vendredi 17 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2201828 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LANDBECK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 novembre 2022 et 25 mars 2024, M. C A, représenté par Me Clemang, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Hôpital Nord Franche-Comté (HNFC) à lui verser la somme de 18 600 euros au titre du préjudice qu'il estime avoir subi ;
2°) de mettre à la charge de l'HNFC la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- la décision du 15 novembre 2021 par laquelle le directeur général de l'HNFC a refusé d'indemniser l'excédent de 5 jours de son compte épargne temps méconnaît les articles R. 6152-807 et suivants du code de la santé publique et il est fondé à percevoir, à ce titre, la somme de 1 500 euros ;
- le solde de ses congés annuels non pris est de 8 jours et il est fondé à percevoir, à ce titre, la somme de 2 400 euros ;
- le solde de ses jours non pris au titre de la réduction de temps de travail est de 16 et il est fondé à percevoir, à ce titre, la somme de 4 800 euros ;
- il est fondé à percevoir une indemnité de 9 900 euros au titre des " indemnités de lissage " pour les années 2020 et 2021 dès lors qu'au cours de ces deux années, tous les emplois de médecins du service dans lequel il était affecté n'étaient pas pourvus et qu'il justifie de 33 " jours de lissage ".
Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 février et 11 mars 2024, l'HNFC, représenté par Me Landbeck, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'HNFC fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Un mémoire, enregistré le 28 mars 2024 pour l'HFNC, n'a pas été communiqué.
En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour présider la deuxième chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- l'arrêté du 27 décembre 2012 pris en application du décret n° 2012-1481 du 27 décembre 2012 modifiant certaines dispositions relatives au compte épargne-temps et aux congés annuels des personnels médicaux, pharmaceutiques et odontologiques des établissements publics de santé ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Seytel,
- les conclusions de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été recruté par l'HNFC en qualité de chirurgien orthopédique et traumatologique à compter du 1er juin 2019. L'intéressé a bénéficié d'un placement en disponibilité pour convenances personnelles pour la période allant du 1er novembre 2021 au 31 octobre 2022. Le 19 octobre 2021, M. A a présenté une demande de paiement de ses reliquats de congés non pris et " indemnités de lissage ". Par une décision du 15 novembre 2021, l'HNFC a refusé de faire droit à cette demande. M. A demande la condamnation de l'HNFC à lui verser la somme de 18 600 euros au titre du préjudice qu'il estime avoir subi.
Sur la demande indemnitaire :
En ce qui concerne les congés annuels, les congés au titre de la réduction du temps de travail et les jours épargnés :
2. Aux termes de l'article R. 6152-35 du code de la santé publique : " Les praticiens régis par la présente section ont droit : / 1° A un congé annuel dont la durée est définie, sur la base de vingt-cinq jours ouvrés, au prorata des obligations de service hebdomadaires ; / 2° A un congé au titre de la réduction du temps de travail dans les conditions définies à l'article R. 6152-801 ; () ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 6152-802 du même code : " Les personnels médicaux, pharmaceutiques et odontologistes, régis par les dispositions des sections 1 à 6 du présent chapitre bénéficient d'un compte épargne-temps sous réserve des dispositions de l'article R. 6152-14 " et aux termes de l'article R. 6152-804 de ce code : " Le compte épargne-temps est alimenté par le report de jours de congé, de réduction du temps de travail ou de récupération qui n'ont pu être pris, dans les conditions suivantes : / 1° Le report des congés annuels, sans que le nombre de jours de congés pris dans l'année puisse être inférieur à vingt ; () ". Enfin, aux termes de l'article R. 6152-807-2 de ce code : " Lorsque au terme de l'année civile, le nombre de jours inscrits sur le compte épargne-temps est supérieur au seuil mentionné à l'article R. 6152-807-1, le praticien opte, pour les jours excédant ce seuil et dans les proportions qu'il souhaite : 1° Pour une indemnisation dans les conditions fixées à l'article R. 6152-807-3 ; () L'option du praticien intervient au plus tard le 31 mars de l'année suivante et est irrévocable () ". Et aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 27 décembre 2012 pris en application du décret n° 2012-1481 du 27 décembre 2012 modifiant certaines dispositions relatives au compte épargne-temps et aux congés annuels des personnels médicaux, pharmaceutiques et odontologiques des établissements publics de santé : " Le seuil mentionné à l'article R. 6152-807-1 du code de la santé publique est fixé à vingt jours ".
3. En premier lieu, M. A demande l'indemnisation de 8 jours de congés annuels non pris et de 16 jours obtenus au titre de la réduction du temps de travail non pris. Toutefois, il ne résulte pas des dispositions précitées qu'un praticien hospitalier puisse obtenir, avant la fin de l'année civile durant laquelle ils ont été générés, l'indemnisation de jours de congés annuels non pris et de jours obtenus au titre de la réduction du temps de travail qui n'ont pas été pris, quand bien même sa demande procède de sa mise en disponibilité pour convenances personnelles au cours de la même année. Par suite, le requérant n'est pas fondé à obtenir le paiement des sommes de 2 400 et 4 800 euros qu'il réclame.
