jeudi 15 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2200813 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LAMBERT EMMANUEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 16 mai, 22 juillet et 30 août 2022, la SAS Ambulances et Taxis des Quatre Villages, représentée par Me Lambert, avocat, demande au juge des référés :
1°) de condamner le centre hospitalier Jura Sud à lui verser, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, une somme provisionnelle d'un montant de 21 184, 77 euros correspondant à des factures non payées de transports sanitaires à la demande du SMUR, assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception des factures ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier Jura Sud une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a informé le centre hospitalier Jura Sud des nouveaux tarifs qu'elle pratiquerait à compter du 15 novembre 2021, celui-ci s'y est opposé sur des arguments infondés ;
- depuis la mise en place de ces tarifs elle a été sollicitée à plusieurs reprises par le centre d'appel 15 dans le cadre de déclenchements SMUR et a émis régulièrement des factures que le centre hospitalier a rejetées ;
- un SMUR n'intervient que dans le cadre de l'aide médicale d'urgence dont le financement des interventions relève des centres hospitaliers et non de l'assurance maladie ;
- le défendeur entretient la confusion entre interventions SMUR et garde hospitalière ;
- les tarifs de transports à la demande du SMUR sont libres.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juillet 2022, le centre hospitalier Jura Sud, représenté par Me Suissa, avocate, conclut au rejet de la requête et demande à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante une somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les factures adressées par la requérante sont relatives à des sorties blanches ;
- la créance ne présente pas un caractère de certitude dès lors qu'il n'est pas établi que les transports ne relèveraient pas du financement par l'assurance maladie ;
- le litige concerne les tarifs de la requérante qui ont été refusés par le centre hospitalier dès lors qu'ils ne peuvent être librement fixés ;
- la convention nationale des transporteurs sanitaires privés s'applique.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 26 février 2021 portant approbation de l'avenant n° 10 à la convention nationale des transporteurs sanitaires privés ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
2. Une obligation dont l'existence soulève une question de droit présentant une difficulté sérieuse ne peut être regardée comme une obligation dont l'existence n'est pas sérieusement contestable. Par suite, le juge du référé ne saurait, sans méconnaître les dispositions de cet article, se prononcer sur la difficulté ainsi soulevée pour accorder la provision demandée.
3. D'une part, aux termes de l'article L. 6112-1 du code de la santé publique, " Les établissements de santé peuvent être appelés à assurer, en tout ou partie, une ou plusieurs des missions de service public suivantes : () 8° L'aide médicale urgente, conjointement avec les praticiens et les autres professionnels de santé, personnes et services concernés ;(). ". Aux termes de l'article L. 6311-1 du même code : " L'aide médicale urgente a pour objet, le cas échéant avec le concours des services d'incendie et de secours dans le cadre de leurs opérations de secours, de faire assurer aux malades, blessés et parturientes, en quelque endroit qu'ils se trouvent, les soins d'urgence appropriés à leur état. ". Aux termes de l'article L. 6311-2 du même code : " Seuls les établissements de santé peuvent être autorisés () à comporter une ou plusieurs unités participant au service d'aide médicale urgente, dont les missions et l'organisation sont fixées par voie réglementaire. / Un centre de réception et de régulation des appels est installé dans les services d'aide médicale urgente. () Les services d'aide médicale urgente et les services concourant à l'aide médicale d'urgence sont tenus d'assurer le transport des patients pris en charge dans le plus proche des établissements offrant des moyens disponibles adaptés à leur état, sous réserve du respect du libre choix ". Aux termes de l'article L. 162-22-13 du code de la sécurité sociale : " Il est créé, au sein de l'objectif national de dépenses d'assurance maladie (), une dotation nationale de financement des missions d'intérêt général et d'aide à la contractualisation des établissements de santé mentionnés aux a, b, c et d de l'article L. 162-22-6. Cette dotation participe notamment au financement des engagements relatifs aux missions mentionnées à l'article L. 6112-1 du code de la santé publique () ". Aux termes de l'article D. 162-6 du même code, : " Peuvent être financées par la dotation nationale de financement des missions d'intérêt général et d'aide à la contractualisation mentionnée à l'article L. 162-22-13 les dépenses correspondant aux missions d'intérêt général suivantes : () 2° La participation aux missions de santé publique mentionnées ci-dessous : () j) L'aide médicale urgente réalisée par les services d'aide médicale urgente et les services mobiles d'urgence et de réanimation respectivement mentionnés aux articles L. 6112-5 et R. 6123-10 du code de la santé publique () ", dont les dispositions ont été transférées aux articles L. 6311-2 et R. 6123-15 du même code.
