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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2201610

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2201610

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2201610
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère chambre
Avocat requérantSIRAT

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

Par une requête enregistrée le 28 septembre 2022, M. B C, représenté par Me Sirat, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016, ainsi que des intérêts de retard et des majorations correspondantes ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les revenus réputés distribués imposés au titre de l'année 2016 auraient dû être rattachés à l'année 2015 conformément à l'article 110 du code général des impôts ;

- l'administration fiscale n'établit pas la réalité du manquement délibéré l'ayant conduit l'administration fiscale à prononcer une majoration de 40 %.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 mars 2023, le directeur départemental des finances publiques du Doubs conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Debat, premier conseiller,

- et les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C était salarié de la société Franche-Comté Dépannage depuis le 10 février 2015. Le 22 janvier 2016, son employeur a effectué un virement de 32 900 euros sur son compte bancaire personnel en règlement d'une facture établie le 7 décembre 2015 par son frère A C et adressée à la société Franche-Comté Dépannage sous la dénomination commerciale Elite Moa. Dans le cadre de la vérification de comptabilité de la société Franche-Comté dépannage, la réalité de la prestation a été remise en cause et M. B C a fait l'objet d'un rappel d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2016, suivant une proposition de rectification du 19 juillet 2018 selon la procédure de rectification contradictoire. La réclamation préalable de M. C du 15 novembre 2019 a été rejetée le 31 juillet 2020, et la nouvelle réclamation du 12 novembre 2021 a été rejetée le 24 mars 2022. M. C a contesté à nouveau les cotisations supplémentaires mises à sa charge par une réclamation du 29 décembre 2021. Sans réponse de l'administration à l'issue du délai de six mois, il demande au Tribunal de prononcer la décharge des impositions supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux pour l'année 2016, soit la somme de 12 433 euros.

Sur le bien-fondé de l'imposition :

2. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital (). ". Au titre de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109 les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés. ". Au titre de son article 158 : " 3.1° Les revenus de capitaux mobiliers pris en compte dans l'assiette du revenu net global comprennent les produits des bons ou contrats de capitalisation ou placements de même nature mentionnés au 6° de l'article 120 et au 1° du I de l'article 125-0 A, attachés à des primes versées jusqu'au 26 septembre 2017 et n'ayant pas supporté le prélèvement prévu au 1 du II du même article 125-0 A, ainsi que tous les autres revenus mentionnés au premier alinéa du 1° du A du 1 de l'article 200 A pour lesquels l'option globale prévue au 2 du même article 200 A est exercée. / Lorsqu'ils sont payables en espèces les revenus visés au premier alinéa sont soumis à l'impôt sur le revenu au titre de l'année soit de leur paiement en espèces ou par chèques, soit de leur inscription au crédit d'un compte. "

3. Il résulte de l'instruction qu'une somme de 32 900 euros correspondant à une facture adressée le 7 décembre 2015 à cette société par M. A C, frère de M. B C, en tant qu'entrepreneur individuel sous la dénomination commerciale Elite Moa, a été versée sur le compte bancaire du requérant. A la suite de la vérification de comptabilité de la société Franche-Comté Dépannage, cette somme a été réintégrée par l'administration fiscale au bénéfice de l'exercice clos le 31 décembre 2015 et considérée comme constituant des revenus distribués, imposables entre les mains du bénéficiaire au titre des revenus de capitaux mobiliers.

4. En effet, la réalité des prestations correspondantes n'a pas été démontrée et la somme a été réglée sur le compte bancaire personnel de M. B C le 22 janvier 2016, qui en est devenu le bénéficiaire effectif, ce dernier n'est donc pas fondé à soutenir que la somme de 32 900 euros, rattachée à sa base imposable au titre de l'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux pour l'année 2016, date de son encaissement effectif, aurait dû l'être sur l'année 2015.

Sur les pénalités :

5. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré (). ". Aux termes de l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, de la taxe sur la valeur ajoutée et des autres taxes sur le chiffre d'affaires, des droits d'enregistrement, de la taxe de publicité foncière et du droit de timbre, la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration. ". La majoration de 40 % pour manquement délibéré prévue au a de l'article 1729 du code général des impôts sanctionne la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives. Pour établir le manquement délibéré, l'administration fiscale doit apporter la preuve de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations du contribuable, et de son intention délibérée d'éluder l'impôt.

6. Il résulte de l'instruction que, d'une part, M. C s'est abstenu de déclarer la somme de 32 900 euros, versée sur son compte le 22 janvier 2016, au titre de ses revenus pour l'année 2016. D'autre part, le montant en cause est important en comparaison de ses revenus salariés pour 2016 qui s'élevaient à 14 242 euros. Enfin, la somme a été versée par la société Franche-Comté Dépannage dont il était salarié, et correspondait à une facture émise par son frère, M. A C, qui était associé de la société Franche-Comté Dépannage, en tant qu'entrepreneur individuel sous la dénomination commerciale Elite Moa. Ainsi, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve qui lui incombe du manquement délibéré du contribuable à ses obligations fiscales.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la directrice départementale des finances publiques du Doubs.

Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Michel, présidente,

- M. Debat, premier conseiller,

- Mme Goyer Tholon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.

Le rapporteur,

P. Debat

La présidente,

F. MichelLa greffière,

E. Cartier

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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