mercredi 5 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2200327 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PAPONNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 25 février 2022 et 24 avril 2024, Mme B C et M. A C, représentés par Me Paponnet, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mises à leur charge au titre de l'année 2015 pour un montant total de 70 442 euros, majorations et intérêts de retard compris ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la question de savoir si une résidence constitue une résidence habituelle est une question de fait, ce que souligne le BOFIP-RFPI-PVI-10-40-10 ;
- les parties se sont séparées au mois de juin 2014 et l'époux s'est installé dans un logement sis 7B rue du Muguet à Houtaud durant l'été 2014, qui a constitué sa résidence principale jusqu'à la cession de ce bien le 9 juillet 2015 ;
- la plus-value de cession intervenue à cette occasion doit être exonérée en application des dispositions de l'article 150 U II 1° et 3° du code général des impôts compte tenu des éléments dont justifient les requérants afin d'établir que ce bien constituait la résidence principale de l'époux.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 juillet 2022 et un mémoire enregistré le 26 avril 2024 non communiqué, la directrice départementale des finances publiques du Doubs conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Diebold, première conseillère,
- les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique,
- et les observations de Me Paponnet, pour M. et Mme C
Considérant ce qui suit :
1. Le 13 février 2015, M. et Mme C ont acquis un bien immobilier sis 7B rue du Muguet à Houtaud au prix de 116 000 euros. Ils ont cédé ce bien le 9 juillet 2015 pour un montant de 256 500 euros. Par une proposition de rectification du 18 décembre 2018, la plus-value de cession immobilière résultant de cette transaction a été soumise à l'impôt sur le revenu, aux prélèvements sociaux et à la taxe sur les plus-values sur la cession d'immeubles autres que des terrains à bâtir. Un avis de mise en recouvrement a été émis le 7 octobre 2021 pour un montant total de 70 442 euros. La réclamation effectuée le 6 janvier 2022 a été rejetée le 11 janvier suivant. M. et Mme C demandent au tribunal de prononcer la décharge des impositions supplémentaires mises à leur charge du fait de cette cession.
Sur le bienfondé des impositions :
2. Aux termes de l'article 150 U du code général des impôts : " I. - Sous réserve des dispositions propres aux bénéfices industriels et commerciaux, aux bénéfices agricoles et aux bénéfices non commerciaux, les plus-values réalisées par les personnes physiques ou les sociétés ou groupements qui relèvent des articles 8 à 8 ter, lors de la cession à titre onéreux de biens immobiliers bâtis ou non bâtis ou de droits relatifs à ces biens, sont passibles de l'impôt sur le revenu dans les conditions prévues aux articles 150 V à 150 VH. 5) / II. - Les dispositions du I ne s'appliquent pas aux immeubles, aux parties d'immeubles ou aux droits relatifs à ces biens : / 1° Qui constituent la résidence principale du cédant au jour de la cession ".
3. La résidence principale est le lieu où le contribuable réside habituellement et effectivement pendant la majeure partie de l'année, une utilisation temporaire d'un logement ne pouvant être regardée comme suffisante pour que le logement ait le caractère, au jour de la cession, d'une résidence principale susceptible de bénéficier de l'exonération prévue au 1° du II de l'article 150 U du code général des impôts. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement à l'impôt ou, le cas échéant, s'il remplit les conditions légales d'une exonération.
4. Les requérants soutiennent que le bien ayant fait l'objet de la cession en juillet 2015, sis 7B rue du Muguet à Houtaud, constituait la résidence principale de M. C, consécutivement à la séparation du couple durant l'été 2014.
