mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2201820 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 novembre 2022 et le 29 juin 2023, la société par actions simplifiée (SAS) Orion, représentée par Me Dhonneur, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des impositions supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice 2014 et de rappel de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2014 ;
2°) d'ordonner la restitution de ces sommes et des intérêts moratoires dus sur ces sommes ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 8 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête n'est pas tardive ;
- le comptable de la société a par erreur inscrit la moins-value réalisée comme étant une moins-value à long terme alors que le délai de détention des titres PSP était inférieur à deux ans de sorte qu'elle correspondait à une moins-value à court terme déductible des résultats de l'exercice en litige ;
- les dispositions du 2 bis de l'article 39 quaterdecies du code général des impôts ne sauraient s'appliquer au cas d'espèce.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 23 mai 2023 et le 18 septembre 2024, ce dernier n'ayant pas été communiqué, l'administrateur général des finances publiques de la direction spécialisée de contrôle fiscal centre Est conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- les conclusions à fin de décharge de l'imposition supplémentaire de taxe sur la valeur ajoutée ne sont assorties d'aucun moyen ;
- les moyens soulevés par la SAS Orion ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Debat, premier conseiller,
- et les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Orion exerce une activité de holding animatrice de groupe dans le domaine de la gestion financière, administrative, technique des participations ou de sociétés extérieures. A la suite d'une vérification de comptabilité, la SAS Orion a fait l'objet d'un rappel d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice 2014 pour une somme de 155 945 euros et de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2014 pour une somme de 32 503 euros. Ces sommes ont été mises en recouvrement par un avis de mise en recouvrement du 31 janvier 2018. A la suite du rejet, en date du 13 septembre 2022, de sa réclamation préalable du 18 novembre 2021, ladite société demande au Tribunal de prononcer la décharge des impositions supplémentaires d'impôt sur les sociétés et de taxe sur la valeur ajoutée mises à sa charge, soit la somme totale de 188 448 euros, et d'assortir ce remboursement des intérêts moratoires applicables.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales : " Pour l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due. () ". Aux termes de son article L. 189 : " La prescription est interrompue par la notification d'une proposition de rectification, par la déclaration ou la notification d'un procès-verbal, de même que par tout acte comportant reconnaissance de la part des contribuables et par tous les autres actes interruptifs de droit commun. () ". Aux termes de son article R. 196-3 : " Dans le cas où un contribuable fait l'objet d'une procédure de reprise ou de rectification de la part de l'administration des impôts, il dispose d'un délai égal à celui de l'administration pour présenter ses propres réclamations. ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'un contribuable qui a fait l'objet d'une procédure de reprise ou de rectification dispose, pour présenter ses propres réclamations, d'un délai égal à celui fixé à l'administration pour établir l'impôt. Ce délai expire le 31 décembre de la troisième année suivant celle au cours de laquelle la proposition de rectification lui a été régulièrement notifiée, s'agissant de l'impôt sur les sociétés. La notification postérieure de la mise en recouvrement des impositions en cause n'a pas d'incidence sur ce délai.
4. Il résulte de l'instruction que la procédure de rectification du 28 juillet 2016 relative aux impositions en litige, dont il n'est pas contesté qu'elle a été notifiée à la SAS Orion au cours de l'année 2016 puisque la requérante a formulé des observations le 26 septembre 2016, a fait l'objet d'une réclamation préalable en date du 18 novembre 2021. Cette réclamation a donc été présentée au-delà du 31 décembre de la troisième année suivant celle de la proposition de rectification. Par suite, elle est tardive et la fin de non-recevoir opposée par l'administration fiscale doit être accueillie.
Sur les conclusions à fin de décharge et les frais liés au litige :
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens de la requête, que les conclusions à fin de décharge et les conclusions relatives aux frais liés au litige doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Orion est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Orion et à l'administrateur général des finances publiques de la direction spécialisée de contrôle fiscal centre Est.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Michel, présidente,
- M. Debat, premier conseiller,
- Mme Goyer Tholon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.
Le rapporteur,
P. Debat
La présidente,
F. MichelLa greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
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Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
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Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
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