jeudi 21 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2201211 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL PAREYDT-GOHON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 14 juillet 2022 et 12 juillet 2023, la société Swisslog, représentée par Me Rayssac, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Hôpital Nord Franche-Comté (HNFC) à lui verser une somme de 17 290,59 euros ;
2°) de mettre à la charge de ce centre hospitalier une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société Swisslog soutient que :
- les retenues opérées par compensation ont été irrégulièrement réalisées ;
- elles ne sont pas fondées dès lors qu'il existe un lien contractuel entre elle et la société Vinci.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 30 novembre 2022, 27 septembre 2023 et 25 octobre 2023, l'HNFC, représenté par Me Pareydt, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que la société Swisslog lui verse une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'HNFC fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que l'exception de recours parallèle fait obstacle à ce que la société Swisslog puisse former une action en responsabilité contractuelle alors qu'elle avait la possibilité de contester les titres exécutoires émis à son encontre qui ont en réalité le même objet que son recours indemnitaire ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, la présidente a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour présider la deuxième chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Marquesuzaa,
- les conclusions de M. A,
- les observations de Me Ouadah-Benghalia, substituant Me Rayssac, pour la société Swisslog.
Considérant ce qui suit :
1. L'HNFC a conclu un contrat portant sur l'exploitation et la maintenance de niveau 1 des installations de Transports Automatisés Lourds (AGV), avec la société Swisslog, pour un montant forfaitaire annuel de 298 150 euros HT, pour une durée de quatre ans du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2020. En application de ce contrat, la société requérante a adressé à l'HNFC une facture finale d'un montant de 31 872,24 euros. Après plusieurs relances, l'HNFC a refusé de payer l'intégralité de cette facture, laissant à la charge de la société la somme de 16 002 euros compte tenu de la compensation effectuée avec le montant des pénalités appliquées par l'HNFC à la société à raison de l'absence de son technicien sur plusieurs journées fin 2020. Dans le même temps, l'HNFC a émis deux titres exécutoires les 23 décembre 2020 et 29 janvier 2021 d'un montant respectif de 11 598 euros et 4 404 euros correspondant au montant des pénalités précitées et au coût du remplacement par un tiers du technicien absent de la société requérante. La société Swisslog, par un courrier du 2 février 2022, a formé une demande indemnitaire préalable expressément rejetée par une décision du 22 février 2022. Elle a réitéré sa demande par un courrier du 14 avril 2022 de nouveau expressément rejetée par une décision du 29 avril 2022, notifiée le 13 mai 2022. Par la présente requête, la société Swisslog demande au tribunal de condamner l'HNFC à lui verser une somme de 17 290,59 euros.
Sur les conclusions aux fins d'indemnisation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 1347 du code civil : " La compensation est l'extinction simultanée d'obligations réciproques entre deux personnes. / Elle s'opère, sous réserve d'être invoquée, à due concurrence, à la date où ses conditions se trouvent réunies ".
3. Il appartient au comptable public de la collectivité territoriale d'opérer, le cas échéant, une compensation entre le montant des sommes dues à un créancier de la collectivité et le montant des sommes dues par celui-ci et dont le recouvrement est poursuivi. Cette compensation, ayant lieu de plein droit, peut être opposée par le comptable sans qu'il soit besoin que l'autorité administrative compétente ait rendu exécutoire l'ordre de reversement.
4. Si la société Swisslog soutient que les retenues opérées sur la somme que l'HNFC lui doit n'ont pas été précédées de l'émission d'un titre exécutoire, il ne ressort d'aucun texte ni d'aucun principe qu'une compensation exercée dans ce cadre serait interdite. Ainsi, l'HNFC pouvait se borner à prendre une mesure purement comptable qui n'est soumise à aucune procédure particulière, sans être tenu de respecter les formes et procédures prévues dans l'hypothèse de l'émission d'un titre exécutoire. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que l'HNFC a émis deux titres exécutoires les 23 décembre 2020 et 29 janvier 2021 d'un montant respectivement de 11 598 euros et 4 404 euros, soit un total de 16 002 euros correspondant à la somme que l'HNFC doit à la société Swisslog. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que les retenues opérées par compensation ont été irrégulièrement réalisées.
5. En second lieu, aux termes de l'article 1.1 du contrat conclu entre la société Swisslog et l'HNFC : " () / - Présence des techniciens sur site de 05h45 à 21h45, 7J/7 () ". Aux termes de l'article 14 de ce contrat : " Un technicien est en astreinte, pour pallier l'absence du technicien normalement sur site ou pour lui venir en aide en cas de difficulté () ". Aux termes de l'article 8.3 du même contrat : " () Si le titulaire n'a pas mis les moyens de remplacement nécessaire à la continuité du service au bout de 2 heures d'interruption, l'HNFC se réserve le droit de faire exécuter la prestation par ses soins ou par un tiers aux frais et risques du titulaire ". Aux termes de l'article 8.4 de ce contrat : " En cas d'absence du personnel du titulaire entre 5h45 et 21h45, il sera appliqué une pénalité comme suit : / Montant forfaitaire de 30 euros HT par tranche de 10 minutes ".
6. D'une part, il résulte de l'instruction qu'à plusieurs reprises, les 20, 21, 24 et 25 octobre 2020 ainsi que les 21, 29 et 30 décembre 2020, le technicien de la société Swisslog n'était pas présent sur le site de l'HNFC. La société a donc manqué à ses obligations contractuelles qui impliquent la présence de son technicien sur site de 05h45 à 21h45 sept jours sur sept. Dans ces conditions, l'HNFC était fondé, en application des stipulations précitées de l'article 8.4 du contrat, à lui appliquer une pénalité à hauteur de 10 080 euros HT correspondant à 56 heures d'absence. En outre, pour remédier à la défaillance de son cocontractant, l'HNFC était fondé, en application des stipulations précitées de l'article 8.3 du même contrat, à faire exécuter la prestation par un tiers, en l'espèce la société Vinci, aux frais de la société Swisslog pour un montant de 5 922 euros TTC.
7. D'autre part, il résulte également de l'instruction que l'HNFC a versé à la société Vinci le montant de sa prestation de remplacement. Par suite, la société Swisslog ne saurait soutenir valablement que c'est elle qui aurait fait appel à la société Vinci pour pallier l'absence de son propre technicien et qu'elle aurait elle-même réglé à Vinci le montant de la prestation de remplacement commandée à cette dernière société.
8. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que tout ou partie des retenues opérées ne serait pas dû.
9. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions aux fins d'indemnisation de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'HNFC, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que la société Swisslog demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société Swisslog une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'HNFC et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Swisslog est rejetée.
Article 2 : La société Swisslog versera à l'HNFC une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de l'HNFC est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Swisslog et à l'Hôpital Nord Franche-Comté.
Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,
- M. Seytel, conseiller,
- Mme Marquesuzaa, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.
La rapporteure,
A. MarquesuzaaLe premier conseiller faisant fonction de président,
A. PernotLa greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet du Territoire de Belfort en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026