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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2201552

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2201552

lundi 26 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2201552
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 septembre 2022, M. B A demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 22 avril 2022 confirmée le 2 août 2022, par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande d'échange de permis de conduire malien contre un permis de conduire français, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.

Il soutient que :

- les informations sur lesquelles se fonde l'administration sont erronées ;

- son travail dans une entreprise installatrice de machine de compactage nécessite de nombreux déplacements et l'usage d'un véhicule de service ; sa période d'essai prendra fin le 23 septembre s'il ne peut disposer d'un permis de conduire ;

- il bénéficie de la protection subsidiaire et des erreurs matérielles ont été commises sur son permis de conduire en raison d'une erreur informatique ;

- sa demande de délivrance d'un nouveau permis par les membres de sa famille a également fait l'objet d'une erreur matérielle de la date de délivrance ;

- l'authenticité du permis de conduire n'a pas été remise en cause.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 " et, enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code prévoit : " () A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. En premier lieu, M. A fait valoir que la décision attaquée porte atteinte à l'exercice de son activité professionnelle dans une entreprise installatrice de machine de compactage et de presse et qu'il sera mis fin à sa période d'essai le 23 septembre 2022 s'il ne dispose pas d'un permis de conduire. Toutefois, il ne produit pour en justifier aucune pièce justificative de nature à démontrer l'emploi qu'il occupe et la nécessité invoquée de disposer d'un permis de conduire. Ainsi, il n'est pas démontré que la décision attaquée porte une atteinte suffisamment grave et immédiate à la situation du requérant justifiant que sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision litigieuse soit suspendue.

4. En second lieu s'il en était besoin, la requête de M. A, qui tend à la suspension de l'exécution de la décision du 22 avril 2022, n'est pas accompagnée de la copie d'une requête tendant à l'annulation de cette décision.

5. Il y a lieu, dès lors, de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le bien-fondé des moyens invoqués, les conclusions à fin de suspension de l'exécution de la décision attaquée.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Une copie de cette ordonnance sera transmise, pour information, au préfet de la Loire-Atlantique.

Fait à Besançon, le 26 septembre 2022.

La juge des référés,

S. C

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière

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