mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2200581 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SIRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 avril 2022, M. B A, représenté par Me Sirat, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations primitives d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 et 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- son revenu foncier taxable doit être réduit, dès lors que le loyer perçu s'élevait à 780 euros en 2015 et 3 879 euros en 2016, qu'il a supporté des provisions sur charges de copropriété à hauteur de 365 euros en 2015 et de 128 euros en 2016, et que sa quote-part n'est que de 50 % ;
- l'administration a méconnu les dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales en s'abstenant de répondre aux observations de la société à responsabilité limitée (SARL) Publicom Card Systems, dont il détient 62,5 % du capital, avant de mettre en recouvrement les impositions supplémentaires déterminées à la suite de la vérification de comptabilité dont cette société a fait l'objet.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 septembre 2022, le directeur départemental des finances publiques du Doubs conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kiefer, conseillère,
- et les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. En l'absence de déclarations de ses revenus pour les années 2015 et 2016 malgré deux mises en demeure, M. A s'est vu notifier, selon la procédure de taxation d'office, par une proposition de rectification du 31 juillet 2018, des cotisations primitives d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2015 et 2016, correspondant notamment à la taxation de son revenu foncier et à la rectification du montant des bénéfices industriels et commerciaux retirés par le requérant de l'exercice de l'activité de la SARL Publicom Card Systems, dont il détient 62,5 % du capital. A la suite du rejet partiel de sa réclamation préalable le 3 février 2022, M. A demande au tribunal de prononcer la décharge des impositions restant à sa charge.
Sur la régularité de la procédure d'imposition de la SARL Publicom Card Systems :
2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / Sur demande du contribuable reçue par l'administration avant l'expiration du délai mentionné à l'article L. 11, ce délai est prorogé de trente jours. / () Lorsque l'administration rejette les observations du contribuable sa réponse doit également être motivée ".
3. Il résulte de l'instruction qu'à la suite de la vérification de comptabilité dont la SARL Publicom Card Systems a fait l'objet, l'administration fiscale a notifié au requérant, par une proposition de rectification du 31 juillet 2018, une rectification de la quote-part de résultat de cette entité pour les années 2015 et 2016, donnant lieu à l'imposition des bénéfices industriels et commerciaux retirés par le requérant dans le cadre de l'exercice de l'activité de cette société. Par un courrier du 14 août 2018, M. A a sollicité la prorogation de trente jours du délai lui permettant de formuler des observations. S'il soutient que l'administration fiscale s'est, par la suite, abstenue de répondre à ses observations, envoyées par lettre recommandée avec accusé de réception le 3 octobre 2018, avant de mettre en recouvrement les rectifications proposées, il se borne à produire une preuve d'envoi d'un courrier à l'administration fiscale à cette date, au demeurant postérieure à la date d'expiration du délai prorogé, sans copie de ce courrier ni preuve de sa réception. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales doit être écarté.
Sur le bien-fondé de l'imposition de M. A :
En ce qui concerne la charge de la preuve :
4. Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office, la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ". Aux termes de l'article R. 193-1 de ce livre : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré ". Conformément à ces dispositions, il appartient à M. A, qui a été imposé d'office, sur le fondement des articles L. 69 et L. 73 du livre des procédures fiscales, d'apporter la preuve de l'exagération des bases d'imposition retenues par le service.
En ce qui concerne le revenu foncier taxable :
5. Il résulte de l'instruction que l'administration a évalué le revenu foncier taxable de M. A à hauteur de 22 793 euros pour l'année 2015 et 5 625 euros pour l'année 2016. En ce qui concerne son appartement situé rue Eugène de Savoye à Besançon, M. A soutient que son revenu foncier doit être réduit à hauteur de - 297 euros.
6. En premier lieu, si M. A soutient qu'il a perçu seulement 780 euros de loyer pour l'année 2015 et 3 879 euros de loyer pour l'année 2016, alors que le service a retenu 5 635 euros pour chacune de ces années, il ne produit aucun élément de nature à justifier ses allégations.
7. En deuxième lieu, si M. A soutient qu'il a exposé 365 euros de provisions sur charges de copropriété pour l'année 2015, il ne produit aucun justificatif à l'appui de cette allégation, alors au demeurant que le service indique sans être contesté avoir retenu les sommes indiquées à partir des justificatifs joints à la réclamation de l'intéressé.
8. En dernier lieu, si M. A soutient que l'appartement en litige ne lui appartient qu'à hauteur de 50 %, l'autre moitié appartenant selon lui à son ex-épouse, il ne produit là encore aucun élément à l'appui de cette allégation, alors qu'il résulte de l'instruction, et particulièrement de l'acte d'acquisition de l'appartement, produit en défense, que le bien lui appartient dans sa totalité.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la décharge des cotisations primitives d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 et 2016.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais qu'il a exposés.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice départementale des finances publiques du Doubs.
Délibéré après l'audience du 9 avril 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Schmerber, présidente,
- Mme Diebold, première conseillère,
- Mme Kiefer, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.
La rapporteure,
L. Kiefer
La présidente,
C. SchmerberLa greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026