mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2201307 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LEROUX ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 août 2022, M. C D doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2017 et de l'année 2018, ainsi que des pénalités correspondantes.
Il soutient que :
- il a perçu un cadeau de 500 euros de la part de son père ;
- la somme de 17 031 euros correspond à des explications comptables précises ;
- il était propriétaire du véhicule " Morgan Wheeler " d'une valeur de 75 000 euros avant son apport à sa société ;
- les sommes inscrites au crédit de son compte courant d'associé sont justifiées ;
- les pénalités qui lui ont été infligées ne sont pas justifiées dès lors qu'il n'a pas pu déposer ses déclarations à temps eu égard à la carence de son cabinet comptable.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 janvier 2023, le directeur départemental des finances publiques du Doubs conclut au non-lieu à statuer en ce qui concerne une partie des rehaussements en litige et au rejet du surplus de la requête.
Il fait valoir que :
- la somme de 462 euros a été dégrevée par une décision du 20 janvier 2023 ;
- les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné Mme Diebold, première conseillère, pour présider la première chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kiefer, conseillère,
- et les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. En l'absence de déclarations de ses revenus pour les années 2017 et 2018 malgré deux mises en demeure, et à la suite d'un examen de sa situation fiscale personnelle, M. D s'est vu notifier, par une proposition de rectification du 31 juillet 2018, des cotisations primitives d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2017 et 2018, ainsi que les pénalités correspondantes. A la suite du rejet de sa réclamation préalable le 13 juin 2022, M. D doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision en date du 20 janvier 2023, postérieure à l'introduction de la requête, le directeur départemental des finances publiques du Doubs a prononcé le dégrèvement d'une partie des cotisations d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles M. D a été assujetti au titre de l'année 2017, ainsi que des pénalités correspondantes, à hauteur de 462 euros. Les conclusions à fin de décharge de la requête de M. D sont dans cette mesure devenues sans objet.
Sur le bien-fondé de l'imposition de M. D :
En ce qui concerne la charge de la preuve :
3. Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office, la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ". Aux termes de l'article R. 193-1 de ce livre : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré ". Conformément à ces dispositions, il appartient à M. D, qui a été imposé d'office, sur le fondement des articles L. 66 et L. 69 du livre des procédures fiscales, d'apporter la preuve de l'exagération des bases d'imposition retenues par le service.
En ce qui concerne les revenus d'origine indéterminée :
4. M. D indique que la somme de 17 031 euros taxée d'office en tant que revenu d'origine indéterminée correspond à des explications comptables précises. Toutefois, il ne produit aucun élément à l'appui de ses allégations. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne les revenus distribués :
5. En premier lieu, M. D soutient qu'il était propriétaire du véhicule " Morgan Wheeler ", dont la valeur a été imposée au titre de l'année 2017, avant son apport à la société Bullitt Motors lors de sa constitution, et qu'il faut considérer que la commande de ce véhicule a été passée en mars 2016, que celui-ci a été payé par virement les 31 mars et 7 avril 2016, et qu'il a été livré seulement le 7 avril 2017. Il produit à l'appui de ses allégations une facture d'acquisition de ce véhicule, datée du 11 avril 2016. Toutefois, il résulte de l'instruction, ainsi que le fait valoir l'administration fiscale en défense, que le requérant a produit une facture d'acquisition différente à l'appui de ses observations transmises à la suite de la proposition de rectification du 31 juillet 2018. Par ailleurs, la copie des statuts de la société Bullitt Motors et le rapport du commissaire aux apports du 3 mai 2017 font état d'un véhicule acquis le 7 avril 2017. Enfin, le justificatif de paiement produit par le requérant à l'appui de sa requête mentionne un seul paiement de 71 398 euros le 6 avril 2016, alors que la facture également produite indique que le paiement a été effectué en deux fois, les 31 mars et 7 avril 2016. Eu égard à ces éléments contradictoires, M. D ne peut être regardé comme établissant avoir été propriétaire de ce véhicule avant son apport à la société Bullitt Motors, et le moyen doit être écarté.
6. En second lieu, si M. D soutient que les sommes inscrites au crédit de son compte courant d'associé au sein de la société Bullitt Motors sont justifiées. Ainsi, il indique que la somme de 54 000 euros correspond à une dette de M. B A à la suite d'un jugement du tribunal de grande instance de Bordeaux du 11 avril 2019, que la somme de 39 000 euros correspond à des fonds de son compte personnel, que la somme de 85 000 euros correspond à un prêt accordé par son père en 2014, que la somme de 33 000 euros correspond à une erreur d'imputation de son ancien cabinet comptable, et enfin que la somme de 23 972 euros est une somme comptabilisée par erreur en 2018. Toutefois, aucune des pièces produites à l'appui de ses allégations ne présente un caractère suffisamment probant pour justifier de la comptabilisation de ces sommes au crédit de son compte courant d'associé.
Sur les pénalités :
7. Aux termes de l'article 1728 du code général des impôts : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : / () / b. 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai ; / () ".
8. Il résulte de l'instruction que le service vérificateur a adressé au requérant deux mises en demeure de déposer des déclarations de revenus au titre des années 2017 et 2018 en date du 4 novembre 2019, réceptionnées le 6 novembre 2019. M. D ayant déposé ses déclarations de revenus seulement le 22 janvier 2020, soit plus de trente jours suivant la réception de ces mises en demeure, c'est à bon droit que le service a fait application de la majoration prévue par les dispositions précitées de l'article 1728 du code général des impôts, sans que l'intéressé ne puisse utilement se prévaloir des défaillances de son cabinet comptable.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander la décharge des cotisations primitives d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2017 et 2018, ainsi que des pénalités correspondantes.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge de la requête de M. D à concurrence des dégrèvements accordés en cours d'instance.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et à la directrice départementale des finances publiques du Doubs.
Délibéré après l'audience du 28 mai 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Diebold, première conseillère faisant fonction de présidente,
- Mme Goyer-Tholon, conseillère,
- Mme Kiefer, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
La rapporteure,
L. Kiefer
La première conseillère faisant fonction de présidente,
N. DieboldLa greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026