jeudi 29 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2200528 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Juge unique 2ème chambre |
| Avocat requérant | DESFARGES PIERRE-HENRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 mars 2022, Mme C B A, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 décembre 2021 par laquelle la présidente du conseil départemental du Doubs a rejeté sa demande tendant au bénéfice du revenu de solidarité active (RSA) avec effet rétroactif à compter du 13 juin 2018 ;
2°) d'enjoindre au conseil départemental du Doubs de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retardà l'expiration de ce délai ;
3°) de mettre à la charge du conseil départemental du Doubs la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B A soutient qu'elle n'a pas pu présenter de demande de RSA avant de se voir attribuer le statut de réfugiée et que la décision en litige méconnaît le caractère récognitif du statut de réfugié.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mars 2023, le département du Doubs conclut au rejet de la requête.
Le département du Doubs soutient que le moyen invoqué par la requérante n'est pas fondé.
La requête a été communiquée à la caisse d'allocations familiales (CAF) du Doubs qui n'a pas présenté de mémoire en défense.
Par une décision du 28 janvier 2022, l'aide juridictionnelle totale a été accordée à Mme B A.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de M. Pernot a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B A, de nationalité irakienne, est arrivée en France, accompagnée de son époux et de son fils, le 13 juin 2018. Le 12 février 2021, la requérante et son époux ont obtenu le statut de réfugié. Par un courrier du 19 mai 2021, le directeur de la CAF du Doubs a informé la requérante, désignée comme allocataire principale de la prestation, que la présidente du conseil départemental du Doubs avait décidé de lui accorder le bénéfice du RSA à compter du février 2021, mois au cours duquel la requérante et son époux avaient déposé leur demande tendant au bénéfice de cette allocation. Par un recours en date du 15 octobre 2021, Mme B A et son époux ont sollicité la rétroactivité de leur droit au RSA à compter de la date de leur arrivée en France. Par une décision en date du 3 décembre 2021, dont Mme B A demande l'annulation, la présidente du conseil départemental du Doubs a rejeté ce recours.
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à l'allocation de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation ou à cette aide qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.
3. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. / () ". Aux termes de l'article L. 262-4 de ce code : " Le bénéfice du revenu de solidarité active est subordonné au respect, par le bénéficiaire, des conditions suivantes : 1° Etre âgé de plus de vingt-cinq ans ou assumer la charge d'un ou plusieurs enfants nés ou à naître ; 2° Etre français ou titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour autorisant à travailler. Cette condition n'est pas applicable : a) Aux réfugiés, aux bénéficiaires de la protection subsidiaire, aux apatrides et aux étrangers titulaires de la carte de résident ou d'un titre de séjour prévu par les traités et accords internationaux et conférant des droits équivalents ; () ". Aux termes de l'article L. 262-18 du même code : " Sous réserve du respect des conditions fixées à la présente section, le revenu de solidarité active est ouvert à compter de la date de dépôt de la demande ". Enfin, aux termes de l'article R. 262-33 de ce code : " Sans préjudice des dispositions particulières prévues aux articles L. 262-37 et L. 262-38, l'allocation est due à compter du premier jour du mois civil au cours duquel la demande a été déposée auprès d'un des organismes mentionnés à l'article D. 262-26 ".
4. En vertu des dispositions du 2° de l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles, l'attribution du revenu de solidarité active à une personne à laquelle le statut de réfugié a été reconnu ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été accordé n'est pas subordonnée à la condition que le demandeur détienne, depuis cinq ans, un titre de séjour l'autorisant à travailler. Toutefois, ces dispositions n'ont ni pour objet ni pour effet de dispenser le demandeur auquel le statut de réfugié a été reconnu ou la protection subsidiaire accordée, de satisfaire aux autres conditions prévues par le code de l'action sociale et des familles, notamment par les articles L. 262-18 et R. 262-33 précités, lesquels ne permettent pas aux ressortissants français de bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active avant la date de leur demande d'allocation, même s'ils remplissent antérieurement les conditions pour l'obtenir.
5. Si Mme B A soutient que le statut de réfugié qui lui a été accordé le 12 février 2021 présente un caractère recognitif à compter de son entrée sur le territoire national et qu'elle devrait bénéficier du RSA à compter de cette dernière date dès lors que la CAF a toujours refusé d'enregistrer sa demande d'allocation avant la reconnaissance de ce statut, il ne résulte pas de l'instruction que la requérante aurait déposé une telle demande avant février 2021. En tout état de cause, Mme B A ne remplissait pas la condition prévue au 2° de l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles pour pouvoir bénéficier du RSA avant que lui soit reconnu le statut de réfugié et, en vertu des dispositions des articles L. 262-18 et R. 262-33 du code précité, l'intéressée, qui a présenté une demande tendant au bénéfice de cette allocation en février 2021, ne pouvait y prétendre qu'à compter du premier jour de ce mois.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 3 décembre 2021 par laquelle la présidente du conseil départemental du Doubs a refusé de lui accorder le bénéfice du RSA rétroactivement à compter du 13 juin 2018. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B A et au département du Doubs.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales du Doubs.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2023.
Le magistrat désigné,
A. PernotLa greffière,
L. Azizi
La République mande et ordonne au préfet du Doubs, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026