mardi 24 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2200985 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juin 2022, Mme A B soumet au tribunal un litige concernant la décision du 7 avril 2022 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) du Jura a rejeté son recours tendant à la contestation du montant de l'aide personnalisée au logement (APL) versé depuis le 1er janvier 2022.
Elle soutient que :
- le montant de son APL a diminué de 216 euros à 27,59 euros à compter du mois de janvier 2022 alors que ses ressources ne sont constituées que de son allocation chômage qui varie entre 950 et 1 050 euros par mois ;
- elle est dans l'incapacité de travailler car elle doit s'occuper de son frère en situation de handicap depuis le décès de leur mère en mai 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mai 2023, le directeur de la CAF du Jura conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, M. Pernot a lu son rapport et entendu les observations de Mme B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B perçoit l'APL depuis plusieurs années. A compter du 1er janvier 2022, elle a constaté une baisse sensible du montant alloué. Par un courrier du 15 mars 2022, l'intéressée a contesté cette diminution. Par une décision du 7 avril 2022, le directeur de la CAF du Jura, après avis de la commission de recours amiable, a rejeté sa réclamation. Mme B demande l'annulation de cette décision.
En ce qui concerne le cadre juridique applicable :
2. En vertu des dispositions combinées des articles L. 812-1, L. 821-1, L. 823-9, L. 825-3, R. 825-2 et R. 825-3 du code de la construction et de l'habitation ainsi que des articles L. 553-2 et R. 142-1 du code de la sécurité sociale, les aides personnelles au logement sont liquidées et payées, pour le compte du fonds national d'aide au logement, c'est-à-dire au nom de l'Etat, par les organismes chargés de gérer les prestations familiales.
3. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 2, sans remettre en cause, le cas échéant, des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aides personnelles au logement, la personne qui entend contester cette décision doit, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable auprès de la commission de recours amiable de cet organisme et la décision prise par le directeur de cet organisme, après avis de cette commission, se substitue à la décision initiale et est seule susceptible d'être contestée devant le juge administratif. Statuant sur un recours dirigé contre une telle décision, il appartient au juge, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
En ce qui concerne le droit à l'APL :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation dans sa version applicable à la présente affaire : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. Ce barème est établi en prenant en considération : 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer, telles que définies aux articles L. 822-5 à L. 822-8 ; 3° Le montant du loyer payé, pris en compte dans la limite d'un plafond, ainsi que les dépenses accessoires retenues forfaitairement ; 4° La qualité du demandeur : locataire, colocataire ou sous-locataire d'un logement meublé ou non, accédant à la propriété ou résident en logement-foyer ; () ". Aux termes de l'article R. 822-2 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles dont bénéficient le demandeur ou l'allocataire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer ". Aux termes de l'article R. 822-3 du même code : " les ressources et les charges prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont appréciées, tous les trois mois, sous réserve des dispositions prévues à l'article R. 823-6-1, selon les périodes de référence suivantes : / 1° Pour les ressources mentionnées à l'article R. 822-4 prises en compte par la déclaration sociale nominative définie à l' article L. 133-5-3 du code de la sécurité sociale (), sur une période de référence courant du treizième au deuxième mois précédant la date d'ouverture ou de réexamen du droit à l'aide personnelle au logement ; () ". Aux termes de l'article R. 822-4 du même code : " I.- Les ressources prises en compte s'entendent du total des revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu selon le barème progressif, des revenus taxés à un taux proportionnel ou soumis à un prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu () ". Il résulte des dispositions précitées que le montant de l'APL est calculé tous les trois mois, en fonction d'un barème, fixé par voie règlementaire, prenant en considération, notamment, les revenus perçus par l'allocataire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer du treizième au deuxième mois précédant la période au cours de laquelle cette aide est versée.
5. D'une part, il n'est pas contesté que pour calculer le montant de l'APL de Mme B, à compter de janvier 2022, la CAF du Jura a pris en compte les ressources perçues par l'intéressée durant la période de novembre 2020 à octobre 2021, soit 12 500 euros après abattements fiscaux et sociaux. D'autre part, il résulte de l'instruction que le revenu fiscal de référence de Mme B s'élevait respectivement à 11 057 euros pour les revenus de 2019, 11 126 euros pour les revenus de 2020 et 13 549 euros pour les revenus de 2021. L'augmentation des revenus perçus par la requérante en 2021 a donc pu conduire à une diminution de son APL à compter de l'année 2022 dont il n'est pas établi qu'elle serait erronée. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le directeur de la CAF du Jura aurait apprécié de manière inexacte son droit à l'APL.
6. En second lieu, si Mme B fait état de ses difficultés financières et de la situation de son frère, ce moyen apparait inopérant à l'égard de la décision du 7 avril 2022.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la caisse d'allocations familiales du Jura.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
A. Pernot La greffière,
C. Chiappinelli
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
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03/08/2026