mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2201023 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL CELEV CONSEIL AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance en date du 8 juin 2022, enregistrée le 9 juin 2022 au greffe du tribunal, le président de la quatrième chambre du tribunal administratif de Lyon a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. A B.
Par cette requête et un mémoire, enregistrés les 23 mars 2021 et 25 janvier 2024, M. B, représenté par Me Legroux, demande au tribunal :
1°) la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de taxe sur la valeur ajoutée mises à sa charge au titre des exercices 2015 et 2016 ;
2°) d'ordonner la restitution de ces sommes et le paiement des intérêts moratoires dus sur ces sommes ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'administration a implicitement considéré qu'il s'était placé en position d'abus de droit, sans lui offrir les garanties prévues par l'article L. 64 du livre des procédures fiscales ;
- l'administration ne justifie pas la qualification de recettes professionnelles appliquée aux sommes créditées sur ses comptes bancaires ;
- les cotisations supplémentaires mises à sa charge sont disproportionnées car il rencontre des difficultés financières et familiales ;
- les majorations appliquées pour cause de non-adhésion à un centre de gestion agréée sur le fondement de l'article 158-7-1°a) du code général des impôts méconnaissent l'article 1er du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 juin 2021, le directeur des finances publiques de la région Auvergne- Rhône- Alpes et du département du Rhône conclut à titre principal à la compétence du tribunal administratif de Besançon et à titre subsidiaire au rejet de la requête sur le fond.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense enregistrés le 20 octobre 2023 et 16 mai 2024, la directrice départementale des finances publiques du Doubs conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- un avis de dégrèvement a été rendu le 15 mai 2024, à hauteur d'un montant de 7 665 euros ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné Mme Diebold, première conseillère, pour présider la première chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Goyer-Tholon, conseillère ;
- et les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B exerce une activité de vente à distance d'horloges et de pièces d'horlogerie. A la suite d'une vérification de comptabilité, M. B a fait l'objet d'un rappel de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016 et d'un rappel d'impôt sur le revenu pour les années 2015 et 2016. Il a présenté deux réclamations les 15 mars 2019 et 18 février 2020, sollicitant un dégrèvement total des cotisations supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée et d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 et 2016. Suite aux rejets de ces réclamations par l'administration, en dernier lieu le 27 janvier 2021, M. B a saisi le tribunal et demande la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de taxe sur la valeur ajoutée mises à sa charge au titre des exercices 2015 et 2016, ainsi que la restitution de ces sommes.
Sur l'étendue du litige :
2. L'administration fiscale a prononcé, le 15 mai 2024, par une décision postérieure à l'introduction de la requête, un dégrèvement hauteur d'un montant de 7 665 euros correspondant à l'abandon de la majoration de 25 % prévue à l'article 158-7-1° du code général des impôts. Dans cette mesure, il n'y a donc plus lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge présentées par M. B.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
3. Aux termes de l'article L. 64 du livre des procédures fiscales dispose : " Afin d'en restituer le véritable caractère, l'administration est en droit d'écarter, comme ne lui étant pas opposables, les actes constitutifs d'un abus de droit, soit que ces actes ont un caractère fictif, soit que, recherchant le bénéfice d'une application littérale des textes ou de décisions à l'encontre des objectifs poursuivis par leurs auteurs, ils n'ont pu être inspirés par aucun autre motif que celui d'éluder ou d'atténuer les charges fiscales que l'intéressé, si ces actes n'avaient pas été passés ou réalisés, aurait normalement supportées eu égard à sa situation ou à ses activités réelles. En cas de désaccord sur les rectifications notifiées sur le fondement du présent article, le litige est soumis, à la demande du contribuable, à l'avis du comité de l'abus de droit fiscal. L'administration peut également soumettre le litige à l'avis du comité. ".
4. Le requérant soutient que l'administration a considéré que la dissimulation d'une partie de son chiffre d'affaires à travers des recettes encaissées par sa compagne caractérisait implicitement une situation d'abus de droit " rampant ", alors qu'il n'a pas été mis à même de demander la saisine du comité de l'abus de droit fiscal. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que l'administration ait écarté aucun acte, mais elle s'est bornée à requalifier des sommes ayant transité par le compte de la compagne de M. B afin de reconstituer le chiffre d'affaires réalisé par celui-ci. Ainsi, l'administration n'a pas entendu se placer implicitement sur le terrain de l'abus de droit. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 64 du livre des procédures fiscales doit être écarté.
Sur le bien-fondé des impositions :
5. M. B conteste les montants des recettes rectifiés auxquels l'administration est parvenue et fait valoir que l'ensemble des mouvements de fonds constatés sur ses comptes bancaires ne correspondait pas nécessairement à des recettes professionnelles. Il soutient, en particulier, qu'un certain nombre des sommes regardées par l'administration comme constituant des recettes correspondaient en réalité à des sommes qui lui ont été versées par sa compagne dans le cadre des dépenses de la vie commune ou encore reçues de tiers dans le cadre de sa vie privée et non de son activité professionnelle. Il résulte toutefois de l'instruction qu'en l'absence de comptabilité établie par M. B, les recettes ont été reconstituées à partir des encaissements figurant sur les relevés de ses comptes bancaires, et que l'administration en a déduit certaines sommes reçues à titre privé telles que des versements effectués par la compagne de M. B au titre de sa participation à la vie commune, un chèque reçu de sa mère, un virement reçu de Natixis et des virements de compte effectués par internet ou par mobile, tel que cela ressort d'un courrier du 10 août 2018 de l'inspecteur principal des finances publiques de la direction générale des finances publiques de Lyon. Si le requérant produit des tableaux établis par ses soins relatifs aux " détails du calcul des chiffres d'affaires 2015 et 2016 ", listant de manière laconique des versements effectués sur son compte en banque, dont certains proviendraient du cadre privé et non professionnel, il n'apporte aucun élément précisant l'objet des transferts d'argent ou encore la provenance des fonds de nature à démontrer qu'ils ne seraient pas liés à son activité professionnelle, alors-même qu'il a reconnu qu'une partie de son chiffre d'affaires provenait de recettes reversées par sa compagne qu'elle avait encaissées sur son propre compte bancaire. Dès lors, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'administration n'aurait pas justifié la qualification de recettes professionnelles des sommes qu'elle a retenues pour procéder aux rehaussements en litige.
6. Enfin, si M. B fait valoir qu'il connaît des difficultés financières et familiales, cette circonstance est sans incidence sur le bien-fondé des impositions en litige.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de taxe sur la valeur ajoutée mises à sa charge au titre des exercices 2015 et 2016, ainsi que la restitution de ces sommes.
Sur les frais liés au litige :
8. L'Etat n'étant pas, dans la présente instance, partie perdante, les conclusions présentées par M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu à statuer sur les conclusions aux fins de décharge de M. B à hauteur de la somme de 7 665 euros.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques du Doubs.
Délibéré après l'audience du 28 mai 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Diebold, première conseillère faisant fonction de présidente ;
- Mme Goyer-Tholon, conseillère ;
- Mme Kiefer, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
La rapporteure,
C. Goyer-Tholon
La première conseillère faisant fonction de présidente,
N. DieboldLa greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026