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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2200429

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2200429

jeudi 28 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2200429
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantRACINE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 8 mars 2022, le magistrat délégué du tribunal administratif de Dijon a transmis au tribunal administratif de Besançon, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par Mme C B.

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés au tribunal administratif de Dijon les 3 et 7 février 2022, Mme C B doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le centre hospitalier Louis Pasteur A a refusé de lui accorder le bénéfice des allocations d'aide au retour à l'emploi pour la période d'octobre 2021 à janvier 2022 ;

2°) de condamner le centre hospitalier Louis Pasteur A à des dommages et intérêts ainsi que des pénalités de retard.

Mme B soutient que le centre hospitalier Louis Pasteur A a considéré à tort qu'elle ne remplissait pas les conditions requises pour bénéficier de l'aide au retour à l'emploi pour la période d'octobre 2021 à janvier 2022.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2023, le centre hospitalier Louis Pasteur A, représenté par Me Muller-Pistre, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que Mme B lui verse une somme de 1 450 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le centre hospitalier Louis Pasteur A fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, elle ne contient pas l'exposé de moyens ;

- les conclusions aux fins d'indemnisation de la requête sont irrecevables dès lors que, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, aucune décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle n'est intervenue ;

- la requête n'est pas fondée.

En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour présider la deuxième chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 ;

- le décret n° 2019-797 26 juillet 2019 ;

- le décret n° 2020-741 du 16 juin 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Marquesuzaa a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a été employée du 31 août 2020 au 30 septembre 2021 en qualité de secrétaire médicale au sein des effectifs du centre hospitalier A, sous forme de contrats à durée déterminée successifs. Elle a demandé au centre hospitalier Louis Pasteur A de lui accorder le bénéfice de l'allocation d'aide au retour à l'emploi pour la période allant d'octobre 2021 à janvier 2022. Par la présente requête, Mme B doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision implicite par laquelle le centre hospitalier Louis Pasteur A a refusé de lui accorder le bénéfice des allocations d'aide au retour à l'emploi pour la période d'octobre 2021 à janvier 2022.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur les droits au revenu de remplacement des travailleurs privés d'emploi, c'est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant au cours de la période en litige que le juge doit statuer.

3. D'une part, l'article 1er du règlement d'assurance chômage figurant à l'annexe A du décret du 26 juillet 2019 relatif au régime d'assurance chômage prévoit que : " Le régime d'assurance chômage assure un revenu de remplacement dénommé " allocation d'aide au retour à l'emploi ", pendant une durée déterminée, aux salariés qui remplissent des conditions relatives au motif de fin du contrat de travail et à la durée d'affiliation, ainsi que des conditions d'âge, d'aptitude physique, de chômage, d'inscription comme demandeur d'emploi et de recherche d'emploi ".

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 5424-1 du code du travail : " Ont droit à une allocation d'assurance, lorsque leur privation d'emploi est involontaire ou assimilée à une privation involontaire ou en cas de cessation d'un commun accord de leur relation de travail avec leur employeur, et lorsqu'ils satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, dans les conditions prévues aux articles L. 5422-2 et L. 5422-3 : / 1° Les agents fonctionnaires et non fonctionnaires de l'Etat et de ses établissements publics administratifs, les agents titulaires des collectivités territoriales ainsi que les agents statutaires des autres établissements publics administratifs ainsi que les militaires ; / 2° Les agents non titulaires des collectivités territoriales et les agents non statutaires des établissements publics administratifs autres que ceux de l'Etat et ceux mentionnés au 4° ainsi que les agents non statutaires des groupements d'intérêt public () ". Le IV de l'article 72 de la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique ainsi que les articles 2 et 3 du décret du 16 juin 2020 relatif au régime particulier d'assurance chômage applicable à certains agents publics et salariés du secteur public précisent les conditions dans lesquelles une personne peut être regardée comme ayant été involontairement privée d'emploi. L'article 2 de ce décret dispose notamment que : " Sont considérés comme ayant été involontairement privés d'emploi : / 2° Les personnels de droit public ou de droit privé dont le contrat est arrivé à son terme et n'est pas renouvelé à l'initiative de l'employeur () ".

5. Enfin, aux termes de l'article L. 5421-3 du même code : " La condition de recherche d'emploi requise pour bénéficier d'un revenu de remplacement est satisfaite dès lors que les intéressés sont inscrits comme demandeurs d'emploi et accomplissent, à leur initiative ou sur proposition de l'un des organismes mentionnés à l'article L. 5311-2, des actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer, reprendre ou développer une entreprise () ".

6. Il résulte de l'instruction que Mme B ne s'est pas inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi avant le 1er novembre 2021 et que le centre hospitalier Louis Pasteur A lui a bien versé l'aide au retour à l'emploi à compter de cette date. Par suite, Mme B, qui ne pouvait pas prétendre au versement de l'aide au retour à l'emploi avant son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi, n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée.

Sur les conclusions aux fins d'indemnisation :

7. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".

8. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme B aurait adressé à l'administration une demande tendant au paiement d'une somme d'argent en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi à raison du refus de versement des allocations de l'aide au retour à l'emploi pour la période d'octobre 2021 à janvier 2022. L'intéressée n'ayant par ailleurs pas indiqué ou justifié avoir formé une telle demande en cours d'instance, aucune décision prise par l'administration à cet égard n'est intervenue à la date du présent jugement. Par suite, le centre hospitalier Louis Pasteur A est fondé à soutenir que les conclusions de Mme B aux fins d'indemnisation sont irrecevables.

9. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de ce que la requête est irrecevable faute de contenir l'exposé de moyens, que la requête de Mme B doit être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

10. Compte tenu de la situation économique de la partie perdante, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du centre hospitalier Louis Pasteur A présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier Louis Pasteur A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au centre hospitalier Louis Pasteur A.

Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,

- M. Seytel, conseiller,

- Mme Marquesuzaa, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.

La rapporteure,

A. MarquesuzaaLe premier conseiller faisant fonction de président,

A. PernotLa greffière,

C. Quelos

La République mande et ordonne au préfet du Jura en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme.

La greffière,

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