4. En second lieu, M. A demande une indemnité qui correspond à 5 jours épargnés sur son compte-épargne temps (CET). A cet égard, il n'est pas contesté qu'au 15 novembre 2021 M. A disposait seulement de 20 jours sur son CET. Le nombre de jours inscrits sur le CET de l'intéressé ne dépassant pas le seuil prévu par les dispositions précitées pour ouvrir droit à leur monétisation, le requérant n'est pas fondé à être indemnisé de la somme de 1 500 euros qu'il réclame.
5. Par suite, c'est sans méconnaître les dispositions citées au point 2 que l'HNFC a refusé de faire droit à la demande présentée le 19 octobre 2021 tendant à l'indemnisation de jours figurant sur son CET, de jours de congés annuels non pris et de jours obtenus au titre de la réduction du temps de travail non pris par M. A.
En ce qui concerne le temps de travail additionnel :
6. Aux termes de l'article R. 6152-35 du code de la santé publique : " Les praticiens régis par la présente section ont droit : () 3° A des jours de récupération des périodes de temps de travail additionnel () " et aux termes de l'article R. 6152-27 de ce code : " () Le praticien peut accomplir, sur la base du volontariat au-delà de ses obligations de service hebdomadaires, un temps de travail additionnel donnant lieu soit à récupération, soit au versement d'indemnités de participation à la continuité des soins et, le cas échéant, d'indemnités de temps de travail additionnel () ". Aux termes de l'article R. 6152-26 du même code : " Les modalités selon lesquelles les praticiens régis par la présente section accomplissent leurs obligations de service sont précisées par le règlement intérieur de l'établissement dans lequel ils sont affectés () ".
7. Le directeur d'un établissement hospitalier tient, de ses pouvoirs généraux d'organisation du service, compétence pour organiser la permanence des soins et déterminer, sous le contrôle du juge, les formes selon lesquelles le service fait sera constaté, sans préjudice de la faculté pour le praticien hospitalier d'établir, par tout moyen de preuve approprié, qu'il a effectivement accompli les services ouvrant droit à rémunération.
8. En l'espèce, il résulte de l'instruction que le directeur de l'HNFC a décidé, le 7 octobre 2019, que " l'ensemble des praticiens du service de chirurgie ortho-traumatologique bénéficieront à compter du 7 janvier 2019, sous réserve d'avoir rempli leurs obligations de service, du paiement de leur lissage non pris et ce, jusqu'à atteindre l'effectif de 7 praticiens ". Toutefois, au cours de l'année 2020 et à l'exception du mois de mai, l'ensemble des emplois de médecins du service au sein duquel était affecté M. A était pourvu. A cet égard et contrairement à ce soutient le requérant, la circonstance que tous les praticiens de ce service n'auraient pas participé chaque mois au service de garde ne permet pas de conclure que les emplois de médecins de ce service n'étaient pas pourvus. Par conséquent, au titre de l'année 2021, il n'est pas établi que M. A ait accompli des périodes de temps de travail additionnel dans des conditions qui lui ouvrent droit à rémunération. En revanche, il résulte de l'instruction que, sur la majeure partie de l'année 2021, l'effectif du même service, dans lequel M. A était toujours affecté, n'était pas complet et que jusqu'à deux emplois de médecin n'étaient pas pourvus. Toutefois, en se bornant à produire ses fiches de paie des mois d'août à novembre 2021, un échange du 18 mai 2022 avec les services de l'HNFC au sujet du solde de ses congés et des tableaux récapitulatifs des obligations de service effectuées par l'intéressé en 2020 et 2021, M. A n'apporte pas les éléments permettant de déterminer ni le nombre de jours de temps de travail additionnel qu'il a accomplis en 2021, ni si tout ou partie de ces jours lui ouvrait droit à rémunération à défaut d'avoir été récupérés sous la forme d'un congé d'une durée équivalente.
9. Par suite, c'est sans méconnaître les dispositions citées au point 6 que l'HNFC a refusé de faire droit à la demande présentée le 19 octobre 2021 tendant à l'indemnisation des " jours de lissage " qu'aurait accomplis M. A en 2020 et 2021.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la condamnation de l'HNFC en raison du préjudice qu'il estime avoir subi.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'HNFC, qui n'est pas la partie perdante.
12. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. A la somme de 1 500 euros à verser à l'HNFC au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à l'Hôpital Nord Franche-Comté la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à l'Hôpital Nord Franche-Comté.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,
- M. Seytel, conseiller,
- Mme Marquesuzaa, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2024.
Le rapporteur,
J. SeytelLe premier conseiller faisant fonction de président,
A. Pernot
La greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet du Territoire de Belfort, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
(DEF)(/DEF)
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026