de sa majoration afférente.
Sur la demande de remise gracieuse de l'imposition :
2. La requérante demande au tribunal une remise gracieuse. Toutefois, il n'appartient pas au juge administratif de prononcer la remise gracieuse d'un impôt. Par suite, les conclusions de Mme A tendant à ce que le tribunal lui accorde un dégrèvement exceptionnel de la taxe d'habitation à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2021 doivent être, en conséquence, rejetées comme irrecevables.
Sur le bienfondé de l'imposition :
3. Aux termes des deux premiers alinéas du I de l'article 1407 du code général des impôts : " La taxe d'habitation est due : / 1° Pour tous les locaux meublés affectés à l'habitation ; ". Selon le I de l'article 1408 du même code : " La taxe est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposables. () ". Aux termes de l'article 1415 de ce code : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sur les résidences secondaires et autres locaux meublés non affectés à l'habitation principale sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition ". Il résulte de ces dispositions que la taxe d'habitation est due par toutes les personnes qui, au 1er janvier de l'année de l'imposition, ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance de locaux meublés affectés à l'habitation.
4. Il résulte de l'instruction que Mme A était domiciliée le 1er janvier 2021 au 32 rue des Granges Tavernier à Montperreux. Il s'ensuit que la requérante est assujettie à la taxe d'habitation au titre de l'année 2021.
Sur les contestations de l'imposition :
5. La requérante conteste le bienfondé de l'impôt concernant les mois non occupés, en raison d'un cas de force majeure, et demande l'application des dispositions du code civil.
6. En premier lieu, aux termes l'article 1722 du code civil : " Si, pendant la durée du bail, la chose louée est détruite en totalité par cas fortuit, le bail est résilié de plein droit ; si elle n'est détruite qu'en partie, le preneur peut, suivant les circonstances, demander ou une diminution du prix, ou la résiliation même du bail. Dans l'un et l'autre cas, il n'y a lieu à aucun dédommagement ". Il résulte de ces termes que cette disposition a vocation à régir les rapports entre un bailleur et un preneur en vertu d'un contrat de louage. Ce moyen ne concerne que des rapports de droit privé et il n'appartient pas au juge administratif d'en connaître. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1722 du code civil est inopérant et doit, pour ce motif, être écarté.
7. En second lieu, Mme A est assujettie à la taxe d'habitation en raison du logement qu'elle occupait le 1er janvier 2021. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de dispositions permettant un dégrèvement partiel de la taxe d'habitation en raison d'un évènement issu d'un cas de force majeure est inopérant et doit, pour ce motif, être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est fondée, ni à demander un dégrèvement exceptionnel ni, en tout état de cause, à solliciter la réduction ou la décharge partielle de la cotisation de la taxe d'habitation, à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2021 dans les rôles de la commune de Montperreux. Par suite, sa requête doit être rejetée.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directeur départemental des finances publiques du Doubs.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 4 juillet 2023
La magistrate désignée,
N. Diebold La greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
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