4. D'autre part, aux termes de l'article 11 de l'arrêté du 26 février 2021 portant approbation de l'avenant n° 10 à la convention nationale des transporteurs sanitaires privés, laquelle a pour objet en vertu de son article 1er d'organiser les rapports entre les transporteurs privés et les organismes d'assurance maladie, " On entend par transports urgents pré-hospitaliers dans le présent avenant, les interventions et les transports réalisés par un transporteur sanitaire à la demande du SAMU - centre 15. Sont visés ici les transports primaires correspondant aux transports effectués en vue de l'admission d'un patient dans un établissement de santé à l'exclusion des transports entre deux établissements de santé, que le patient soit hospitalisé ou pas. Les interventions et transports urgents pré-hospitaliers sont obligatoirement assurés par une ambulance. Lorsque le transport urgent n'est pas prescrit dans le cadre de la régulation du SAMU - centre 15 mais par un médecin libéral, il n'entre pas dans le champ des interventions ou transports urgents pré-hospitaliers, au sens du présent avenant. Le présent avenant décrit les modalités de rémunération des transporteurs sanitaires réalisant des interventions et transports urgents pré-hospitaliers dans le respect de la réglementation en vigueur et du cahier des charges départemental défini par chaque agence régionale de santé. On entend par service ambulancier UPH la période pendant laquelle le transporteur sanitaire est tenu de mettre à disposition les moyens pour réaliser des interventions et des transports urgents pré-hospitaliers demandés par le SAMU ; il est alors inscrit au tableau de service ambulancier UPH établi par l'agence régionale de santé. ". Aux termes de l'article 14 du même arrêté, " Les interventions non suivies de transports vers les services d'urgence ou "sorties blanches sont payées intégralement par l'Assurance maladie obligatoire (). Le paiement de ces interventions est réalisé par la caisse de rattachement du transporteur sanitaire a posteriori tous les trimestres, sur la base des informations fournies par le coordonnateur ambulancier. ". L'article 17 du même arrêté précise, " Modalités de paiement des TUPH, Les interventions et les transports au titre du service ambulancier UPH sont réglées par la caisse de rattachement du transporteur sanitaire sur facture. ". L'article 18 prévoit pour sa part un complément au minimum garanti qui est versé par la caisse de rattachement du transporteur sanitaire et comprend le paiement des sorties blanches.
5. En conséquence des régimes de financement des différents transports sanitaires résultant de ces dispositions, il appartient à la société requérante d'établir que les transports qu'elle a effectués, même sollicités par le centre d'appel et de régulation 15, relèvent d'un financement par le budget du centre hospitalier Jura Sud et non par l'assurance maladie. Toutefois, la société requérante se borne à produire des factures et des fiches dites " SMUR ", qu'elle a elle-même établies, qui se rapportent à la mise à disposition d'une ambulance avec son équipage de deux personnes dont certaines sont d'ailleurs relatives à des sorties blanches ou des sorties annulées, sans aucun autre élément de preuve. Ainsi, la créance dont se prévaut la requérante à l'encontre de l'établissement public de santé défendeur présente un caractère sérieusement contestable au sens des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier Jura Sud, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la société Ambulances et Taxis des Quatre Villages au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Ambulances et Taxis des Quatre Villages la somme demandée par le centre hospitalier Jura Sud au même titre.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la société Ambulances et Taxis des Quatre Villages est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier Jura Sud sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Ambulances et Taxis des Quatre Villages et au centre hospitalier Jura Sud.
Fait à Besançon, le 15 septembre 2022.
Le juge des référés,
S. A
La République mande et ordonne au préfet du Jura, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026