5. D'une part, alors qu'il n'est pas même allégué que les requérants auraient entrepris des démarches afin d'établir pour l'année 2014 deux déclarations fiscales, ils sont réputés ainsi être domiciliés à leur adresse commune mentionnée dans leur déclaration de revenus 2015, soit 1 rue du Tartet dans la commune de Doubs. Si M. et Mme C affirment s'être séparés durant l'été 2014 et que le requérant a alors occupé le bien sis 7B rue du Muguet à Houtaud jusqu'à sa cession en juillet 2015, et ont déclaré à la caisse d'allocations familiales s'être séparés le 1er juin 2014, aucune pièce ne permet, en tout état de cause, de confirmer la date effective de cette séparation, alors que, outre la mention précitée sur la déclaration de revenus 2015 des requérants, les relevés bancaires de M. C ne mentionnent pas la rue du Muguet comme adresse et ne convocation en justice de ce dernier du 28 avril 2015 mentionne l'adresse de sa société tandis qu'il résulte de l'audition de la plaignante effectuée le même jour que M. C résidait alors chez sa mère. Par ailleurs, les photographies prises par un commissaire de justice les 6 juin et 7 juillet 2014 ne permettent pas d'établir que le bien sis à Houtaud ait pu être occupé durant l'été 2014, en l'absence de toiture puis de menuiserie. Enfin, si les requérants soutiennent également qu'il convient de retenir a minima que le bien avait pu être occupé au plus tard le 15 septembre 2014 compte tenu du dépôt de la déclaration d'achèvement des travaux le 30 octobre 2014 en mairie, et de la date de transmission à l'administration de la déclaration d'achèvement des travaux H1 le 15 décembre 2014, aucun élément factuel ne permet de considérer que cet achèvement soit intervenu effectivement avant le 15 septembre et non à une autre date postérieure. Dès lors, la date à partir de laquelle le requérant est susceptible d'avoir occupé le bien sis 7B rue du Muguet ne saurait être fixée antérieurement au 30 octobre 2014.
6. D'autre part, pour établir que le bien sis à Houtaud était constitutif de la résidence principale de M. C, les requérants font valoir les consommations énergétiques afférentes à ce lieu ainsi que des abonnements souscrits à cette adresse. Toutefois, et alors que des travaux occasionnant nécessairement de telles consommations ont été effectués dans ce bien sur la période concernée, les pièces produites, notamment celles correspondant à une consommation électrique relevée sur un compteur provisoire, ne permettent pas de conclure à une occupation permanente et durable des lieux. Si les requérants se prévalent également d'un abonnement téléphonique souscrit pour une ligne fixe à l'adresse du bien en litige, il ne ressort pas des pièces produites que cette ligne ait généré des frais, autre que ceux liés à son ouverture et à la souscription d'un abonnement, découlant de son utilisation effective. De la même façon, si M. et Mme C soutiennent encore que le domicile a été équipé afin de pouvoir être occupé et produisent à cet effet diverses factures datant de janvier 2015, l'acquisition de ces seuls biens, également susceptibles d'équiper un bien immobilier neuf en vue de sa cession, ne permettent pas d'en déduire que le requérant résidait à titre principal à cette adresse. Enfin, le contrat d'assurance produit comporte une date d'effet postérieure à celle de la cession, la carte grise concerne une acquisition opérée le 20 janvier 2015 avant une cession le 11 mai 2015 sans que la date à laquelle l'adresse a été modifiée puisse être établie, et enfin un contrat de santé versé au dossier est quant à lui daté du 9 novembre 2015, soit quatre mois après la cession en litige.
7. Dans ces conditions, l'appartement situé 7B rue du Muguet à Houtaud ne peut être regardé comme constituant la résidence principale de M. C à la date de sa cession le 9 juillet 2015.
8. Il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 5 que M. et Mme C ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que l'administration a remis en cause l'exonération dont ils avaient entendu bénéficier à raison de la cession d'une résidence principale, en application du 1° du II de l'article 150 U du code général des impôts. L'instruction référencée BOI-RFPI-PVI-10-40-10 § 30 et 40 ne comporte aucune interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il vient d'être fait application susceptible d'être opposée à l'administration sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme C demandent au titre des frais qu'ils ont exposés.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, M. A C et à la directrice départementale des finances publiques du Doubs.
Délibéré après l'audience du 30 avril 2024 à laquelle siégeaient :
- Mme Schmerber, présidente,
- Mme Diebold, première conseillère,
- Mme Goyer-Tholon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2024.
La rapporteure,
N. DieboldLa présidente,
C. Schmerber
La greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026